Consolation “A plus bobo”
Par Anne Bersot  |  20 commentaires  |  Lu 5383 fois
       
 

Il y a une chose qui m'a toujours laissée perplexe, c'est la façon dont les adultes consolent les enfants. Un petit se coince les doigts dans une porte, l'adulte alors saisit la petite main, souffle dessus, fait quelques bisous au bout des petits doigts endoloris et s'écrie triomphalement : "A plus bobo !". Savez-vous vraiment l'effet que ça fait de se coincer les doigts dans une porte ? Croyez-vous que de souffler dessus va effacer la douleur ?

La douleur des autres a toujours été une énigme et nous laisse souvent désemparées : Que répondre ? Que dire ? Que faire ? Il peut être tentant de se débarrasser du problème et se donner bonne conscience en répondant par des consolations du type "je souffle un coup, et A plus bobo".  Job était au plus profond de sa douleur, s'écriant désespéré : « Oh ! s'il était possible de peser ma douleur…elle serait plus pesante que le sable de la mer » Job 6:2, pourtant il ne trouvait en ses amis que jugement et raisonnements : «Vous êtes tous des médecins de néant » Job 13 :4.
Et nous, comment sommes-nous avec ceux qui souffrent ? Nous voulons toujours bien faire, de bon cœur, mais consoler quelqu'un qui souffre est une démarche difficile et un terrain glissant. Cela demande beaucoup d'amour, d'attention, d'intelligence, et de discrétion.

Voici quelques maladresses communes que j'ai relevées pour vous, et à éviter absolument :


-Se débarrasser du problème en plaçant, hors contexte, un verset ou une réflexion "joker" : par exemple, à la femme désespérée de ne pas se marier, lui dire « Fais de l'Eternel tes délices...». Elle connaît ce verset par cœur, elle le met en pratique de tout son coeur, et vous risquez de la blesser encore plus en lui rabâchant ce qu'elle sait déjà et qui ne fait pas avancer d'un pouce sa situation.

-Se placer en modèle, du style : « moi aussi, ça m'est arrivé, et je suis bien passée au travers ». Par exemple, à une femme qui vient de perdre son bébé, on ne dit pas : « oh, tu en auras d'autres, et puis regarde, moi, j'ai bien fait une fausse couche en 1975 ». (Franchement, la fausse couche de la dame en 1975 est triste, mais ne va pas ramener son bébé à elle, et en avoir d'autres n'est encore d'actualité, car elle est en plein deuil, et il faut le respecter)

-Juger de la cause de la douleur : « Il y en a d'autres qui vivent des choses bien pires, c'est du beurre de cane, pas de quoi en faire un plat ». La douleur ne se quantifie pas, et on n'a pas à juger du bien fondé de la douleur de l'autre, elle souffre, c'est ça qui est important.

Ce ne sont là que quelques exemples, mais je suis certaine que dans votre expérience personnelle, vous trouverez d'autres « perles de maladresse » qu'on vous a fait subir. Faisons donc le point personnellement : Quand j'ai souffert, qu'est-ce qui m'a vraiment apporté du réconfort ? quelles réflexions m'ont au contraire encore plus blessée ? Il n'y a rien de tel que de le vivre soi-même pour s'en rendre compte. En tout cas, pour ma part, je bénis Dieu, car quand je suis passée par la souffrance et le deuil, j'ai trouvé sur ma route des vraies sœurs, pleines d'amour, de compréhension, qui ont écouté mes larmes sans rien dire, qui m'ont aidées matériellement en préparant des repas pour ma famille, qui ont prié avec moi, qui m'ont prise dans leurs bras avec compassion. Je n'ai pas eu droit cette fois-ci aux versets et aux réflexions "A plus bobo", mais à une écoute vraie. C'est exactement cela que Jésus a fait, et qu'il attend de nous toutes.

 

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Vos commentaires (20)

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Posté le 8 Février 2010 à 15h54
DIEU benisse sa servante pour ce message. En vérité la douleur ne se quantifie pas et ça malheureusement mes frères et soeurs ne le savent pas parce qu'ils n'ont pas compris que je souffrais trop lors du décès de mon père (à qui je veux rendre hommage au passage), pour me faire des critiques. Dans mon cas je n'ai pas eu le soutien de mon église excepté des frères et une maman en CHRIST qui comme d'habitude se sont mobilisé pour moi. Il ya aussi mes frères et soeurs de l'église la SOURCE que je remercie beaucoup, mais mon coeur saigne à chaque fois que je m'en souviens. Ce message est bien dit car moi j'ai plutôt eu droit aux réflexions "A PLUS BOBO". J'ai pardonné mais mon coeur n'arrive pas à oublier totalement ce qu'ils m'ont fais subir et je ne sais pas si je pourrai l'oublier vraiment un jour. Je prie que DIEU prenne mon coeur pour que je puisse oublier. Et aussi qu'il me donne les capacités d'écoute, d'attention, d'Amour pour ne pas à mon tour faire subir à d'autres personnes ce comportement de monstre.
 
  molindo (Congo RDC)
Posté le 9 Mars 2005 à 08h55
BONJOUR MES CHERES SOEURS EN JESUS CHRIST , JE SUIS TRES CONTENT DE VOTRE PASSAGE ... JE N'AI JAMAIS PARTICIPER A LA DOULEUR DE QUELQU'UN . MAIS PAR VOTRE MESSAGE ... JE M'ENGANGE AUJOURD'HUI DE LE FAIRE AU MOIN DEUX FOIS PAR SEMAINE ... QUE DIEU VOUS BENISSE TOUS .C'ETAIT CLAUDE M.
 
  chriss (France)
Posté le 8 Mars 2005 à 10h23
Anne, je suis entièrement d'accord avec toi car je pense aussi que la meilleure façon de compatire avec la personne souffrante n'est ni plus ni moins que se mettre à sa place et l'écouter attentivement comme le font les psychologues car parfois certaines personnes qui souffrent n'ont besoin que d'être écoutées vider leur sac aprés cela elles se sentent libérées et soulagées. Je pense que l'écoute est une grande vertu car il faut se rappeler que Jesus avant de dire à cette personne qui avait son fils trés malade que va ta foi à sauvé ton fils, il l'a avant tout écouté se décharger de ses inquiètudes. Que Dieu nous donne de se mettre à la place des autres en priant pour eux et en les écoutant.
 
  angie (France)
Posté le 5 Mars 2005 à 15h53
Merci beaucoup Anne pour cette magnifique lettre. Je suis boulimique depuis près de 10 ans et j'en souffre énormément, j'en souffre d'autant plus que, à part ma mère et ma meilleure amie, je ne peux en parler à personne car c'est encore une maladie honteuse, mal connue et difficile à comprendre. Ce qui me réconforte beaucoup c'est l'écoute et l'absence de jugement, le silence, juste sentir la présence et le soutien de ma mère et de ma meilleure amie. Si, de temps en temps elles pouvaient aussi me prendre dans leur bras elles n'imaginent pas tout le bien qu'elles m'apporteraient. Pouvoir poser un petit moment sa souffrance sur l'épaule de quelqu'un et sentir son soutien, dans le silence, peut réconforter énormément.
 
  ELISHA (France)
Posté le 4 Mars 2005 à 16h00
C'est vrai que cela fait très mal quand une personne s'avance vers nous pour nous encourager et qu'elle ne sait pas le faire ,mais soyons sage pour ne pas blesser son prochain il faut se rappeler ce verset de : proverbes 18.13 "répondre avant d'avoir entendu, c'est une folie et une confusion pour celui qui le fait". Remarquons que souvent quand quelqu'un s'avance vers nous c'est premièrement pour être entendu (souvent un problème de communication) alors soyons sages et écoutons patiement et laissons le Seigneur nous révéler la façons et les mots qui feront du bien. QDB, grandement nos biens-aimés du TOP FEMININ, à bientôt.
 
  Tania (Bénin)
Posté le 3 Mars 2005 à 16h54
je suis contente pour cet article que vous avez écrit. Et je suis d'avis que lorsque ce que l'on a dit n'est pas mieux que le silence, il vaut mieux se taire pour ne pas fustrer surtout. Il est très important d'être patient dans l'écoute de l'autre, de lui témoigner notre affection surtout pas notre présence et prier également pour cette soeur ou ce frère. Que Dieu nous bénisse.
 
  gisou (France)
Posté le 3 Mars 2005 à 18h27
bonjour C'est vrai que parfois il vaut mieux se taire quand on n'est pas sur de l'impact que l'on va créer par nos paroles et il faut se laisser guider par Jésus pour ne pas se tromper, mais je crois aussi que c'est dans la nature des gens de vouloir participer à la souffrance de l'autre parce que justement cela reflète nos propres angoisses face à cette réalité !
 
  Edith O. (Cameroun)
Posté le 3 Mars 2005 à 09h35
Que le Seigneur soit béni éternellement. En vérité, je n'ai jamais su consoler les gens qui sont en peine. La plupart de temps, je ne dis rien non pas parce que je ne veuille rien dire mais surtout parce que je ne sais pas quoi dire. Tellement je suis dépassée par des situations ... Je bénis donc le Seigneur aujourd'hui qui m'accorde l'opportunité d'avoir une idée de ce qu'il ne faut pas faire. Qu'il nous donne à partir d'aujourd'hui, de faire uniquement sa volonté par rapport à chaque situation donnée.
 
  jeanne (France)
Posté le 3 Mars 2005 à 08h47
Aujourd'hui il y a exactement deux ans que mon époux est décédé et en lisant votre message je ne puis que benir DIEU malgré ce souvenir très douloureux Que DIEU vous benisse pour ce message
 
  Mino (Madagascar)
Posté le 3 Mars 2005 à 02h04
Vous avez absolument raison et je vous remercie d'avoir écrit cet article. C'est vrai qu'il n'est pas facile de trouver les mots de consolation et moi je pense que lorsqu'on ne sait pas quoi dire, et bien il est mieux de se taire et d' écouter la personne sans juger ni faire de commentaire. Le fait de se sentir écoutée est déjà très soulageant pour la plupart des gens qui ont des choses à dire. Ce que nous pouvons faire c'est prier.
 
  Bourgeon (Suisse)
Posté le 2 Mars 2005 à 22h20
Pour Ati !...J ' ai vécu ce genre d'expérience très douloureuse de rejet aurès de mes frères et soeurs en Christ... Je n'étais pas encore guérie du rejet ( Ni un cadeau, je dois l'avouer ) , loin s'en faut... Mais autant, j'ai pû souffrir de ces "trahisons" , autant cela m'a appris à m'en remettre à Dieu avant tout....Car Mes Bonnes amies. Thérèse , Elisabeth , Xénia , Yveline,Yolande , Marie-Martine, Yannick , Nicole , et toutes les autres ne seront pas toujours là , en temps apportun , mais Lui , sera là , au moindre de mes appels , et toujours présent et d'accord pour me consoler....Bien avec vous Ati ,Soyez tendrement et promptement consolée , par ....Le Consolateur...Je vous serre avec compassion et foi , dans mes bras ......Bourgeon ( soeur en Christ )......
 
  myriam (France)
Posté le 2 Mars 2005 à 22h20
Je suis heureuse d'entendre un tel discours. J'ai eu droit pour ma part dans une situation douleureuse,"tu n'es pas la seule"et aussi "qu'une chrétienne n'a pas à gémir". Que le Seigneur leur pardonne ! c'est triste que parfois on soit si loin du commandement de la Parole : je vous donne un commandement nouveau, que vous vous aimiez l'un l'autre ; comme je vous ai aimés, que vous aussi vous vous aimiez l'un l'autre. Jean 13.34. Je me réjouis pour vous que dans une situation difficile,vous ayez trouvé du secours. Recevez mes fraternelles salutations.
 
  Sylvie (Canada)
Posté le 2 Mars 2005 à 21h52
Je suis bien d'accord. J'ai même un exemple personnel. Lorsque mon ex-mari venait de me quitter ou s'apprêtait à le faire et que j'étais "au désespoir" un ancien chrétien d'une église où j'allais jadis m'a dit que je devais fair sentir à mon mari que je l'aimais vraiment ! Je te dis que ça m'a blessée pour un bon bout de temps. En ce moment-là j'aurais fait tout ce que Dieu m'aurait demandé pour garder mon mari car ma fille n'avait pas un an. J'avais déjà pleuré sinon toutes les larmes de mon corps du moins une bonne partie. J'avais allaité ma fille en pleurant la nuit et me demandant quand/si son père allait nous quitter. Je vous passe les détails... Tout celà pour dire que les gens doivent être circonspects car ils ne se doutent pas vraiment de ce qu'il y a dans la vie et le coeur de ceux qu'ils côtoyent. Ca m'a fait du bien d'en parler chères soeurs. C'est intéressant hier soir justement je disais à Dieu que je voulais pardonner encore plus... Amitiés en Christ, Sylvie
 
  ati (France)
Posté le 2 Mars 2005 à 19h09
je viens de lire ton message Anne il est vrai quant on souffre on n'entend pas les autres, il est vrai que en tant que chrétien on n'a besoin d'etre consolée par les frères, et les soeurs, mais qu'and le mal vient justement de là, que faire ? En deux semaines j'ai eu deux trahisons par un frère qui sortait avec moi et en meme temps avec la même soeur qui me la presenté . Je souffre énormement je me sens seule et j'ai trés mal dans mon âme. Prier pour moi j'aimerai srecevoir des emails, j'aimerais avoir des amis vrais, que Dieu vous benisse ati
 
  Denise (Canada)
Posté le 2 Mars 2005 à 14h06
Chere Anne , Merci pour le texte de ce matin, quand on vit une situation ce n'est jamais facile mais quand on a des personnes qui sont avec nous de loin ou de pres, qui prient pour nous, on le sens que nous sommes pas seul. Merci parce que ca me console et m'encourage à continuer , Merci Merci Continue cela me fais du bien quand je te lis .Que le Seigneur te Bénisse
 
  Bourgeon (Suisse)
Posté le 2 Mars 2005 à 14h02
Merci Anne pour cette page.... Que Dieu nous donne Sa compassion afin d' être attentive à la souffrance de notre prochain, où que nous soyons : Bus , Magasins , Rues , Gares... Je demande , souvent au Seigneur qu 'll utilise ma sensibilité dans ce sens (Ce qu'il fait), mais j'ai aussi et surtout besoin de toute Sa sagesse pour agir.... Et j'apprends, ces temps, qu'Il peut juste m'utiliser pour un court instant et ne pas me demander un travail de suite avec la personne en souffrance, au risque de trop me charger. Dernièrement, une amie, qui était en souffrance, m'a enrichie en me donnant de le réaliser. J'avais remarqué qu'elle ne semblait pas vraiment bien ce jour là, assise seule, à une table de restaurant. Je me suis approchée... Elle prévoyait en finir avec la vie ce jour même. Nous avons entretenu des contacts par la suite , mais elle m'a fait comprendre que notre cheminement était un peu trop rapide. J'avais simplement oublié que ce que je lui proposais, afin qu'elle se sente mieux, m'avait pris plusieurs années pour le comprendre, moi-même. N'ayons pas peur d'oser manifester notre compassion (Quitte à faire quelques erreurs qui nous enseigneront), non par devoir, mais juste pour offrir ce que nous aimerions nous- même recevoir dans un tel moment .... Un petit sourire peut aussi faire toute la différence. Une petite carte posée dans la boite à lettres, comme me le partageait une amie hier, vis à vis de sa voisine qui avait perdu son mari, et qui depuis ce moment rouvre ses volets et sa lumière.... Cette dernière se sentant soutenue, sans grands discours....Juste par cette petite attention répétée.... Ne nous imposons pas , non plus....
 
  theo (Francophonie)
Posté le 2 Mars 2005 à 11h54
Merci pour cette analyse bien fondée. Il n'est pas toujours aisé de réconforter quelqu'un et parceque nous avons nous aussi passé par des épreuves, nous n'ignorons pas le sens de ces mots. Oui quand je souffre, qu'est ce qui peut me consoler? ce ne sont pas des paroles de reproche ou encore plates ou vides ou passe-partout qui peuvent me soulager. Que quelqu'un ait perdu ou souffert ceci ou cela m'importe peu. ce qui est important c'est la douleur que je traverse. Avec le temps j'ai compris que souvent le silence pouvait aider plus que certaines paroles creuses ou passe-partout. Aujourd'hui, j'ai trouvé un autre consolateur. C'est Jésus. qu'il nous aide tous et qu'au plus profond de notre détresse, nous nous rappelions qu'il est là, qu'il est notre espoir et veille. Si nous sommes ce que nous sommes aujourd'hui, ce n'est pas par notre mérite personnel mais plutôt par sa grâce. puisse-t-il étendre cette grâce à nous tous pourque le monde sache que notre Seigneur combat pour nous et porte nos fardeaux. Amen.
 
  Georgia (France)
Posté le 2 Mars 2005 à 11h53
Je souhaite partager avec vous une histoire à laquelle je repense souvent. C'est le témoignage d'un homme qui venait d'enterrer ses 3 fils: J'étais assis, déchiré par le chagrin. Quelqu'un est venu et m'a parlé des voies de Dieu, des raisons pour lesquelles c'était arrivé, et de l'espoir au-delà de la mort. Il parlait constamment, disant des choses que je savais être vraies. Je n'étais pas touché, je voulais qu'il parte. Enfin, il est parti. Un autre est venu s'asseoir à côté de moi. Il est resté assis là, pendant plus d'une heure, a écouté quand je parlais, répondant brièvement, et a prié simplement avant de partir. J'ai été touché. J'ai été consolé. J'étais triste de le voir partir.
 
  Nathalie (France)
Posté le 2 Mars 2005 à 11h47
tout à fait d'accord avec toi Anne, parfois il vaut mieux être présent et dans le silence, pleurer avec ceux qui pleurent que dire des choses avec maladresse, qd on ne sait que dire en réalité.
 
  Rosine (Gabon)
Posté le 2 Mars 2005 à 09h24
bonjour je vous remercie de ce que vous faites en nous apportant des paroles qui nous reconfortent, lorsque j'ai eu un problème qui a affecté ma vie j'avais juste besoin de pleurer et c'est ce que j'ai fait même quand on voulait me reconforter avec des paroles, à peine même ci j'entendais ce qu'on me disait. Dieu nous aimant met toujours des soeurs et frères autour de nous pour nous consoler par leur présence