Histoires de “bonnes femmes”
Par Anne Bersot  |  11 commentaires  |  Lu 5118 fois
       
 

Une des plus grandes avancées scientifiques de la fin du XXème siècle a été la découverte de la molécule d'ADN. Depuis cette découverte, chaque année, on trouve de nouveaux gènes : le gène de ci, le gène de ça, et j'attends de voir avec amusement si quelqu'un va découvrir un jour le gène de la «bonne femme». Mon père n'était pas misogyne pour deux sous, mais il travaillait dans un milieu professionnel largement féminisé, et il rentrait souvent le soir en soupirant « Ah ! les histoires de bonnes femmes ! ». Je ne saisissais pas à l'époque la portée de son exaspération, car j'en étais seulement aux "histoires de gamines", mais en grandissant, je reconnais qu'il s'agit bien là d'un "fléau" universel. Il touche toutes les sociétés, de l'Afrique au cercle polaire, et sévit dans tous les milieux, chez les universitaires comme chez les dames de plus modeste instruction. Et savez-vous le clou ? Il sévit même à l'occasion chez les meilleures chrétiennes parmi nous ! L'Apôtre Paul lui-même prend soin d'en parler dans son épître aux Philippiens, en exhortant les sœurs Evodie et Syntiche à résoudre leur différend (Phil 4 : 2). Elles devaient être pourtant de précieuses sœurs, des femmes de foi et de courage qui ont «combattu pour l'Evangile» aux côtés de Paul…pas des débutantes ! Pourtant, il y a eu un froid entre elles. Et ce qui est le plus affligeant, c'est qu'elles se sont peut-être chiffonnées pour des broutilles : une maladresse d'Evodie, la susceptibilité froissée de Syntiche, une petite «compétition» inavouée entre elles deux…et c'était ficelé. Entre femmes, c'est souvent le même schéma.
Ce genre de phénomène fatigue nos pasteurs, irrite nos collègues ou nos maris, qui ne comprennent pas la disproportion de nos réactions : une autre fille a été choisie pour faire le solo à la chorale, la sœur Unetelle ne nous a même pas dit bonjour dimanche matin, la femme du pasteur nous a dit une petite phrase qu'on interprète au dixième degré comme un reproche…et toute la semaine est gâchée.


Il me semble que ce « travers » typiquement féminin vient de notre sensibilité plus aiguisée, de l'intérêt disproportionné que nous accordons à l'opinion des autres, et peut-être aussi à un petit reste de rivalité féminine bien charnelle, qui refait surface à la moindre "attaque". Le problème, c'est que cela nous freine régulièrement dans nos progrès spirituels (et parfois nous fait reculer), c'est aussi la source de bien des conflits inutiles, et de blessures qui font que bien des années après, on se fait encore la tête et on ne sait même plus pourquoi.


La première chose à toujours garder en tête est que Dieu déteste qu'on fasse des histoires (Proverbe 17 :19), et la précaution de base est de tout faire pour éviter les querelles (Prov 17 :14). Même si nous avons des raisons légitimes de nous fâcher ou de faire valoir nos droits, nous avons tout à gagner à minimiser l'affaire et à relativiser. La deuxième chose à faire est de se forcer à voir le bon chez les autres, et de ne pas se sentir menacée si une sœur "opère" sur le même territoire : chacune a beaucoup de valeur aux yeux de Dieu, et il y a de la place pour tout le monde. La troisième chose est de ne pas essayer de décrypter au cinquième degré ce que nous disent les gens. En un mot : RESTONS SIMPLES !


Nous qui sommes résolument décidées à aller de progrès en progrès, voici une cible prioritaire pour nos efforts ! Et je vous laisse cette citation savoureuse de ma collègue Carmen : « Arrêtons de nous prendre les pieds dans les fleurs du tapis ! ». Passez une bonne semaine…paisible !

 

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Vos commentaires (11)

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  Koissy (France)
Posté le 3 Août 2007 à 16h55
Je suis tres susceptible, et je me mets facilement en colère contre tout le monde et ça devient invivable pour moi je me replie sur moi même, je vis cela tres mal, je garde rancune, je demande à Dieu de m'aider à changer mon mauvais caractère Je veux etre une femme aimable, compatissante et serviable Merci seigneur
 
  Elvire (Cameroun)
Posté le 21 Février 2007 à 11h30
J'ai lu ce message en 2005 et je le relis ce jour, fevrier 2007, parce que je l'avais beaucoup aimé. Je voulais me ressourcer sur le thème des relations entre femmes et j'y suis revenue. Je trouve le texte tout frais , tellement actuel et toujours aussi vrai! Pendant que nous travaillons nos gros defauts, nos grands problemes, il est important que nous regardions à ces "petits details". Ils ont l'air naturels, petits et normaux mais nous empoisonnent autant la vie et nous gagnerons à demander au Seigneur de nous guérir de cela. Qu'Il benisse les efforts que vous consentez pour nous édifier.
 
  Tyna (Francophonie)
Posté le 25 Juin 2006 à 16h23
que Dieu te benisse sr Anne. j'etais l'une de ses femmes moi aussi mais Dieu m a guerit de cette maladie. mais ca me revient bcp je m efforce et je sais que je vaincrai cette situation au nom de jesus il faut savoir balancer les choses les minimiser et commee ca nous allons bien vivre meme ds l eglise sinon ce sont tjrs des problemes. Que Dieu fortifie les femmes .bye.
 
  Barbara (France)
Posté le 24 Mai 2005 à 15h40
Oui! ça , c'est sur, je crois qu'il pourrait y avoir un gène de la "bonne femme" !!! lol Et encore plus dans des petites communautés, comme l' Eglise ! Mais que Dieu, nous aide à passer au dessus de ce gène de la susceptibilité . QDVB
 
  cindy (Belgique)
Posté le 22 Mars 2005 à 14h36
et bien là je suis complètement d'accord arrêtons de nous prendre la tête comme on dit en belgique :-) Bonne journée a vous ainsi que les autres jours.
 
  Sylvie (Monde)
Posté le 22 Mars 2005 à 09h19
Le Seigneur est merveilleux franchement ! Merci soeur Anne Bersot de me rappeler à l'ordre ! j'étais juste sur le point de faire une histoire pour un rien ! J'allais même en faire une montagne de problèmes ; tout cela parceque j'ai trouvé la porte du bureau fermée, et je n'ai même pas fait une minute derrière. L'idée m'est passée par la tête que 2 collègues de bureau complotaient quelque chose contre moi ; cela paraît très paien, mais çà m'est arrivé. Que le Seigneur vous bénisse!!!
 
  lusamba (Allemagne)
Posté le 11 Mars 2005 à 11h29
Dans ma jeunesse (J'ai 40 ans) j'etais tres agressive avec plusieurs personnes parce que je croyais que tout le monde etait contre moi. Je ne laissais passer aucun tort surtout ceux provenant des filles. Et bien sûr je croyais que "moi "j'etais exempte de toute "faute" ! Jusqu'au jour où j'ai compris que je devais ouvrir les yeux sur mes propres agissements avant de condamner les autres. Et deux versets de la Bible m'ont beaucoup aidée. Eccles. 7: 21-22 : " Ne fais donc pas attention á toutes les paroles qu'on dit, de peur que tu n'entendes ton serviteur te maudire; car ton coeur a senti bien des fois que tu as toi-même maudit les autres". Et 1 Cor. 6:7:"pourquoi ne souffrirez-vous pas plutot quelque injustice ? pourquoi ne vous laisserez-vous pas plutot depouiller ?". QDVB !
 
  Anne-Marie (France)
Posté le 11 Mars 2005 à 10h05
C'est tellement vrai ce que tu dis ma soeur ! je viens "d'expérimenter" dernièrement une situation où j'ai été blessée par des propos faits à mon encontre, et par personne interposée. Des soeurs qui se permettent de me juger pour des choses qui ne sont même pas réelles et surtout insignifiantes. C'est vrai que ça fait mal et que je n'arrive pas à comprendre car pour moi, des chrétiennes ne peuvent pas agir comme ça. J'ai horreur des histoires et sur l'instant, je me suis mise en colère car je n'ai pas pu accepter ce genre de médisance gratuite. Je n'ai pas compris cette attitude, pour moi si quelque chose ne va pas, on le dit en face et avec amour, comme nous le demande le Seigneur. Puis j'ai demandé pardon à Dieu pour mon emportement et j'ai aussi pardonner à celles qui parlaient dans mon dos. Mais je me pose la question de savoir quel est l'intérêt de "ces bavardages" inutiles et surtout pas enrichissants. Il en résulte, que ne sachant pas quelles sont ces personnes, je vais moins spontanément vers les soeurs, alors que j'aime beaucoup mon Eglise. Que Dieu nous conduise par son St-Esprit et nous remplisse d'amour pour nos frères et soeurs car s'il n'y a pas d'amour entre nous, comment pouvons-nous en avoir pour notre prochain ? Dieu vous bénisse !
 
  Cécile (Canada)
Posté le 10 Mars 2005 à 18h35
Bonjour à toi, l'auteur de cette réflexion sur les histoires de "bonnes femmes".... Plusieurs d'entre nous auraient avantage à méditer, à réfléchir et à méditer de nouveau sur ces lignes.... J'ai déjà été une personne qui se blessait facilement suite à une phrase qui venait à mon oreille.... Je dis bien QUI SE BLESSAIT car j'ai finalement réalisé que si une remarque faite par l'une ou par l'autre venait toucher en moi un point sensible, une blessure non guérie, ou un conflit non réglé, si cette remarque me faisait mal alors c'est que je donnais à l'autre le pouvoir de me blesser et aussi l'intention de me blesser....Ce qui est rarement le cas...je crois que rares sont les personnes qui blessent intentionnellement...et si je confrontais l'autre, elle serait fort surprise de savoir que ses paroles m'ont fait mal... J'ai été libérée de cette fâcheuse tendance à me croire la cible des autres....Vous voyez ce que je veux dire !!!! Appliquons-nous à saisir ce qui est bien chez l'autre et si un jour une soeur nous lance une flèche, essayons de comprendre qu'elle souffre et si possible donnons-lui notre plus beau sourire....BONNE JOURNÉE!
 
  Myriam (France)
Posté le 8 Mars 2005 à 13h54
Je suis étonnée (vous paraissez toute jeune !) de la justesse et du bien fondé de vos propos, basés il est vrai sur la Parole de Dieu ; ceci explique certainement cela ! Comme je regrette de ne pas avoir connu le Seigneur dans ma jeunesse!merci en tout cas.
 
  mamy (Canada)
Posté le 8 Mars 2005 à 03h08
Eh oui... des histoires de bonnes femmes ça existe même dans l'Église de Dieu! Et j'ai déjà été l'une d'elles... à ma grande honte. Et le jour où j'en ai rencontré d'autres, l'Esprit du Seigneur m'a montré que j'étais comme elles; alors j'ai prié pour être délivrée de ce péché. Maintenant, lorsque la situation se présente, je sais que je ne dois plus embarquer et j'essaie d'être un ouvrier de paix. L'Esprit du Seigneur est fidèle à me rappeler à chaque occasion que je ne dois pas murmurer mais être une lumière afin qu'Il puisse briller par dessus tout: ''Vous êtes la lumière du monde...'' et cette lumière devrait briller encore plus au milieu des chrétiens.