La fleur au bout du fusil
Par Anne Bersot  |  7 commentaires  |  Lu 4482 fois
       
 

Dans une petite ville du centre de la France, sous une chaleur écrasante, toutes les élèves de l'école de filles étaient réunies dans la cour, au garde-à-vous devant Monsieur le Maire qui transpirait à grosses gouttes. Madame la Directrice, les joues écarlates, étouffait dans son corset, mais gardait dignement la tête haute devant ses institutrices. Blanche venait d'avoir 11 ans. Elle attendait son prix, fière d'avoir décroché la première place au certificat d'études primaires. Quel honneur ! Elle n'était pas bien riche et ses études s'arrêteraient certainement là, mais quelle fierté !

Soudain, un tonnerre l'arracha à ses pensées : les cloches de l'église battaient à toutes volées, Monsieur le Maire se tordait le cou pour comprendre ce qui se passait. Un murmure étonné et inquiet passait dans l'assistance. C'était le 3 Août 1914. L'Allemagne venait de déclarer la guerre à la France.
La nouvelle se répandit vite et la cérémonie de remise des prix fut écourtée. Blanche récupéra son prix de justesse, sans les honneurs, sans les compliments, et toute l'assistance se volatilisa en quelques minutes. Dans les jours qui suivirent, ce fut la mobilisation générale. Tous les jeunes hommes devaient partir. Les mères pleuraient, mais quel enthousiasme chez ces garçons ! Enfin, ils allaient pouvoir en découdre avec les troupes du Kaiser, se venger de la déconfiture de 1871, et récupérer l'Alsace et la Lorraine ! En quelques jours ils furent prêts. Ils avaient 18 ans, le cœur enflé de courage, la fleur au bout du fusil et la bouche pleine de cris vengeurs. Ils partirent pour une guerre « fraîche et joyeuse »... et c'est dans une grande détresse qu'ils revinrent. Ceux qui furent épargnés, arrivèrent brisés, parfois défigurés, estropiés. La fleur n'était plus au bout du fusil, et le cœur était pour de longues années, plongé dans un profond abattement. Pauvres garçons, où étaient leur joie, leurs nobles desseins ?..

 On se lance parfois dans des combats avec la fougue du jeune loup, prêt à en découdre quel qu'en soit le prix. On a de grands projets, certains de notre appel et de notre force. Que pourrait-il nous arriver ? Partir au combat avec la fleur au bout du fusil, c'est très bien, mais encore faut-il la conserver. Garder la joie et la fougue dans son service chrétien, c'est peut-être une des choses les plus difficiles à faire, mais c'est essentiel. Sur la route nous attendent des expériences magnifiques, de belles réalisations, des exaucements de prières incroyables, mais aussi les coups, les déceptions, les trahisons parfois. Quand on regarde l'histoire de l'Apôtre Paul, on le voit réaliser une œuvre époustouflante, mais on le voit aussi dans les tourments, les coups et les souffrances. Il en a vu de toutes les couleurs, cet homme ! Pourtant, au contraire de beaucoup d'autres, il n'a pas perdu sa joie de servir : il regardait au but, et ses yeux étaient fixés avec détermination sur la couronne qui l'attendait et sa rétribution. Il se fortifiait chaque jour avec sérieux auprès de son Maître, car il savait que des combats difficiles l'attendaient.

Alors si les coups pleuvent en ce moment pour vous, ne soyez pas étonnés, c'est même plutôt bon signe. Relevez la tête et faites face, car le meilleur est à venir, ce n'est pas le moment de baisser les bras. Gardez votre fleur au bout du fusil ! Je vous dirais comme Néhémie, Esdras et les Lévites disaient au peuple dans l'abattement : « Ne soyez pas dans la désolation et les larmes, ne vous affligez pas car la joie de l'Eternel sera votre force » Néhémie 8 :9-10.

 

Poster un commentaire

 
 

Vos commentaires (7)

Trier les commentaires : par date | par vote
Posté le 26 Octobre 2009 à 09h29
oui père;le meilleur est a venir,merci pour cette parole d encouragement et de consolation.
 
Posté le 21 Mars 2009 à 14h15
est-ce le meilleur que je voyais là ou le pire?ma foi j'emets ces doutes en cas de vision bonne ou mauvaise d'ailleurs.C'est comme mon grand-père dans le champs de coton qui n'avait guère le choix que de sauver la tête de son jeune frère que le "maitre" voulait amener combattre l'ennemi commun .On n'y tient pas à revoir ces massacres pure folie et offense.Ou le mal affermi qui disais mais si ça se trouve c'est le diable pour t'effrayer , bien entendu ce choses se passaient ensuite mais l'élève du prince de l'ambiance du monde continue .
 
  Monique (Rwanda)
Posté le 5 Juillet 2005 à 09h48
Je rends grâce à notre Seingeur, pour tous ce qu'il fait pour nous. Il nous connait , il dit que même nos cheveux sont comptés et qu'aucun ne peut tomber par terre sans qu'il ne le sache ! cette parole me fortifie toujours dans ma vie. Notre Dieu est un Dieu qui ne ment pas ! attendons patiemment tous les promesses que nous avons réçus seront réalisées un jour. Merci pour toute l'équipe du Top Chrétien .
 
  Annik (France)
Posté le 30 Juin 2005 à 15h51
Lors de ma conversion en 1997,comme un brave petit soldat,je suis partie la fleur au bout du fusil...J étais pleine de fougue et d'allant,sûre de l'amour de Jésus pour moi et tous ceux que j'aime..Ma fille s'est convertie, et Dieu m'a donné un mari chrétien.. et tout plein de frères et soeurs en Christ ...à Toulon ,où j'ai eu le bonheur de rencontrer Anne toute pleine d'amour malgré ses propres peines...Après des années de malheurs, je trouvais une nouvelle famille et beaucoup d'amour. Mais le Seigneur a dit Lui-même "Je vous enverrai comme des brebis au milieu des loups " Matthieu 10/16 Avoir la foi de Dieu,quand tout va mal,quand ceux que vous aimez vous persécutent ou vous abandonnent,que c'est difficile! Dans ces moments là,croire ce que Dieu croit devient extrêmement difficile .. Et pourtant. Ils me tournent le dos ,mon fils ,ma belle-fille,mes petits enfants,mon frère,ma soeur.Comment comprendre ce qui est incompréhensible? Je pense ne leur avoir montré que l'amour de Dieu et Sa justice. J'ai prié,pleuré,parlé de mes souffrances à mes soeurs en Christ ,cherché à comprendre ,lu des livres chrétiens sur la souffrance,recherché l'amour de Dieu et médité Sa parole..Dieu m'a répondu à plusieurs reprises dans les psaumes ou les proverbes ..A cause de toutes les bénédictions que j'ai déjà reçues,de la joie et de la paix que j'ai retrouvées malgré cette "dissonnance",je crois que Dieu prend soin de moi et qu"Il a conçu pour moi des projets de paix et non de malheur" Jé 29/11. Il faut beaucoup de patience et de persévérance et demander à Dieu qu'Il augmente notre foi afin de pouvoir marcher sur les traces de Christ ,Celui qui est ressuscité (Celui qui a vaincu ,c'est facile ) mais aussi et surtout Celui qui est mort méprisé et abandonné de tous sur la croix pour le salut des hommes. Merci Anne pour le réconfort humain et spirituel car traverser les épreuves est une réalité chrétienne et les paroles vraies et chaleureuses sont toujours utiles à l'âme qui souffre
 
  Hamid (Maroc)
Posté le 30 Juin 2005 à 13h56
ici au maroc un jour j ètais en route vers l église deux jeunes hommes on voulez de me frapper car je suis un chrètien dieu m a aidè à gagner cette combat
 
  Nicole (France)
Posté le 30 Juin 2005 à 03h47
Merci de ce bel article que je lis justement en pleurant car je n'en peux plus une fois encore. Cette belle histoire c'est exactement la mienne : oui je suis partie la fleur au fusil comme vs le dites, pour le combat (et avec mon Seigneur), sûre de gagner pour la bonne cause et d'abord pour notre Dieu, à qui rien n'est impossible, pour partager son Bonheur avec les frères, surtout deux de mes plus proches, et Le faire connaître et aimer, ...... et aussi je l'ai découvert en route pour mon propre bonheur. Mais voilà après les premiers succès, la guerre a fait rage, puis de nouveau l'espérance, mais aussi combien de souffrances, et la fleur s'est fanée au bout du fusil. Cette nuit je pleure de nouveau, la journée a été rude après plusieurs jours difficiles .... l'espérance est bien malade. Aussi merci pour votre article et la force de continuer la route, qui en émane, et pouvoir encore espérer la victoire attendue depuis tant d'années. (ouverte à Sa Grace et à ses graces pour rayonner vraiment et communiquer Sa Présence à ceux qu'Il a mis sur ma route, spécialement à deux d'entre eux que j'ai appris à aimer et qui peu à peu s'éloignent non seulement de moi mais aussi du Seigneur, apparemment le fiasco, les épreuves et le chagrin). Union de prières. Nicole
 
  Simone (France)
Posté le 29 Juin 2005 à 08h48
Chère Anne. C'est Simone de Toulon Je suis régulièrement tes articles en plus de ceux de Bob Gass "la pensée du jour". Quant à ton article de ce jour, je te cite "garder la joie et la fougue dans son service chrètien, c'est peut-etre une des choses les + difficiles à faire, mais c'est essentiel". Tu as raison car pour ma part, depuis le décès de Marcel en 2003, quel vide et quel manque je ressens. D'accord avec toi, pour Neh.8... la joie de l'Eternel sera votre force.....c'est en Lui que je la puise, car notre route n'est pas semée que de roses, mais bien des épines. Je serai heureuse d'avoir de tes nouvelles.STP. QLVB. De tout coeur avec toi.Simone.