Lorsque mon aîné, petit bambin de 4 ans me demanda un jour : « maman, est-ce qu'on peut tout demander au Seigneur ? », j'ai répondu sans réfléchir : « mais bien sûr mon chéri », non peu fière d'avoir un enfant si spirituel. Puis je l'ai vu dehors, à travers la vitre de la cuisine, campé sur ses deux petites jambes, les mains sur les hanches, en train de parler au cerisier complètement déplumé de ses feuilles en ce froid hivernal de décembre. Je suis sortie dans le jardin, intriguée, et je l'ai entendu dire quelque chose comme : « Seigneur, merci de faire pousser les cerises tout de suite ». Tout en réprimant mon envie de rire, je lui ai expliqué que le Seigneur entendait bien toutes nos prières, mais qu'il ne répondra pas à cette demande « hors saison » car ce n'était pas utile, et qu'il faudra patienter jusqu'au mois de juin, temps des cerises.
Quelques années plus tard, mon deuxième fils de 8 ans à l'époque, rentra un soir déconfit par son accrochage avec son grand copain de classe. Il me raconta que B... l'avait agressé verbalement sans raison apparente à la récréation, et l'avait écarté de son jeu en lui disant « dégage de là, t'es plus mon copain ». Je lui ai demandé comment il avait réagi et mon chérubin me répondit texto « j'étais triste, alors je l'ai béni dans ma tête pendant la classe… ». Là, je restais bouche bée qu'un enfant puisse agir aussi simplement. Mais visiblement très affecté par cette histoire, mon fils me demanda le soir de prier avec lui et il pardonna à son copain en le bénissant. Le lendemain, quand mon petit bonhomme rentra de l'école, le sourire aux lèvres, il me raconta : « maman, devine quoi ? J'ai attendu B... ce matin pour voir, et il est venu vers moi pour me dire : excuse pour hier… ». Et c'était reparti !
De même, lorsque mon même petit garçon chuta à 7 ans sur la tête et fut hospitalisé pour une fracture du crâne, il pria pour ne pas être perfusé. Il devait passer un scanner cérébral et le manipulateur accepta de faire l'examen sans injection intra veineuse : sa foi d'enfant fut exaucée et il se rétablit très vite de cet accident, sans garder de séquelles.
Quant à ma fille de 11 ans, elle me confia un matin en se levant : « cette nuit j'ai eu très mal au ventre, je suis venue vous voir et comme vous dormiez, je n'ai pas osé vous réveiller». Surprise, je lui ai demandé ce qu'elle a fait alors ? « Eh bien j'ai prié et je me suis rendormie, et je n'ai plus eu mal au ventre».
Et j'ai tant d'autres exemples où les enfants m'ont donné des leçons de foi, par leur simplicité à s'adresser à leur père céleste, qui les a alors écoutés et a répondu à leur prière, quand celle-ci ne prenait pas la tournure d'un caprice du style des cerises…
C'est simple non ? Bénir, prier, pardonner, demander au Seigneur… sans douter des résultats, quelle merveilleuse foi enfantine.
Dans Matthieu 18.1-4, les disciples interrogent Jésus : « qui donc est le plus grand dans le royaume des cieux ? ». Jésus, ayant appelé un petit enfant, le plaça au milieu d'eux et dit « Je vous le dis en vérité, si vous ne vous convertissez pas et si vous ne devenez pas comme les petits enfants, vous n'entrerez pas dans le royaume des cieux. C'est pourquoi, quiconque se rendra humble comme ce petit enfant, sera le plus grand dans le royaume des cieux ».
Et vous, comment-êtes vous devant le Seigneur ? Capricieux ? Tapant du pied en formulant des requêtes « hors saison » ? Où au contraire : émerveillés par sa bonté et sa patience, par ses élans de tendresse envers vous lorsque vous lui confiez votre détresse humblement, avec un cœur d'enfant ?






