Je me souviens avec tendresse de la femme de mon premier pasteur quand j'ai fait mes premiers pas dans la foi. Je l'avais rencontrée dans l'encadrement d'une porte à l'église le premier jour, et elle m'avait dit en souriant : « alors c'est vous Anne ? ». J'étais tellement surprise qu'elle m'appelle déjà par mon nom ! J'étais un bébé dans la foi et j'ai dû l'épuiser bien des fois avec mes questions, mes pleurs, mes incompréhensions. Elle m'a toujours accueillie avec son sourire tranquille, comme si je ne la dérangeais jamais. Elle m'a chouchoutée, fait du gâteau aux ananas, du poulet rôti dans sa poêle bizarre en forme de doughnut. Elle m'a expliqué des choses profondes, elle m'a défendue, elle a prié pour moi, et on a ri aussi ensemble. C'est une femme qui m'a beaucoup marquée. Mais avec les années qui passent, maintenant que je suis moi aussi une épouse de pasteur, j'admire encore plus l'exemple qu'elle a été pour moi : toujours là pour les autres, souriant et écoutant sans broncher, priant avec moi, supportant mes réactions excessives…donnant du « lait » au bébé dans la foi que j'étais et patientant pour que je puisse devenir ce que je suis maintenant.
Pendant mes premières années avec Dieu, je trouvais tout ça normal, et jamais il ne m'est venu à l'esprit qu'elle pouvait être fatiguée, qu'elle n'avait peut-être pas envie de m'écouter et de me consoler, qu'elle avait peut-être, elle aussi, ses combats et ses peines. Quand on est jeune dans la foi, on se comporte souvent comme un bébé égoïste qui ne conçoit que ses propres besoins, mais en vieillissant, en mûrissant dans la foi, on doit apprendre à prendre soin des autres…et même de l'épouse de son pasteur. Mettez au placard les « elle est trop comme-ci », « pas assez comme ça », « moi à sa place je… », « elle devrait quand même… ». Elle se donne beaucoup pour les autres, plus que vous ne le pensez, et même si vous ne le voyez pas, beaucoup de choses se déroulent en coulisses dont vous n'avez même pas idée. Priez pour elle, donnez-lui des petites attentions amicales, ne vous permettez jamais de la juger, et ne dites jamais du mal d'elle, vous ne pouvez pas imaginer les dégâts que font des paroles mesquines qui reviennent à ses oreilles et le découragement qu'elles engendrent ! C'est une véritable attaque au bazooka, une œuvre de destruction très grave. Même si vous croyez voir en elle des défauts, encouragez-la, et cherchez comment vous pourriez concrètement rendre sa tâche plus agréable. Moi, je suis particulièrement bénie, je suis entourée de petites sœurs qui prennent soin de moi, ne sachant pas quoi inventer pour me faire plaisir, qui prient pour moi, qui m'encouragent, me soutiennent dans ce que je fais et ne déblatèrent pas sur mon dos, ce sont des cœurs ! Quand on se sent apprécié, on travaille mieux et avec plus de zèle. Mais je sais que ce n'est pas le cas partout, alors mes sœurs, voilà tout un ministère, qui ne fait pas de bruit mais qui porte de grands fruits : soutenir et aimer l'épouse de votre pasteur. C'est facile à faire, et tout le monde sera béni en retour…Vous avez tout à gagner et rien à perdre.

























