Quelle pagaille, cet embouteillage!
Par Sharmion F.  |  7 commentaires  |  Lu 4418 fois
       
 
J'ai eu une « Deux Chevaux » dans ma vie, qui créait des embouteillages dans mon cheminement avec le Seigneur : c'était ma belle-mère.


Je n'avais jamais vu une chose pareille !
Nous sommes à Cabasse, un petit village pittoresque de 1.000 habitants, dans le centre Var, entouré de vignes à l'appellation ‘Côtes de Provence', encerclé de collines regorgeant de lapins, de sangliers, de truffes et de tortues. Il y a aussi l'Issole, petite rivière qui coule doucement en méandres, pleine de truites et de poules d'eaux ! Cabasse, avec ses monuments historiques, ses menhirs, une église du 15ième siècle et des trous de troglodytes dans la falaise, près des gorges. Cabasse, avec sa rue principale en pente, juste assez large pour laisser le passage d'un véhicule, au milieu de laquelle se trouve la boulangerie, entre les 4 rues qui mènent vers les 4 villages voisins.

Il était 7h30, en ce beau matin de septembre, et il y avait dans l'air ce fond de chaleur des restes de l'été méridional. J'étais à pied, et je m'en allais à la boulangerie chercher mon "péché mignon" : une succulente brioche sucrée. En arrivant à la rue principale, je fus tout à coup abasourdie par la cacophonie qui m'assaillait.

Vous savez, dans le sud de la France, les gens ne sont pas toujours très calmes. Au contraire, ils peuvent être très colorés! Il y avait, ce matin-là, des voitures, des cars scolaires, des camions qui klaxonnaient, et des tracteurs qui piaffaient d'impatience. Il y avait des poings en l'air, des injures qui flottaient à droite et à gauche, des chiens qui hurlaient... C'est vrai que c'était la rentrée, l'ouverture de la chasse et que les vendanges entraient dans leur deuxième semaine, mais normalement, cela se passait toujours très bien.

La cause de cet énorme embouteillage ? Une vieille Deux Chevaux Citroën ! Son conducteur s'était arrêté en plein milieu de la rue principale pour acheter son pain. Le car de l'école s'était engagé dans la descente et quelques tracteurs, en sens inverse, dans la montée. Au fur et mesure, d'autres véhicules s'étaient ajoutés, venant des autres directions. Non, je n'avais jamais vu une chose pareille, et comme je n'avais rien de pressant à faire, j'eus le luxe d'observer tout ce remue-ménage en esquissant de discrets sourires.

En dégustant ma brioche et en regardant cette pagaille, cet incident me rappelait mes premières années chrétiennes. J'ai eu une « Deux Chevaux » dans ma vie, qui créait des embouteillages dans mon cheminement avec le Seigneur : c'était ma belle-mère, la deuxième épouse de mon père ; à cause d'elle mon père quitta le foyer et fonda une nouvelle famille. Je n'aimais pas du tout cette dame et nous n'étions pas tendres l'une envers l'autre ; pour finir même par ne plus nous adresser la parole pendant une vingtaine d'années !

Bref, quand je suis devenue chrétienne, je n'étais pas emballée à l'idée de pardonner à ma belle-mère, ni de lui demander pardon. Après tout, c'était elle la grande responsable, n'est-ce pas ? Ma Deux Chevaux commençait à vraiment faire des dégâts, comme il arrive à toute désobéissance, un jour ou l'autre dans notre vie…

Cet embouteillage, dans ce beau petit village de Cabasse, avait pris quatre heures pour se régler ; mais mon embouteillage à moi prit plusieurs années avant d'être dégagé.
Le seul chemin vers la paix intérieure, c'est le pardon, et avec l'aide du Seigneur j'y suis arrivée ; au point qu'aujourd'hui, nous entretenons – ma belle mère et moi – d'excellentes relations et je prie très fort pour son salut.

Avez-vous des « Deux Chevaux » dans votre vie, qui provoquent des embouteillages ?

Love,
 

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Vos commentaires (7)

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  Annick (France)
Posté le 2 Décembre 2007 à 23h33
Pardonner...il arrive qu'humainement cela semble impossible ! Ayant un beau-père qui me maltraitait beaucoup verbalement : insultes, dévalorisation permanente, rejet, violences verbales etc... j'avais une image de Dieu Père extrèmement négative. Un jour, j'avais dit en parlant de mon beau-père qui entretemps était décédé : je lui ai pardonné..mais à chaque fois que j'évoquais des souvenirs toute ma rancoeur remontait à la surface. De nombreuses années plus tard, lors d'un enseignement sur le pardon, j'ai compris que j'avais pardonné du bout des lèvres, mais pas du fond du coeur...Et là, j'ai dit au Seigneur "Tu sais Seigneur, ce que j'ai vécu, j'aimerais pardonner sincèrement, mais seule, je ne peux pas, viens à mon aide !" Et là, je me suis retrouvée à genoux devant ma table de prière, en larmes. J'ai vu défiler devant mes yeux de nombreuses images de mon enfance, de mon adolescence et à chaque image douloureuse, j'avais l'impression d'entendre "Pour cela pardonne!" et je disais "Oui, Seigneur, avec Toi je pardonne"... Je sentais la présence de Jésus, mes larmes coulaient et j'avais l'impression de me "vider" de ma haine, mes rancoeurs. Puis j'ai ressenti sur ma tête puis mes épaules comme un manteau d'amour et mon coeur s'est rempli d'une paix incroyable....enfin j'étais libre.
 
  Micheline Cassab (Egypte)
Posté le 28 Novembre 2007 à 11h49
Le pardon est une chose difficile à entreprendre, mais une fois que l'on met dans son coeur ce désir de pardonner, comme l'a fait Jésus sur la croix au larron, une fois que l'on décide fermement de faire ce 1er pas. Croyez-moi Dieu y parvient, le premier pas est toujours difficile, on sent un etouffement, mais une fois entrepris, une sensation de joie s'empare dans notre coeur et comme un rideau qui bloque, s'ouvre pour faire place à une sensation de repos meme de joie. L'essentiel c'est le désir de casser ce mur, essayez et vous ne regretterez pas.
 
  Christelle (Gabon)
Posté le 27 Novembre 2007 à 09h58
Ce message est merveilleux, un geste de négligeance, volontaire ou non auquel vient se greffer une situation et une autre et encore une autre, et l'on se retrouve dans un engrenage dont les conséquences peuvent être lourdes. Pour ma part, j'ai compris que j'ai peur du regard des autres,du jugement des autres et cette situation me conduit aux choses dont je veux me défaire désespéremment ais qui m'attirent. SEIGNEUR, délivre moi.
 
  Marie Madeleine (Côte d'Ivoire)
Posté le 22 Novembre 2007 à 17h34
Je te salue, ma soeur pour la sagesse avec laquelle tu racontes cette belle histoire. En lisant le début de ton histoire on se demande ou est ce qu'elle veut en venir mais on se rend compte très vite que c'est deux jolis exemples, un réel et l'autre virtuel mais qui enfin de compte sont formidables parce nous interpellent tous. Que le Seigneur te bénisse et surtout, merci pour ton témoignage qui m'édifie.
 
  Dominique (France)
Posté le 22 Novembre 2007 à 11h42
C'est bien notre Seigneur qui peut retirer ces embouteillages dans notre vie. Moi aussi j'avais bien plus que deux "bouchons" dans ma vie j'en avais quatre(l'humilitè,le pardon, le joug étranger, la timidite) aujourd'hui grace Dieu je n'en est plus aucun et ma prière a changé. Aujourd'hui je prie mon Dieu que jamais ces bouchons ne reviennent plus dans ma vie, pour ralentir ma marche vers mon Pére céleste. Je te pris mon Dieu pour que toutes celles qui sont dans cette situation en ce moment soit delivrès au non de Jèsus! Et celles qui n'y sont plus soyez bènis au non de Jesus, prier pour ne jamais y retourner et prier pour dèlivrer ceux qui y sont en ce moment. SOYEZ TOUS BENIS DANS LE NOM DU SEIGNEUR !!!!!!
 
  Albertine (Cameroun)
Posté le 22 Novembre 2007 à 10h23
J'apprécie beaucoup le courage que peut avoir un homme pour pardonner mais il faut le dire ce n'est pas toujours facile. Mon grand embouteillage avec mon père qui n'a ménagé aucun éffort pour mon éducation.En fait il faut le dire je suis née d'une liaison hors mariage. Mon père lui était marié ma mère veuve. Il parait qu'au début mon père faisait un effort d'assister ma mère mais lorsque je suis allée au collège nos relations se sont brouillées parcequ'il ne voulait pas que sa femme sache qu'il avait un enfant en dehors de son foyer il m'a ainsi abandonné. Je l'ai maudit de toutes mes forces et j'ai prié pour que les enfants qu'il a tant préféré l'abandonnent à sa vieillesse. Par la grâce de DIEU j'ai suivi mes études secondaires et supérieures hors du Cameroun et je suis rentrée au Cameroun pour y travailler. Alors j'ai vu mon père qui est retraité aujourd'hui, il a parlé avec moi et m'a dit qu'il regrettait son attitude envers moi. Il m'a ainsi dit que mes frères et soeurs, c'est à dire, ses enfants l'avaient abandonné et que persone ne veut lui venir en aide. Alors j'ai pleuré et je me suis rendu compte que je l'aimais autant que ma mère alors j'ai décidé de pardonner et depuis je lui donne un coup de main et je prie pour que DIEU touche le coeur de ses enfants.
 
  Hanta (Madagascar)
Posté le 20 Novembre 2007 à 12h48
Vous avez vu juste en disant qu'il faut demander l'aide de Dieu pour enlever cet embouteillage. Moi j'avoue que depuis presque 10 ans maintenant, je n'arrive pas encore à pardonner la mère de mon mari qui m'a accusé à tort d'avoir ensorceller son fils et de m'avoir traité de tous les noms jusqu'à ne pas assister au mariage de son fils. J'ai pu supporter toute attaque de l'extérieur (venant de ma belle famille) jusqu'au jour où mon mari m'a accusé de ne pas faire des efforts envers sa famille alors que sa famille en fait envers moi. Dieu seul sait si vraiment je n'ai pas fait d'effort. Depuis ce moment, j'ai failli quitter mon mari, mais comme je l'aime encore très fort et on a 3 gosses, j'ai du faire un choix, soit je reste en évitant carrément toute sorte de contact avec sa famille, soit je le quitte pour de bon, et j'ai choisi de rester. Je sais que je dois pardonner, mais j'ai vraiment du mal à le faire, j'implore Dieu pour m'aider à m'en sortir mais c'est peut être moi qui ne veux pas vraiment le faire. Ce problème pourtant est comme une épée de democlès sur notre vie de couple qui est prête à nous tomber dessus à tout moment. Merci à vous de me porter en prière et de me donner plus de conseils. Que la grâce de Dieu soit avec nous tous.