Combien je t'aime ma fille!
Par Anne Seewald  |  4 commentaires  |  Lu 6835 fois
       
 
Ce jour-là j'accompagnais ma fille aînée jusqu'à Paris.
Elle vient de faire un court séjour dans notre nouvelle maison à la campagne. Elle a quitté depuis peu le nid familial, et ici elle ne se sent pas tout à fait chez elle puisqu'elle n'a pas fait le déménagement avec nous. Le Transilien est bondé. L'espace n'est pas propice à l'intimité. J'aurais tant de choses à partager.
On arrive en gare. Elle a peu de temps pour attraper sa correspondance. On se dit au revoir rapidement dans le train, mais j'y tiens, je lui ferai encore un " coucou " tout-à l'heure !

Elle court devant moi, je cours derrière. Flûte où est mon billet ? Il est indispensable pour sortir du quai de banlieue. Je fouille toutes mes poches, le temps défile. Enfin, je franchis cette première barrière.

Je cours jusqu'au prochain quai, je ne vois même plus ma fille au loin.
Je cours, je cours... et je tombe sur cette autre barrière... et je n'ai pas le fameux billet, celui qui me permet de passer de l'autre côté ! (Vous savez, ces fameux billets Id TGV) : - " Vous avez un billet ? " - " Non ! Je veux juste dire au-revoir à ma fille ! " J'ai l'impression qu'ils sont une armée devant moi, ils doivent être au moins 6 ou 7 : - "On ne passe pas ! "

La tête basse, je commence à faire demi-tour. Mais mon cœur de mère se gonfle d'un désir fou. Je veux encore voir ma fille ! J'insiste : " Vous avez des enfants ? Je veux juste dire au revoir à ma fille, faire coucou, à travers la vitre... ". Étonnement, et j'en suis reconnaissante, je garde une attitude courtoise.
La réponse est sans appel : - " Il fallait arriver plus tôt ! "
Finalement une jeune femme a pitié de moi, mais le train s'ébranle déjà... Je ne vois plus ma fille !

A cet instant je sens une brûlure vive au fond de moi, j'en crierais à la fois de douleur et de colère mais seules des larmes de tristesse coulent le long de mes joues.
Ils m'ont volé cet instant ! Pourquoi cette rigidité ?

Quelques jours plus tard, je repense à l'événement. J'ai déjà vécu des situations semblables en perdant mon sang-froid malheureusement. Par la suite, je regrettais profondément mes paroles amères envers des personnes qui, somme toutes, ne faisaient que leur boulot... et il n'a pas toujours été possible de rattraper la situation.

Là, c'est différent, j'éprouve soudain une très grande joie !
C'est un peu comme le moment d'une naissance.

En effet, cette barrière m'a fait reprendre conscience d'une manière à la fois si brutale et si surprenante d'une chose si forte et si belle :
" Combien je t'aime ma fille ! "


 

Poster un commentaire

 
 

Vos commentaires (4)

Trier les commentaires : par date | par vote
Posté le 10 Décembre 2008 18:22:07 à 18h22
Merci Anne, j'ai beaucoup d'émotion à entendre votre témoignage qu'on peut imaginer ! Je crois qu'on vivra tous en tant que parents des moments comme celui là, des situations où les sentiments débordent et où un besoin pressant se fait sentir d'exprimer ce qu'on n'a pas toujours oser dire parfois par gène, dire tout simplement à nos enfants combien nous les aimons mais par contre ce jour là, les paroles seront si fortes qu'elles balaieront le temps des pudeurs/Amitié Cathy
 
Posté le 10 Décembre 2008 16:08:47 à 16h08
nous avons toujours une bonne leçon a tirer de nos épreuves, merci seigneur de nous les faire voir, pardon pour cette lenteur qui par moment nous retardes, que ton nom soit glorifié.AMEN
 
Posté le 10 Décembre 2008 15:46:46 à 15h46
Allo..oui je sais un peu qu"avoir une fille ,j"en ai soin d"une et elle est très attachante! Avouons que par période ,on devient "mère-poule",et on prend les devants ..cette attitude prouve quand même qu"on aime "cette fille" et qu"on lui veut "le meilleur" ! Sois bni" Anne" ! Merci Seigneur!
 
Posté le 10 Décembre 2008 15:34:06 à 15h34
et ce sera comme çà quand le train de l'évangile arrivera. quand l'époux viendra nous trouvera t-il avec le billet????sinon nous ne pourrons partir avec lui alors faisons gaffe