Célibataire ça vous dérange?
Par Auteur externe  |  10 commentaires  |  Lu 3548 fois
       
 
« … j'ai appris à être content de l'état où je me trouve. » Phil.4.11

Ils ont dépassé la trentaine, ils sont trop « vieux » pour les activités « jeunesse », trop « jeunes » pour le « club 3ème âge » et trop « seuls » pour les rencontres « famille ».

Qui sont ces célibataires qui envahissent nos églises et quelle place la communauté est-elle prête à leur accorder ?

Ecoutons-les quelques instants :
(Top Féminin oblige, nous n'écouterons que ces dames !)

Pour cette jeune femme à la quarantaine florissante, l'intégration dans l'église relève du parcours du combattant. « Je ne trouve ma place nulle part » affirme t-elle. « Tout dans mon église locale est organisé autour de la famille ». Telle autre se plaint d'être « corvéable » à merci en raison de sa disponibilité et constamment sollicitée pour s'occuper des enfants de l'école du dimanche, de la garderie, etc. mais ses besoins propre semblent ne préoccuper personne. « A Noël, je suis seule devant mon assiette » avoue-t-elle la gorge un peu serrée. « J'ai l'impression de faire peur » dit cette « célibattante » au top de sa carrière professionnelle et qui aimerait bien trouver un accueil favorable dans l'église. Il y a aussi celle qui souffre du regard de l'autre qui lui donne le sentiment d'être handicapée voire d'être un cas social. « Vite marions-là » semble-t-il dire comme si il y avait urgence. La vie en solo serait-elle un état inférieur ?

Vous l'avez entendu ce cri, souvent silencieux par pudeur, « faites-nous une place dans votre cœur ». Soyons sensibles à cet appel et apprenons à connaître celles – de plus en plus nombreuses - qu'on appelait jadis péjorativement « vieille fille » et qui aujourd'hui sont souvent des femmes de caractère et de distinction qui doivent se battre pour être reconnues et respectées dans l'église. Examinons ensembles leurs besoins et offrons-leur au sein de notre communauté un lieu de reconnaissance et d'acceptation.

Tout d'abord respectons sa condition de « personne seule ». Il arrive que cet état soit un choix délibéré et il semble nécessaire de rendre ses « lettres de noblesse » au célibat et respecter celle qui choisit cet état pour son Seigneur. Bien souvent, il n'est pas désiré et résulte parfois de son engagement avec le Seigneur, la célibataire ne souhaitant pas « se mettre sous un joug étranger ». Le célibat non désiré engendre bien des souffrances que l'église non seulement ne doit plus ignorer, mais doit veiller à ne pas ajouter à ces souffrances par maladresse.

Bannissons dans nos rapports avec les célibataires les « clichés » tels que :« Avec le Seigneur on est jamais seul » ; « Fait de l'Eternel tes délices et il te donnera ce que ton cœur désire… » - la célibataire connaît ces versets à la lettre pour les avoir longuement médités et serrés dans son cœur. Des missionnaires ont témoigné avoir souffert de ces conseils prodigués parfois avec légèreté par des personnes bien intentionnées, souvent mariées et ignorant tout de la solitude. Lors de la célébration d'un mariage il peut être dangereux de s'approcher de la personne seule en lui disant « Alors, c'est quand ton tour ? », au risque de s'entendre poser la même question lors d'une inhumation !

Accueillons-la parmi nous et ne pensons pas à elle uniquement en cas de besoin en raison de sa disponibilité. Pensons à ajouter de temps en temps un couvert à la table familiale. Elle apprécie plus qu'une autre que l'église soit une véritable famille. Evitons de la juger en lui disant, « Si tu es seule, c'est parce que tu es trop ceci, pas assez cela, etc.» – ce qui peut être pertinent dans certains cas, mais se révèle bien souvent injuste et douloureux - en outre cela laisse supposer que celles qui se marient sont parfaites !

N'oublions pas aussi que la personne seule n'est pas un être asexuée – Certaines se sont converties tardivement après une vie sexuelle active, d'autres connaissent des frustrations parfois difficiles à gérer. Il s'agit d'un sujet encore tabou dans bon nombre d'églises. N'adoptons pas une attitude pieuse en éludant le problème. Il y a un réel besoin d'une écoute confidentielle et compatissante, exempte de tout jugement. Dans certains cas il sera peut-être judicieux de l'orienter vers des spécialistes en « relation d'aide » qui pourront être d'un grand secours.

Evitons de ricaner dans l'église lorsque des rencontres de célibataires sont organisées. Que ce soit volontaire ou non, la personne seule reste un être relationnel et a besoin de rencontrer l'autre et de partager avec lui ses besoins spécifiques. Célibat ne doit plus rimer avec isolement et solitude. D'autre part, ne prétendons pas prendre les besoins de la personne seule en considération en rallongeant l'âge limite des groupes de jeunes comme lu récemment dans un magazine : Camp de jeunes de 18 à 50 ans ! Personne n'y trouve son compte et les plus de 50 ans se sentent exclus. Que dire encore de ce message adressé à un groupe de célibataires « Comment élever vos enfants le jour où le Seigneur vous fera la grâce de vous en accorder » alors que les ¾ de l'auditoire ont dépassé la quarantaine …

Il est en effet une étape particulièrement douloureuse pour la célibataire lorsqu'elle atteint un certain âge et qu'elle doit faire le « deuil de l'enfant ». Entourons-la de tout notre amour dans ces moments difficiles. Lors d'une rencontre consacrée aux personnes seules, l'auteur de cet article se souvient avec émotion de cette femme qui s'est effondrée en avouant cette souffrance et combien le fait de pouvoir en parler avec des personnes rencontrant les mêmes difficultés avait passé un baume sur sa blessure et avait contribué à sa guérison.

Valorisons sa condition et ne la poussons pas au mariage – Fuir le célibat pour le mariage peut s'avérer dangereux, tandis qu'un célibat bien assumé constituera un fondement solide pour une éventuelle union – Facilitons cependant, avec tact, les opportunités d'échanges et de partages. Si elle rencontre quelqu'un, nous nous réjouirons, mais n'en faisons pas une obsession ni un but en soi. Le célibat n'est pas un état inférieur. C'est un état qu'il lui est donné de vivre pour un temps. Ce temps est plus ou moins long selon les individus. Il peut être de quelques années pour les uns ou durer toute une vie pour les autres. Il est donc primordial de le vivre bien, sachant qu'elle peut un jour passer d'un état à l'autre.

La vie en solo peut être épanouissante tout comme la vie en duo, cela s'apprend et le rôle de l'église ou communauté est essentiel. Le mariage n'est pas la réponse au célibat, de même que le retour au célibat n'est pas la réponse à un mariage en difficulté. Il s'agit de deux états différents – de deux cadeaux différents – de deux dons de vie de la part de notre Père céleste. Ne les gâchons pas en pensant que le cadeau de l'autre est plus beau que le mien ! Apprenons à apprécier chaque jour que Dieu fait dans l'état où nous sommes. Il ne s'agit pas là de résignation, mais de confiance, en Celui qui connaît le sentier où nous marchons (Ps.142.4). Chaque état a ses problèmes spécifiques mais également ses avantages spécifiques.

Soyons attentifs et veillons cependant à ne pas créer des ghettos dans l'Eglise - Les familles entre elles, les jeunes entre eux, les célibataires entre eux, etc. Il y a un temps pour être entre « groupes » et il y a un temps pour être tous ensembles et s'intéresser aux problèmes spécifiques des autres.

Apprenons à vivre harmonieusement ensemble afin que personne ne se sente exclu de la communauté dans l'attente du retour de Celui « qui essuiera toute larme de nos yeux », notre époux à toutes : Notre Seigneur Jésus-Christ.

Michèle HARDY
Novembre 2004

 

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Vos commentaires (10)

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Posté le 19 Novembre 2011 15:13:05 à 15h13
merci bcp pour ce message ,vivant le celibat je dois bien l'avouer comme une chose pas terrible je me suis reconnu dans bcp d'exemples de ce meme message...c'est vrai qu'on est gêné,un peu a l'ecart et aussi entre les deux...je ne suis pas trop avec les jeunes alors que j'aimerais en etre,pas avec les familles puisque je n'en ai pas et si je parle avec une jeune femme qui est mariée ou bine fiancée ca peut etre mal vu meme si j'ai juste envie de dire bonjour,mais je me dis c'est dans ttes les eglises comme ca je pense,on vit tous la meme chose ...baptisé depuis peu,j'en parle enormement a Dieu dans ma chambre le soir,j'ai la trentaine,je fais moins que mon veritable age et cette situation je la vis mal mais dans mon desert je prefere que Dieu m'aide plutot que d'etre tenté et de partir ou de faire un erreur.en tous les cas merci d'avoir mis l'accent sur cet etat de fait.
 
Posté le 14 Juin 2011 09:41:10 à 09h41
C'est un message super que l'église devrait de plus en plus en prendre compte. Afin qu'aucun brebis ne se perdent. Cause de solitude, de souffrance. Nous sommes tous appelés à veiller les sur les autres. Quelque soit notre état, célibataire ou marié. Prenons soins des uns et des autres. C'est primordiale pour l'avancement du royaume de notre DIEU.
 
Posté le 4 Mars 2011 21:44:04 à 21h44
excellent! et merci
 
Posté le 4 Décembre 2010 06:58:28 à 06h58
C'est un enseignement très juste!!!!
 
Posté le 21 Avril 2010 12:04:55 à 12h04
merci pourr ces paroles fortes car force est de reconnaitre que les celibataires sont marginalisés meme les parents te posent la question à quand ton tour mais Dieu merci j'ai toujours dis que c'est le seigneur qui donne un mari donc tant que le faite de ne pas etre mariée ne m'empeche pas d'etre enfant de Dieu tant mieux.encore merci et Dieu vous benisse....
 
Posté le 23 Octobre 2009 23:26:54 à 23h26
Magnifique! Merci
 
Posté le 3 Septembre 2009 21:33:55 à 21h33
Ce message est réel et très bien dit. Que Dieu vous bénisse abondamment
 
Posté le 25 Août 2009 17:28:36 à 17h28
En Afrique surtout,dépasser la trentaine sans se marier est perçu comme une malédiction et même les chrétiens adoptent des attitudes blessantes à l'égard de cette catégorie de personnes.Dans certaines églises locales,dès qu'une femme se marie,on l'appelle "maman X"(alors qu'elle n'a que 22 ans et pas encore d'enfant) tandis que les célibataires sont "soeurs",même à 45 ans. Que Dieu soutienne les célibataires et nous aide à modifier notre comportement.
 
Posté le 28 Mai 2009 22:08:03 à 22h08
que DIEU vous benisse
 
Posté le 13 Avril 2009 17:32:23 à 17h32
tout est tellement bien dit!