Matthieu 20:21 :
Jésus lui dit : " Que veux-tu ? " " Ordonne, lui dit-elle, que mes deux fils, que voici, soient assis, dans ton royaume, l'un à ta droite et l'autre à ta gauche.[...]"
Alors là, Marie Salomé, la mère de Jacques et Jean a fait fort ! Je me suis souvent dit en lisant ce passage qu'elle avait eu une ambition exagérée. Quel " toupet " ! Je me le suis dit, jusqu'à ce que mes propres enfants grandissent et que je m'imagine à mon tour dans sa " peau ". Hé oui ! Imaginez que vous côtoyiez chaque jour une
Célébrité, qui va accéder à un poste avec de grands pouvoirs et de grandes responsabilités. Vos fils sont particulièrement proches du " grand Homme ", ne me dites pas qu'à un moment ou à un autre, l'idée de leur donner un petit coup de pouce ne vous passerait pas par la tête… Une femme de " tête ", mariée à un
Patron pêcheur du lac de Galilée – un certain statut social donc - Salomé avait engendré deux garçons aux caractères impétueux, surnommés " les fils du tonnerre ", cela veut tout dire…
Mais ce qui me frappe ici, c'est autre chose : elle ne fait pas de différence entre ses deux fils : " l'un à droite, l'autre à gauche ", autrement dit " Jésus peux-tu les mettre au même niveau de responsabilités " : pas de jaloux ! C'est assez étonnant dans une culture où l'aîné était toujours privilégié par rapport au cadet … Et voilà où je veux en venir, à une question bien souvent
Tabou et pourtant porteuse de grandes souffrances et de tensions dans les familles :
" Faites-vous des différences entre vos (petits) enfants,
avez-vous un (ou des) petit(s) chouchou(s) " ?
Rapide examen personnel à la lumière biblique :
- Vous avez plus d'affinités avec l'un de vos enfants et cela vous rapproche. C'est la douloureuse expérience de
Rebecca et Isaac, chacun son petit " chéri ". Leurs fils ont failli s'entretuer et Jacob (
préféré de Maman) a dû quitter la maison pour toujours et n'a apparemment jamais revu sa mère…
- Vous le savez et vous le montrez sans vous soucier des conséquences sur vos autres enfants. C'est l'erreur de
Jacob, qui aimait Joseph plus que tous. Fier de son privilège, le petit " chou " rapportait les bêtises des grands, paradait dans les beaux habits que lui avait offerts son " Papounet " et " cerise sur le gâteau " fanfaronnait en racontant ses rêves où il semblait bien qu'il était
aussi le " chouchou " de Dieu…! Cette fois le " petit gâté " a bien failli " y passer ", mais finalement fut vendu comme esclave. Son père le crut mort pendant des années : quelle souffrance !
- Vous " passez " tout à votre " protégé ", vous ne sévissez pas quand il défie votre autorité jusqu'à être injuste avec les autres et…un jour… l'ingrat dépasse les bornes et n'accomplit pas du tout la destinée que vous espériez pour lui. Ex : " Bien qu'irrité, le roi
David ne fit aucun reproche à son fils Amnon quand il violenta sa demi-sœur Tamar, parce qu'il était l'aîné, l'héritier du trône et qu'il l'aimait beaucoup… " (2sam. 13/21, version français courant) . Elle fut vengée par son frère Absalom qui tua le violeur, se rebella contre son père et finit lui même assassiné… bel enchaînement… !
- Vous culpabilisez, vous voudriez ne pas faire de différence mais c'est plus fort que vous et les circonstances vous donnent raison! Hum… c'est l'épreuve d'
Abraham qui a dû renvoyer son fils Ismaël, la rivalité entre sa descendance et celle d'Isaac a traversé les siècles jusqu'à nos jours…
J'ai entendu et lu plusieurs témoignages d'enfants " moins aimés " : envie, amertume, colère, incompréhension, frustrations, querelles, souffrances sont les mots qu'ils emploient pour en parler… certains disent même qu'ils n'auront qu'un seul enfant pour être sûr de ne pas reproduire cette injustice !
Mais les préférés de Papa ou de Maman souffrent inévitablement, d'une part parce qu'en sortant du cocon familial, confrontés à la vraie réalité ils perdent leur statut de privilégié, la chute est parfois rude, d'autre part ils s'attirent souvent la colère, la rancœur, voire la haine de leurs frères et sœurs. Parfois, tous les espoirs fondés sur eux les font " craquer " et si en plus on ne les a pas repris et cadrés, le résultat est bien souvent désastreux et peut provoquer une destruction des liens familiaux, voire de la famille...
Chers parents, chers grand-parents : ces comportements ne doivent pas exister dans nos familles si nous voulons y cultiver une ambiance heureuse et paisible. Si nous voulons que nos enfants se construisent harmonieusement et apprennent à vivre dans l'amour " fraternel ", il nous faut être juste et équitable dans notre affection pour eux tous. Privilégier un (petit) fils, une (petite) fille c'est comme jouer contre son propre camp, sa propre famille, contre soi-même en fait. C'est semer des graines de discordes pour aujourd'hui et jusque dans la descendance à venir… Et si vous-mêmes avez été " moins aimé " : rompez ce " cercle vicieux " pour que ces faits ne se perpétuent pas dans les générations suivantes, enseignez-le par l'exemple.
"
Papa Zébédée " a respecté le choix de ses
deux fils, il les a laissés suivre Jésus, le grand Roi. Moi, j'aime bien cette " petite Maman Salomé ", ses fils Jacques et Jean étaient comme deux doigts de la main sous son œil bienveillant , elle avait des rêves pour eux, ils ont accompli les plans de Dieu pour leurs vies respectives et tous les quatre sont des exemples de famille unie pour nous encore aujourd'hui.
Je vous l'ai dit au début : Une famille " du Tonnerre" !!!
Note :
- Dans certaines cultures, dans
certaines familles, le favoritisme est traditionnel, voire légal. Etre l'aîné " mâle " est le " Type TOP " : privilège/héritage, études, autorité etc…
- Salomé faisait partie des femmes qui suivaient, servaient et soutenaient Jésus.
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