C'est toi qui m'a élevée,
Ma mère, me disais-tu "était trop jeune".
Tu m'as donné beaucoup d'amour,
Mais l'enfant, l'adolescente que j'étais,
Était encore dans l'ingratitude.
Je ne comprenais pas à quel point tu m'aimais.
Pardonne-moi si je t'ai fait souffrir,
J'étais jeune, insouciante, et ton amour,
Je le trouvais trop possessif.
Un jour l'oiseau voulut s'envoler de la cage dorée,
Et cela t'a rendu malade...
Peu de temps après, ton coeur fatigué t'a lâché.
Et là, la prise de conscience se fit en moi,
Accompagnée de toute sa panoplie de regrets,
de tristesse, de culpabilité.
Tu n'étais plus là, et je n'avais pas pris suffisamment de temps
pour te dire que je t'aimais et que tu comptais beaucoup pour moi.
Aujourd'hui, alors que je suis moi-même grand-mère,
je mesure toute la peine que j'ai pu te faire.
Pardonne-moi grand-mère, je t'aime.
