Un jour où mon supérieur hiérarchique me demandait des nouvelles de mes enfants convalescents d'otite, rhino et compagnie, il me dit : " Ah! Jeune dame... vos enfants sont petits, petits ennuis, mais avec de grands enfants, grands soucis ! ". Je le trouvais bien négatif cet homme !
Après toutes ces années, j'ai mieux compris son propos, et bon nombre de parents partagent ce sentiment d'impuissance face au comportement de leur progéniture qui grandit. Malgré tous nos efforts et notre dévouement, « programmer » nos enfants qui deviennent ados et jeunes adultes est impossible.
En dehors du fait qu'ils brillent par leur absence à l'église (pourtant, ils allaient à l'école du dimanche, et on priait en famille), ils n'ont pas forcément choisi l'orientation que l'on pensait : ils se mettent, par exemple, très tôt en couple, au mépris des valeurs enseignées et du respect de la Parole (t'es ringarde, tout le monde le fait !).
Malgré nos recommandations et nos prières, ils n'éviteront pas les pièges de la vie et les conséquences de leurs choix parfois désastreux. Mais, peut-on faire leurs expériences à leur place ? Est-ce un échec de notre éducation ?
Non, car notre rôle de parents chrétiens et tuteurs est de leur inculquer des valeurs et des références, même si on a l'impression de parler dans le vent. La Bible nous demande (
Proverbes 22-6) d'instruire nos enfants selon la voie qu'ils doivent suivre, et ils ne s'en détourneront pas.
Que ce soit sur le plan social, éducatif, scolaire ou spirituel, leur enseigner les vraies valeurs et les assister dans leurs choix est essentiel. Trop de laxisme, d'irresponsabilité sous couvert de tolérance, et de ras-le-bol (ils savent si bien nous user ces petits !), sont synonymes d'abandon de nos jeunes plants qui, non arrosés par notre présence vigilante, nos prières et nos encouragements, vont pousser de travers ou se dessécher.
Mes trois grands enfants sont de bons élèves et j'ai peu à intervenir. Je m'intéresse à ce qu'ils font, et fait le point avec eux lors d'un important contrôle ou d'une dissertation un peu compliquée.
Mon aîné est en deuxième année de prépa maths pour faire une école d'ingénieurs, tandis que sa sœur entre en première scientifique sans trop savoir encore ce qui lui plaît. A côté, mon dernier ado excelle surtout dans ce qui ne s'apprend pas par cœur. Mais au vu de ses capacités, j'exige de lui plus qu'une bonne moyenne, et les mauvaises notes vont réduire son temps d'écran (TV, ordinateur ou console de jeux). Cet été, il a passé une semaine chez des amis restaurateurs, répétant qu'il veut être cuisinier. Finalement cette expérience lui a montré qu'il n'aimait que très modérément ce métier. " C'est plutôt le design des voitures qui m'intéresse ! ". Ce n'est plus la même chose; qu'à cela ne tienne, le stage de troisième pourra se faire dans une carrosserie !
Chaque enfant est particulier. Le plus difficile, pour nous parents, est sûrement de respecter leurs goûts et capacités individuels en tenant compte de nos propres expériences (" je n'ai pas eu le choix, moi! ") et de ne pas les embarquer dans nos propres espoirs déçus.
Eduquer n'est pas robotiser, mais être ferme à bon escient. Prier quotidiennement pour orienter notre " attitude parentale ", remplie d'amour et de respect, permet de faire ce qu'il faut quand il faut…. Pour la suite, en toute confiance, j'abandonne à Dieu mes enfants, qui auront dans leur cœur des valeurs en réserve.
Lors des grandes sécheresses, l'arbre adulte ne va-t-il pas puiser par ses racines, l'eau de la source profondément enfouie sous terre ?
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