Les Églises ont chacune leurs particularités, mais elles sont unies par la foi au Christ, Sauveur personnel de chaque chrétien, et par la référence à la Bible comme Parole de Dieu . Quand les façons de vivre cette foi ne sont pas trop divergentes, il me semble que le partage d'expériences spirituelles diverses devrait être une source d'enrichissement mutuel.
Souvenons-nous de cette magnifique parole d'Adam au chapitre 2 de la Genèse : « Voici un autre moi-même ! ». L'alchimie du couple se forme autour d'un subtil équilibre entre ressemblances (affinités, points communs), et différences (complémentarités).
Des amoureux, membres de différentes communautés, ont devant eux un temps de rapprochement important, révélateur de l'opportunité pour eux de fonder un foyer (discussions, lectures, visites mutuelles des églises). Il conviendra d'être réaliste et d'écouter son cœur, sans oublier de vivre un discernement spirituel dans la prière.
Trois indices me semblent alors permettre un bon pronostic pour une vie de couple harmonieuse :
1) L'ouverture d'esprit, l'humilité.
2) L'envie d'apprendre, la curiosité pour approfondir le sens des mots usuels pour chacun (nouvelle naissance, charisme… ), la volonté de comprendre l'autre.
3) La possibilité de partager la prière (cet instant d'intimité profonde et fondamentale avec Dieu) qui va donner toute sa profondeur au mariage et unir dans les difficultés à surmonter ensemble.
Par ailleurs, le respect pour l'expérience spirituelle de chacun me parait fondamental ainsi que la décision de n'exercer aucune pression visant à convaincre (ou convertir l'autre !). Il y aura, bien sûr, évolution dans le dialogue, mais libre, sans contrainte ni chantage. Il est fondamental d'accepter l'autre tel qu'il est au moment de la décision du mariage. Croire qu'il finira par changer est un grave leurre, qui hypothèque l'avenir et la liberté humaine.
Si les amoureux décident de se marier, ils devront régler la question du choix de leur future église : celle de l'homme, de la femme, ou chacun la sienne ? La dernière hypothèse semble éviter les conflits, mais risque aussi d'appauvrir le partage et de créer une crispation identitaire. Je n'y suis pas favorable ; c'est si bon d'aller ensemble au culte le dimanche ! De plus, se posera bientôt la question de l'éducation des enfants et de leur inscription dans une église.
La foi commune n'est pas une garantie absolue de solidité car la réalité de la vie de couple est complexe. De nombreuses autres affinités sont nécessaires pour goûter l'harmonie. Mais, pouvoir partager la lecture de la Bible, la certitude de l'amour de Dieu, des valeurs fondamentales de fidélité, de vérité, et de droiture…Quelle joie et quelle force pour le couple chrétien ! Il peut, de plus, s'appuyer sur cet atout fondamental enseigné par Jésus : le pardon, grâce qui s'échange et permet de réparer en profondeur les accrocs inévitables de la vie.
