Aujourd'hui, de multiples mouvements petits et grands ont le même travers que les pharisiens. La vérité est mélangée à des préceptes humains et, parfois, démoniaques. Comment donc discerner?
Les meilleurs dogmes ont une faiblesse de taille: ils sont faciles à énoncer mais difficiles à appliquer. C'est l'une des raisons pour lesquelles tant de scandales éclaboussent leurs dirigeants. Ils prêchent une éthique élevée, qu'ils transgressent en secret. Ils prônent la pauvreté et sont incroyablement riches. Ils feignent d'être cool, mais dirigent d'une main de fer. Ils parlent de collégialité, mais imposent une dictature sans partage. Ils plaident le respect, mais piétinent ceux qui leur résistent. Ils prétendent être conciliants, mais transpirent l'intolérance. Ils disent et ne font pas.
La «médiacratie»
Cet «esprit religieux» se retrouve aussi là où nous ne l'attendons pas: dans les médias! Ces derniers sont devenus l'une des principales «religions» mondiales, avec ses rites quotidiens, ses grand-messes, son vénéré audimat, ses collectes de fonds et ses grandes doctrines rabâchées et scandées sur tous les tons et sous toutes les formes. Son financement est, entre autres solutions, assuré par des redevances obligatoires.
La «médiacratie» détermine ce que vous devez savoir, penser, décider, approuver et désapprouver. Elle vous ignore, vous élève ou vous abaisse selon son bon plaisir. Elle vous dit ce que vous devez manger et boire. Elle vous prescrit ses shampoings et ses poudres à laver et vous donne la marque des chaussures et des vêtements que vous devez porter. Elle vous inculque ses analyses sur tous les sujets possibles et imaginables sans aucun complexe et avec une répétitivité assommante. Elle se concerte, s'accorde des interviews, se congratule et s'offre des prix en son propre sein. Mais pratique-t-elle ce qu'elle enseigne?
La violence à l'école est sur toutes les lèvres et la violence à l'écran sur toutes les chaînes. La vitesse au volant est incriminée comme meurtrière au journal télévisé, mais le héros, dans le film qui suit, roule à tombeau ouvert en pleine ville. Boulimie et excédent de poids semblent combattus, mais l'avalanche publicitaire de petits en-cas bourrés de calories obéit à un dogme supérieur: les impératifs commerciaux. L'horreur des marées noires souillant les plages et autres sites précieux est dénoncée, mais les marées d'émissions polluées et de paroles obscènes s'échappent des studios et atteignent des millions de foyers sans éveiller la moindre auto-critique; au besoin, on vous indique l'âge à partir duquel vous devez être en mesure de supporter la pollution en question.
On s'indigne du dernier crime, mais le film de minuit vous donne le choix entre un viol collectif, un meurtre passionnel ou une véritable boucherie humaine.
Le terrorisme est condamné en première lecture, puis les «révisionnistes» entrent en scène et culpabilisent adroitement les victimes. Les maisons pour personnes âgées sont visitées pour en débusquer les lacunes relationnelles ou culinaires, mais l'euthanasie active est habilement soutenue. Les drogues prétendues «douces» sont désavouées, reportage à l'appui, puis banalisées le week-end suivant dans un débat prétendu impartial. On rejette le capitalisme sauvage tout en nous arrosant de jeux d'argent facile, de loteries et de tiercés à gogo.
La presse tire à boulets rouges sur une personnalité soupçonnée d'immoralité, mais les pages suivantes offrent un choix de débauche sans limite; quant aux annonces publicitaires des salles obscures, elles rivalisent de scénarios malsains justifiés, admirés ou adulés. La démocratie est sur toutes les lèvres, mais un harcèlement intellectuel ininterrompu en faveur d'une pensée unique et «journalistiquement» correcte nous est assénée jour et nuit. La tolérance est servie à toutes les sauces pour tout ce qui déstabilise, choque et désécurise la société, mais la moquerie, les attaques en règle et la mesquinerie accueillent ce qui en a fait la force. Ils disent et ne font pas!
Tout est-il condamnable pour autant? Absolument pas! Les émissions de haute qualité existent et la matière pour les produire est surabondante. Il se trouve également des journalistes intègres qui se différencient du «médiatiquement correct» en étant, en quelque sorte, des prophètes, des sentinelles ou des explorateurs d'avant-garde.
La fenêtre sur notre planète qu'offrent les médias répond à un besoin fondamental pour l'être humain et nous vivons à une époque très privilégiée. Le besoin d'une complète réforme est aussi nécessaire que possible. Je suis de ceux qui rêvent de la voir un jour.
Mise en page de Marianne Dubois
Carlo Brugnoli est disponible pour enseigner dans votre groupe de jeunes, votre église, votre région. Cet enseignement est gratuitement à votre disposition en vidéo sur le site: www.carlobrugnoli.net
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