" Nous devons, comme Jésus-Christ l'a dit sur la croix, pardonner à ceux qui ont causé la mort. Pour nos frères et sœurs, en particulier ceux décédés pendant la période des combats (...)".
Le président de la région semi-autonome du Sud-Soudan, Salva Kiir, a appelé la population à pardonner.
Deux millions de morts sudistes depuis les années 60, une famine organisée en 1998 et utilisée comme « arme de destruction massive », un pays pauvre et détruit…
Voilà ce qu’a enduré le Sud Soudan.
En ce début 2011, des élections ont eu lieu, entrainant un immense espoir de paix.
PETITS RAPPELS HISTORIQUES
Le Sud-Soudan a une population d'environ 9 millions d'habitants, principalement rurale.
1956 : le Soudan devient indépendant.
Les dissensions entre le nord musulman et le sud où dominent chrétiens et animistes, sont apparues au lendemain de l'indépendance.
1972 : les accords d’Addis-Abeba mettent fin au conflit.
1983 : Instauration de la charia et reprise de la rébellion. Création de l’Armée Populaire de Libération du Soudan (SPLA).
2005 : Accords de paix entre Khartoum et la SPLA. Celui-ci accorde au Sud-Soudan une large autonomie pendant 6 ans, période au bout de laquelle les habitants de la région doivent être conviés à un référendum d'autodétermination.
AVEC LES ELECTIONS, L'ESPOIR RENAIT
Des familles entières ont fait route vers Juba, capitale du Sud-Soudan. Une femme raconte :
« Au Nord, nous étions considérés comme des citoyens de seconde zone. Nos droits n’étaient pas respectés. Si nous avions besoin de nous faire soigner à l’hôpital, nous n’étions jamais reçus, à cause de la couleur de notre peau. Alors, maintenant, nous partons vers notre nouveau pays pour aller voter. »
Depuis octobre, ils ont été plus de 70 000 à revenir au pays, et l’administration leur a donné un nom : les returnees.
Durant ces élections,
les Sud-soudanais se sont prononcés à 98,83% en faveur de la sécession avec le Nord, selon les résultats préliminaires complets du référendum d'autodétermination organisé du 9 au 15 janvier.
Le président Béchir s'est déjà engagé à reconnaître cette sécession du Sud-Soudan, promettant même des relations "fraternelles" avec le nouveau pays, le 193e au monde.
Mais dans un récent discours devant un parterre de chefs d'Etat africains,
le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon s'était dit "très inquiet des défis de l'après-référendum" au Sud-Soudan.
… L’AVENIR S’ANNONCE TOUJOURS DIFFICILE
Avec l’arrivée des
returnees,
la grande pauvreté dans laquelle est plongé le pays augmentera, ainsi que
le chômage.
De plus,
ces milliers de familles devront être logées et il faudra aussi qu’elles soient acceptées par ceux qui sont restés.
Le manque d’infrastructures posera également problème ; une reconstruction coûte très cher et le pays est… très pauvre.
L’immense majorité des villages n’a ni eau ni électricité.
Se poseront aussi d'autres problèmes...
- le partage des ressources pétrolières,
- la démarcation des frontières,
- la citoyenneté,
- le choix de la devise du futur...
Eunice Smith, responsable du Programme Alimentaire Mondial (PAM) pour la région du Haut-Nil, déclare :
« Aujourd’hui au Sud-Soudan, plus de 40 % de la population est en insécurité alimentaire permanente. Référendum ou non, cette situation catastrophique va perdurer. »
Que Dieu vienne en aide à ce pays meurtri !
(Sources : Le Monde, Wikipédia, Jeuneafrique, Le point)
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