
« Ils m'ont enlevée alors que j’étais à la ferme avec mes parents. J'avais 12 ans, ils ont voulu avoir du sexe mais j'ai refusé, alors ils m'ont torturée. J'étais leur esclave, mais après deux mois, je me suis échappée et j'ai retrouvé ma famille. »
Sauver sa peau par tous les moyens
Devenir la femme attitrée d’un combattant ou devenir un combattant soi-même... telles sont les solutions possibles si l’on ne parvient pas à s’enfuir.
« …On s'est organisé en un petit groupe, et on est devenu les 'filles sauvages'. Au moins, ils ne nous violaient plus. Tu deviens comme un homme, plus personne ne te défie… Tu es respectée… Pas moyen d'être une femme si tu veux survivre… On était organisé et moi je suis devenue ensuite commandant de toute une faction, tant j'étais brave.”
Pour celles qui ont réussi à regagner leur village, la vie ne reprend pas tranquillement son cours… Il faut parfois faire face au rejet de la communauté : la fille est devenue une femme souillée.
Donner la vie est pour elles un moyen de se reconstruire, de s’accrocher à la vie.
“Je me sens mal d'avoir été abandonnée par le père de mon enfant pendant la grossesse… mais je prendrai soin de mon fils, je ne peux pas lui en vouloir, ça n'est pas de sa faute ! Je suis responsable, je tiens un petit commerce au marché, je vends des petites choses. Ça va mieux avec les gens autour de moi, car je ne fais que m'occuper de mon fils. C'est le sens de ma vie, à présent…”
Nous avons volontairement ôté les passages les plus horribles
du témoignage de ces jeunes filles...
Fallait-il les laisser ? Faut-il tout dire ? C'est délicat de communiquer tant de cruauté...
Prendre conscience de l’horreur de certaines situations et s’indigner,
faire connaitre ces crimes, n'est-ce pas déjà agir ?
Votre avis sur la question nous intéresse !
