Emilda est née dans une famille très modeste aux Philippines. Handicapée, elle ne sait ni reconnaître les lettres, les couleurs ou les chiffres. Elle ne sait ni lire, ni danser, ni mémoriser, ni se concentrer longtemps sur un sujet de conversation.
Mais Emilda sait courir.
Emilda Soriano n’est pas une adolescente philippinienne ordinaire.
Avec une médaille d’or, deux d’argent, une de bronze, elle n’est pas non plus une « déficiente mentale » comme les autres.
Courir, une passion
"Emilda était si heureuse de remporter la victoire lors des "Special Olympics" aux Philippines en mars 2009, confie son coach, Gen Mahinay.
"En fait, elle est toujours heureuse après avoir couru. Pour elle, gagner ou perdre n’a pas tellement d’importance. Peu lui importe d’être en compétition ou non. Elle aime juste courir, et s’entraîne dur pour arriver à son niveau. Un problème qu’elle avait notamment était de courir en ligne droite ; grâce à ses efforts et sa persévérance, elle est arrivée à se corriger de ce défaut."
Les parents : inquiétude et fierté
"C’était la première fois qu’elle était loin de nous, confie Vilma, sa mère, une femme de 53 ans.
Emilda a couru malgré une forte fièvre. Nous étions si anxieux pour elle, nous savions qu’elle courrait malgré sa fièvre…
Enfin, elle a gagné le 100 mètres. Nous l’avons appris par un message de son coach. Nous étions si heureux pour elle ! En même temps, nous étions si tristes de ne pas pouvoir être avec elle, de ne pas la voir gagner... Mais nous n’avions pas de quoi payer le déplacement."
L’argent, un obstacle.
Emilda a manqué plusieurs compétitions importantes à cause du manque d'argent...
Des mois avant la compétition de mars 2009, les chances d’Emilda de participer étaient très faibles.
"Nous n’avions pas l’argent pour lui offrir des chaussures, l’uniforme, les vitamines, les tests, les transports vers les lieux d’entraînements, deux fois par jour, explique Vilma.
Mon mari gagne peu, j’essaye d’augmenter ses revenus en lavant des vêtements, mais il m’est impossible de travailler chaque jour : je ne peux pas quitter ma fille des yeux. Emilda est adolescente, c’est dangereux, pour une fille de 18 ans, handicapée mentale, de vivre dans notre quartier, où des hommes ivres vagabondent dans les rues, ."
Un soutien pour Emilda
Quelques semaines avant les "Special Olympics" de Pangasinan, les parents ont appris une bonne nouvelle :
leur fille a reçu une aide financière pour pouvoir participer à la compétition à un niveau national.
Aujourd'hui, Emilda se prépare à une compétition au niveau international, en Grèce (début juillet 2011 !). Avec le soutien de son parrain, via Compassion Phillipine, partenaire du S.E.L. pour le parrainage d' enfants, elle fréquente une école d'intégration à Iloilo, où elle est une des étudiantes les plus connues.
Espoirs
A cause du manque d'argent, Reynaldo et Vilma ne verront peut-être jamais leur enfant triomphante sur les pistes.
Si elle devient effectivement la première enfant parrainée à gagner une médaille olympique, ils devront se contenter de l’entendre raconter.
"Je serais prête à tout donner pour ma fille, dit Vilma.
Maintenant qu’elle savoure la vie en tant qu’athlète, j’essaye de ne plus me faire de souci pour son avenir, de me dire qu’elle sera indépendante quand nous ne serons plus là.
Nous espérons juste qu’un jour, les compétitions auront lieu ici, à Iloilo, où nous devrons marcher seulement 4 kilomètres, pour voir notre fille courir."
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