Une urgence qui ne dit pas encore son nom...
Medair  |  4 commentaires  |  Lu 389 fois
       
 
L'équipe de réponse d'urgence de Medair découvre « des conditions incroyables » alors qu'elle répond à une épidémie rampante au Sud-Soudan.
Une épidémie

Kaluak savait qu'il était malade, très malade. Son petit garçon aussi était malade. Il a bien reconnu les symptômes et savait que, sans traitement, ils pouvaient mourir.
Une multitude de familles du Sud-Soudan souffrent du kala-azar.

C’est une maladie mortelle transmise par les mouches des sables, des parasites minuscules. Le kala-azar provoque des fièvres, une perte de poids, un gonflement de la rate, des éruptions cutanées, l'anémie, la diarrhée, la fatigue et, s'il n'est pas traité, la mort.

Mais Kaluak et sa famille habitent très loin du centre de santé d'Old Fangak. Lui et sa femme Nyaruch ont dû dépenser l’équivalent d'un mois de salaire pour louer un bateau qui les a transportés, avec leurs quatre enfants et la sœur de Nyaruch, malade elle aussi, pour un périple de trois jours sur le Nil.

Lorsqu'ils sont arrivés à Old Fangak, ils ont découvert un spectacle effrayant. Des centaines et des centaines de personnes, malades et léthargiques, y étaient assemblées. Certaines d'entre elles étaient si maigres qu'elles dépérissaient à vue d'œil.

Des familles, sans abri et sans travail attendaient dans ce petit village isolé de recevoir leur traitement quotidien. Elles dormaient à même le sol et priaient pour leur survie.

La mort était omniprésente dans ce minuscule village.

« Il est clair que nous avons ici une épidémie de kala-azar. La situation est catastrophique. » dit Jill, experte internationale du kala-azar, originaire de l'Alaska, qui travaille au Sud-Soudan depuis 21 ans avec son ONG, Sudan Medical Relief.

« La clinique ici à Old Fangak devrait normalement accueillir entre 30 et 40 patients par jour,  Mais actuellement, nous voyons entre 700 et 900 patients arriver chaque matin. Ils s'installent sous les arbres et attendent qu'on puisse les recevoir. »

« Quand je suis entrée dans cette clinique, c'était comme si je retournais 50 ou 100 ans en arrière, poursuit-elle. Et pourtant l'équipe fait un travail professionnel inouï avec le peu de ressources dont elle dispose. Le personnel travaille tard dans la nuit à la lumière de lampes de poche dans des salles délabrées et très mal éclairées. » déclare un responsable humanitaire sur place.


Un afflux de réfugiés

(Lire l'article précédent sur la situation au Sud Soudan)

À l’heure actuelle, le nord et le sud du pays se disputent la région d’Abyei.

On estime qu’au moins 30 000 personnes seraient arrivées dans le Sud, principalement dans l’État de Warrap. D‘autres réfugiés sont attendus dans les États du nord de Bahr el Ghazal et d’Unity.

La plupart des personnes ont fui dès le début des conflits, n’emportant presque rien avec eux. Les réfugiés ont de nombreux besoins.

Medair a envoyé une équipe à Wunrok, au sud de la frontière de la région d’Abyei dans l’État de Warrap, pour évaluer les besoins de santé et d’eau, d' assainissement et hygiène dans plusieurs villages de la région et  apporter son aide si nécessaire. L’équipe travaille également en collaboration avec les autres ONG déjà sur le terrain.

Comment survivre ?

Cette crise survient dans une région où beaucoup de personnes luttaient déjà avant l'épidémie ou les conflits pour subvenir aux besoins de leurs familles.

A Old Fangak, par exemple, la population croissante de patients avec peu d'argent et sans abri crée de nouveaux problèmes pour la commune.

« Il y a entre 2000 et 3000 personnes supplémentaires sans logement ici, explique le docteur Jill. Je ne sais pas quoi faire. Les latrines sont pleines ; elles n'ont été construites que l'année dernière comme latrines d'urgence.
Et les gens boivent l'eau de la rivière.
L’hôpital n’a pas été conçu pour prendre en charge des patients à plein temps.»

« Si seulement je pouvais amener ici toutes les personnes que je connais pour qu'elles voient la situation de leurs propres yeux ! Je crains que ce ne soit le seul moyen pour qu'elles prennent conscience de l’ampleur de la situation"
déclare Stella, à l'oeuvre sur place.



Tags :  Sud  soudan,  détresse,  santé,  urgence 
 

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Vos commentaires (4)

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Posté le 19 Juillet 2011 à 01h58
Hormis prier, intercéder, que puis je faire, je suis comme ces équipes : impuissant devant l'ampleur de ce désastre humain qui dure depuis déjà trop de temps. Courage à vous, si je pouvais je viendrai mais que faire sur place ?
 
Posté le 12 Juin 2011 à 15h55
Evodie et vous tous qui lisez, étudiez cette réalité pleurons et que faire d'autre pour les victimes? Notre aide est de se priver de notre temps, de notre "égo" pour agir comme on peut, et prier, prier sans cesse!
 
  Réponse de parade (Canada)
Posté le 22 Juin 2011 à 18h55
Oui, que dire ? Prions sans cesse pour ces gens à l"abandon et qui sont malades ...Mon Dieu vient à leurs secours et pourvoit à tous leurs besoins dans le nom de Jésus ..Amen..Amen..Amen!
 
Posté le 10 Juin 2011 à 23h04
Ben si j'avais les moyens je viendrai voir pour etre plus consciente et interceder dans la priere