A Ouagadougou, Kote C. et son épouse sont responsables d’un centre qui accueille des enfants vulnérables, depuis une dizaine d’années.
Certains sont en internat, d’autres viennent régulièrement passer quelques instants à la
"maison des enfants" où ils bénéficieront d’un bon repas.
Dans les premiers temps, Kote s’est concentré sur
les enfants « garibous », ceux qui mendient dans les rues pour le compte d’un marabout auquel ils ont été confiés. Puis l’œuvre s’est élargie à d’autres enfants des rues dans le besoin.
"Un enfant c’est un enfant " explique-t-il.
"On ne peut pas faire de différence entre un enfant exploité et un enfant laissé à l’abandon pour quelque raison que ce soit."
La vision de son travail, Kote nous l’explique très simplement :
"Redonner de l’espoir et de la dignité aux enfants, former des hommes et des femmes responsables pour demain. La particularité de la maison des enfants est de donner à l’enfant garibou les moyens de se transformer lui-même. Il ne s’agit pas de transformer l’enfant, mais de l’aider à se transformer lui-même. "
Cet accompagnement a lieu dans la durée, il est fait d’attention pour l’enfant.
"C’est toujours très important de savoir ce qu’un enfant pense." confie l’épouse de Kote. Celui-ci précise :
"Il est important d’encourager et de dire : tu vaux quelque chose. "
Quand nous rencontrons les enfants et les jeunes, ils nous expliquent ce qu’ils veulent faire plus tard. Les réponses sont variées et diffèrent aussi selon l’âge :
« Je veux être un docteur » ; « je voudrais faire de la gestion sociale » ; « pilote d’avion » ; « douanier » ; « homme d’affaire » ; « gendarme ou professeur » ; « pasteur » ; « policier » ; « militaire ». Une fille nous dit même qu’elle veut être présidente.
Qui sait ce que deviendront ces rêves d’enfants ?
En tout cas, Kote goûte aujourd’hui les premiers fruits de son travail : cette année, certains jeunes ont apporté à son épouse des cadeaux pour le nouvel an. Il s’agissait de « petites » choses, quelques boissons et un peu à manger, mais Kote nous dit :
« J'étais fier de boire ces Coca et ces Fanta et je les buvais doucement, parce que je ne voulais pas voir ça finir. »
« Même si on n’est pas là, on est sûr à 100% que l’enfant a de bonnes bases » affirme celui qui se considère comme « missionnaire des enfants ».
« L’Évangile est un chemin pour eux, un chemin pour reprendre leur dignité. »
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