“Il n’était pas difficile de deviner que nous étions pauvres. Il suffisait de voir le papier toilette séchant sur le fil à linge”. George Lindsey, acteur, 1935...
Si chez nous, « aller aux toilettes » est banal, cela relève du
parcours du combattant pour beaucoup d’hommes (et surtout de femmes !) des pays pauvres.
C’est aussi un problème gravissime :
2,6 milliards de personnes, soit 1/3 de la population mondiale n’a toujours pas accès à un système d’assainissement digne de ce nom, et des millions de personnes décèdent chaque année à cause de cela…
Des objectifs…
Améliorer l’assainissement, c’est une des cibles des Objectifs du Millénaire pour le Développement (O.M.D.):
«
réduire de moitié d’ici 2015 le pourcentage de la population qui n’a pas accès de façon durable à un approvisionnement en eau salubre de boisson et à des services d’assainissement de base. »
Mais en 2009, le bilan est bien triste : le nombre d' installations d’assainissement progresse trop lentement dans 74 pays !
Pourquoi est-ce si important ?
Parce qu’en déféquant n’importe où, ou dans des latrines mal adaptées, l’air et l’eau se trouvent contaminés. Les eaux usées ne sont la plupart du temps pas traitées et arrivent à travers les sols dans les cultures.
Les bactéries prolifèrent. Et ceux que les maladies dites "fécales" touchent le plus, ce sont les plus faibles comme les enfants, les personnes âgées et les malades.
Un bon assainissement a donc
un impact direct sur la santé des populations. Il permet de maîtriser de nombreuses maladies infectieuses comme la diarrhée et la dysenterie et
réduirait de 30% la mortalité infantile.
1,8 millions d’enfants meurent chaque année de déshydratation liée à la diarrhée.
Un sujet délicat à aborder
Le sujet de l’assainissement n’est pas souvent abordé par les gouvernements, il est aussi moins facilement exposé au grand public, car moins séduisant que d’autres, comme celui de l’éducation par exemple. Aucune grande mesure n’est prise à ce sujet et les investissements financiers sont par conséquent minimes.
Les communautés nécessiteuses elles-mêmes ne donnent pas la priorité à l’assainissement car elles n’ont pas toujours conscience des conséquences que produit le manque d’hygiène.
Vraiment difficile d’être une femme !
La situation des femmes doit être prise en considération. Il ne faut pas que les femmes aient à attendre la nuit pour déféquer : souvent , elles doivent se retenir toute la journée pour avoir le droit à un peu d’intimité, ou pour se protéger des viols.
Les jeunes filles ne doivent pas non plus être empêchées d’aller à l’école parce qu’elles ne disposent pas de lieux adéquats pour se changer lors des périodes de menstruation, comme c’est bien trop souvent le cas.
L'appui des hommes leur est nécessaire, mais elles doivent aussi être impliquées dans la construction et l’entretien des latrines. En effet, ce qui est confortable pour un homme ne l’est pas forcément pour une femme...
Par ailleurs les ONG prennent trop souvent en compte la couverture des systèmes d’assainissement en terme de quantité au détriment de la qualité. Pourtant, c’est bien ici que peut se jouer toute la différence.
Construire des latrines et sensibiliser
En créant des écoles ou des centres de santé, il est important de penser à les adapter avec des latrines en qualité et en nombre suffisant, avec un entretien régulier. L’absence de ces lieux est d’ailleurs la cause de l’absentéisme de nombreuses adolescentes dans les écoles.
Que dire aussi des « cases de santé » ou dispensaires non équipés où enfants diarrhéiques, hommes et femmes atteints de diverses maladies contagieuses passent des heures à attendre…
Parler de l'importance des mesures d’hygiène, comme se laver les mains par exemple, de l’importance de la construction de fosses, ou des précautions nécessaires pour vider ou entretenir ces lieux
est fondamental.
Nous avons tous les mêmes besoins : nous nourrir, boire, respirer, et… aller aux toilettes. Priver quelqu'un de l’un de ces besoins, c’est le laisser mourir...
Source :
Tear Fund
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