Ils ont moins de dix-huit ans, ce sont encore des enfants…vraiment ? Enlevés parfois très jeunes, privés de leur famille et de tout repère, ils sont entraînés à devenir des tueurs. Topo sur ces enfants qui ne « jouent » pas à la guerre mais la vivent.
Le 12 février 2009, la journée de la « Main rouge » célébrait une nouvelle fois le traité des Nations Unies contre l’utilisation d’enfants dans les conflits armés. Précédemment, 144 enfants venaient d’être relâchés dans l’est de la RDC. Un chiffre encourageant…mais l’ONU, estime encore à 300 000 le nombre d’enfants-soldats dans le monde.
Rappel : un enfant soldat, c’est quoi ?
L'expression « enfant soldat » désigne toute personne âgée de moins de dix-huit ans qui fait partie d’une force ou groupe armé, régulier ou irrégulier.
En réalité cela ne concerne pas seulement les enfants « sur le terrain » mais aussi les enfants messagers, espions, sans oublier les fillettes qu’on force à se prostituer…
L’expression est donc bien faible pour définir ce à quoi sont confrontés ces enfants.
Kidnappés parfois très jeunes, privés de leurs famille, ces enfants n’ont pas eu le temps de recevoir d’éducation.
Les valeurs qu’auraient dû leur transmettre l’école ou leur famille sont inexistantes. Difficile pour eux de se rendre compte de ce qui est « normal » ou pas.
Entraînés avec violence à devenir des « tueurs », ils ne font pas que porter des armes, ils s’en servent. Et à maintes reprises.
Pourquoi?
Pour les groupes armés, les enfants représentent un réel intérêt. Facilement dominés, ils ne sont pas payés, mangent peu, ne désertent pas –ils n’ont nul part où aller! - et peuvent aisément espionner dans le camp ennemi sans éveiller de soupçons.
Du côté des jeunes et de leurs familles,
l'extrême pauvreté peut expliquer que certains enfants se portent volontaires dans l'armée ou les groupes paramilitaires: s'engager permet de soulager sa famille d'une bouche à nourrir et d'assurer sa propre subsistance…
Des conséquences irréversibles
Souvent drogués avant de partir à l’assaut, les enfants soldats subissent les conséquences physiques de leur situation, risquant perpétuellement de mourir ou de subir des blessures graves.
Bien plus,
les horreurs qu’ils voient ou auxquelles ils participent, comme la torture des prisonniers, nuisent fortement à leur développement psychologique : troubles du comportement, des émotions, de l’apprentissage, insomnies… tel est le quotidien de ces enfants.
Pour les enfants qui ont la chance d'être libérés, comme les 144 relâchés récemment dans la province du Nord-Kivu (RDC), revivre dans un contexte normal s'avère long et difficile: longtemps désocialisés, n'ayant connu que la violence pendant plusieurs années, ils ont bien du mal à se réadapter à la vie civile.
Dans ces circonstances, les ONG jouent un rôle indéniable: il s’agit à la fois de convaincre les gouvernements et les forces armées de ne pas recruter d'enfants mais aussi d'apporter soutien et protection aux enfants sortis de leur situation d’enfant soldat.
Ainsi, des programmes de DDR (Désarmement Démobilisation Réintégration) soutenus en autre par l’ONU et l’UNICEF, ont été mis en place pour lutter contre l’enrôlement des enfants et les réintégrer dans une communauté civile et familiale, leur offrir une éducation et un environnement sûr et sain.
Violation des lois sur la protection de l’enfance
Bien évidemment, l’utilisation d’enfants dans les forces armées viole les lois régionales et internationales sur la protection de l’enfance.
Tous les 12 février depuis 2002, la « Journée de la main rouge » commémore un traité des Nations Unies interdisant le recrutement forcé ou l'utilisation d'enfants de moins de dix-huit ans dans un conflit armé. Les pays concernés sont le Sri Lanka, le Myanmar, le nord de l'Ouganda, la Colombie, l'Afghanistan, la Côte d'Ivoire, le Tchad, la République démocratique du Congo (RDC), l'Inde, l'Iraq, le Népal, les Territoires palestiniens occupés, la Somalie, le Soudan et la Thaïlande.
En 2008, suite à une conférence sur les enfants soldats, 58 états, dont certains qui enrôlent des enfants comme le Soudan, le Tchad, l’Ouganda ou encore la RDC, se sont engagés à « appliquer et respecter les principes de la lutte contre le recrutement et l’utilisation d’enfants dans les conflits armés ». Même si cet engagement n’a pas de valeur juridique contraignante, il fait avancer d’un pas la protection des enfants et encourage de nouvelles actions dans ce sens…
Prions pour que l'on n'en reste pas là. Elevons nos voix pour que ces enrôlements scandaleux cessent et que les enfants rescapés retrouvent une vie normale. Prions pour que tous les enfants du monde puissent mener une vie d'enfant.
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