Ces enfants qui ne « jouent » pas à la guerre
Rachel Stefanini  |  13 commentaires  |  Lu 1851 fois
       
 
Ils ont moins de dix-huit ans, ce sont encore des enfants…vraiment ? Enlevés parfois très jeunes, privés de leur famille et de tout repère, ils sont entraînés à devenir des tueurs. Topo sur ces enfants qui ne « jouent » pas à la guerre mais la vivent.
Le 12 février 2009, la journée de la « Main rouge » célébrait une nouvelle fois le traité des Nations Unies contre l’utilisation d’enfants dans les conflits armés. Précédemment, 144 enfants venaient d’être relâchés dans l’est de la RDC. Un chiffre encourageant…mais l’ONU, estime encore à 300 000 le nombre d’enfants-soldats dans le monde.


Rappel : un enfant soldat, c’est quoi ?

L'expression « enfant soldat » désigne toute personne âgée de moins de dix-huit ans qui fait partie d’une force ou groupe armé, régulier ou irrégulier.
En réalité cela ne concerne pas seulement les enfants « sur le terrain » mais aussi les enfants messagers, espions, sans oublier les fillettes qu’on force à se prostituer…L’expression est donc bien faible pour définir ce à quoi sont confrontés ces enfants.

Kidnappés parfois très jeunes, privés de leurs famille, ces enfants n’ont pas eu le temps de recevoir d’éducation. Les valeurs qu’auraient dû leur transmettre l’école ou leur famille sont inexistantes. Difficile pour eux de se rendre compte de ce qui est « normal » ou pas.

Entraînés avec violence à devenir des « tueurs », ils ne font pas que porter des armes, ils s’en servent. Et à maintes reprises.


Pourquoi?

Pour les groupes armés, les enfants représentent un réel intérêt. Facilement dominés, ils ne sont pas payés, mangent peu, ne désertent pas –ils n’ont nul part où aller! - et peuvent aisément espionner dans le camp ennemi sans éveiller de soupçons.

Du côté des jeunes et de leurs familles, l'extrême pauvreté peut expliquer que certains enfants se portent volontaires dans l'armée ou les groupes paramilitaires: s'engager permet de soulager sa famille d'une bouche à nourrir et d'assurer sa propre subsistance…


Des conséquences irréversibles


Souvent drogués avant de partir à l’assaut, les enfants soldats subissent les conséquences physiques de leur situation, risquant perpétuellement de mourir ou de subir des blessures graves.

Bien plus, les horreurs qu’ils voient ou auxquelles ils participent, comme la torture des prisonniers, nuisent fortement à leur développement psychologique : troubles du comportement, des émotions, de l’apprentissage, insomnies… tel est le quotidien de ces enfants.

Pour les enfants qui ont la chance d'être libérés, comme les 144 relâchés récemment dans la province du Nord-Kivu (RDC), revivre dans un contexte normal s'avère long et difficile: longtemps désocialisés, n'ayant connu que la violence pendant plusieurs années, ils ont bien du mal à se réadapter à la vie civile.

Dans ces circonstances, les ONG jouent un rôle indéniable: il s’agit à la fois de convaincre les gouvernements et les forces armées de ne pas recruter d'enfants mais aussi d'apporter soutien et protection aux enfants sortis de leur situation d’enfant soldat.

Ainsi, des programmes de DDR (Désarmement Démobilisation Réintégration) soutenus en autre par l’ONU et l’UNICEF, ont été mis en place pour lutter contre l’enrôlement des enfants et les réintégrer dans une communauté civile et familiale, leur offrir une éducation et un environnement sûr et sain.


Violation des lois sur la protection de l’enfance

Bien évidemment, l’utilisation d’enfants dans les forces armées viole les lois régionales et internationales sur la protection de l’enfance.

Tous les 12 février depuis 2002, la « Journée de la main rouge » commémore un traité des Nations Unies interdisant le recrutement forcé ou l'utilisation d'enfants de moins de dix-huit ans dans un conflit armé. Les pays concernés sont le Sri Lanka, le Myanmar, le nord de l'Ouganda, la Colombie, l'Afghanistan, la Côte d'Ivoire, le Tchad, la République démocratique du Congo (RDC), l'Inde, l'Iraq, le Népal, les Territoires palestiniens occupés, la Somalie, le Soudan et la Thaïlande.

En 2008, suite à une conférence sur les enfants soldats, 58 états, dont certains qui enrôlent des enfants comme le Soudan, le Tchad, l’Ouganda ou encore la RDC, se sont engagés à « appliquer et respecter les principes de la lutte contre le recrutement et l’utilisation d’enfants dans les conflits armés ». Même si cet engagement n’a pas de valeur juridique contraignante, il fait avancer d’un pas la protection des enfants et encourage de nouvelles actions dans ce sens…

Prions pour que l'on n'en reste pas là. Elevons nos voix pour que ces enrôlements scandaleux cessent et que les enfants rescapés retrouvent une vie normale. Prions pour que tous les enfants du monde puissent mener une vie d'enfant.

Tags :  enfant  soldat 
 

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Vos commentaires (13)

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Posté le 24 Mars 2009 à 22h56
Suite9 et fin…..« Vivre la naissance d'un enfant est notre chance la plus accessible de saisir le sens du mot miracle. Menés à terme avec fatigue, enfantés avec douleur, voler un enfant, l’arracher a sa famille, lui retirer son sourire et en faire un outil de violence serait le plus grand des crimes contre l’humanité…Lourde en est la sentence a qui le fera» Dans les déclarations des droits de l’enfant, il est dit que l’enfant doit être protégé contre toute forme de négligence, toute cruauté et d’exploitation, il ne doit pas être soumit a la traite, sous quelque forme que ce soit. Nous prions « Dieu » dans sa grande puissance pour que les textes soient appliqués, pour que les grandes organisations agissent efficacement pour que tout enfant ait au moins la chance de vivre parmi ses semblables et au sein de sa famille. Un enfant devra t’il supporter la misère, l’éloignement et le manque de chaleur d’un foyer au même temps ? Que chacun se dise : Et si c’était mon enfant ? Et si c’était moi ?
 
Posté le 24 Mars 2009 à 22h55
Suite8…..« Rien ne peut compenser une seule larme d'un seul enfant » Dans le Témoignage d'un enfant soldat Kadogo enlevé par des hommes armés, récupéré plus tard pour réinsertion et interviewé par Véronique BILAMBO montre que la violence vis-à-vis des enfants est une arme puissante, qui tranche et blesse. Du long interview je ne vous citerais qu’un seul passage. Ecoutez véronique parler à l’enfant quelques années plus tard : Véronique : Si j'étais une fée et que j'avais le pouvoir de te ramener des années en arrière, disons si c'était à refaire, où souhaiterais-tu être en ce moment ? Le Kadogo : Dans les bras de ma mère. Véronique : Et s'il te restait quelques jours à vivre, où les passerais-tu ? Le Kadogo : Avec ma mère et mes frères, s'ils sont toujours en vie. De toute façon, ma vie représente-t-elle vraiment encore une chose aujourd'hui ? Que je meurs tout de suite ou plus tard...
 
Posté le 24 Mars 2009 à 22h54
Suite7….Au cours de la dernière décennie, les guerres auraient coûté la vie à 2 millions d’enfants et en auraient mutilé 6 millions. Nombre d’entre eux ont été victimes de violences sexuelles. 23 millions d’enfants sont réfugiés ou victimes de déplacements forcés, souvent séparés de leur famille ou orphelins. 10 000 enfants sont chaque année victimes des mines anti-personnel. Au cœur de la guerre moderne, ils sont plus de 250 000 dans le monde à les vivre comme enfants soldats. Il convient de redoubler d’efforts à tous les niveaux pour protéger les enfants contre les effets de la guerre, notamment lorsqu’ils sont enlevés pour être utilisés comme combattants, esclaves sexuels ou domestiques. Il faut insister sur la nécessité de s’attaquer de manière efficace, durable et globale aux conséquences à court, moyen et long terme des conflits armés sur les enfants.
 
Posté le 24 Mars 2009 à 22h53
Suite6….. « Profiter ainsi de la naïveté des enfants et anéantir leur dignité revient à détruire l'humanité de demain ! La science va mettre sur le marché des armes de destruction massive de plus en plus accessibles. Seules l'éducation et la solidarité permettront de tarir les sources de guerriers fanatiques que la misère et le désespoir rendent disponibles." Selon l'ONU, il circule dans le monde une arme légère pour douze habitants en moyenne faisant 1300 victimes par jour. A cause de leur manque d'expérience, les enfants soldats subissent de plus graves accidents que les adultes qui les mutilent et les paralysent. Bien évidemment, leur souffrance est autant physique que psychologique. 1300 victimes par jour, oui ce chiffre est alarmant ! Mais combien y-a-t-il d'enfants vivant un véritable cauchemar, violés dans leur dignité, traumatisés à vie et rejetés par la société et leur famille parce qu'ils ont tué ? Plus de dix millions ! Les populations civiles sont les premières victimes des conflits armés contemporains.
 
Posté le 24 Mars 2009 à 22h52
Suite5…..Liberia, Mexique, Myanmar, Népal, Ouganda, Ouzbékistan, Pakistan, Papouasie, Paraguay, Nouvelle Guinée, Pérou, Philippines, République démocratique du Congo, Russie (Tchétchénie), Rwanda, Sierra Leone, Somalie, Soudan, Sri Lanka, Tadjikistan, Tchad, Timor oriental, Turquie et Yougoslavie. Enfants soldats - "Little bees" en Colombie - "Kadogos" en RDCongo - "Craps" au Rwanda - "Small-soldiers" au Liberia
 
Posté le 24 Mars 2009 à 22h52
Suite4…..« De nombreuses fois j'ai juste crié dans mon cœur parce que je n'osais pas hurler à voix haute. De nombreuses fois j’ai juste lâché une larme car je n’osais pas pleurer en sanglots. De nombreuses fois j’ai juste eu un peu de mélancolie car je n’osais pas exprimer mon chagrin d’être loin de ma famille. De nombreuses fois je chassais de mes yeux l’image de ma mère pour ne pas la voire me serrer dans ces bras comme lorsque j’étais tout petit » Les enfants soldats prolifèrent comme des champignons la où il y’a la guerre, la pauvreté, les maladies et surtout la guerre. Où sont les enfants soldats ? En Afghanistan, Algérie, Angola, Azerbaïdjan, Bangladesh, Birmanie, Burundi, Cambodge, Colombie, Congo, Erythrée, Ethiopie, Iles Salomon, Inde, Iran, Irak, Israël, Kosovo, Liban,
 
Posté le 24 Mars 2009 à 22h50
Suite3…..« L’alcool et la drogue ; la première dose crée l'euphorie mais les suivantes mènent inévitablement à la catastrophe. Prétendre résoudre un problème par ses deux créneaux c’est s'enfoncer délibérément dans une impasse » Bien entendu, l'utilisation de drogues et d'alcool est monnaie courante afin que ces enfants soient plus violents et plus inconscients. C'est ainsi qu'ils vont pouvoir exercer, entre autres, des missions suicides. Ils seront utilisés également comme main d'œuvre, terroristes, espions ou esclaves sexuels, notamment les fillettes qui sont de surcroît exposées aux maladies sexuellement transmissibles et à des grossesses non désirées. Le moindre mécontentement d'un enfant ou la moindre désobéissance de sa part lui coûtera la vie.
 
Posté le 24 Mars 2009 à 22h49
Suite2…« Si quelque chose semble devoir rabaisser l'homme au-dessous de la bête, c'est sans doute la guerre. Les lions et les tigres ne combattent que pour satisfaire leur faim ; l'homme est le seul animal qui, de gaieté de cœur et sans cause, vole à la destruction de ses semblables, et se félicite d'en avoir beaucoup exterminés » L’armée leur fera subir des rites et une discipline des plus ignobles : ils leurs apprendront tout simplement a devenir de véritables machines à tuer, les rendant insensibles à la mort et à la douleur. Et pour cela, on sème en eux la confusion entre le “bien” et le “mal” ! A la fois bourreaux et victimes, ils vont être les témoins du meurtre d'un membre de leur famille ou d'un voisin enrôlé lui aussi dans le même rang de l'armée que lui. Mais ils vont également être eux-mêmes contraints à commettre des actes criminels. Et pour les endurcir un peu plus, il arrive que ces jeunes enfants soient forcés à se badigeonner le corps avec le sang versé de leur victime et parfois même à le boire.
 
Posté le 24 Mars 2009 à 22h49
Suite1……..Certains n'ont alors que 6 ans. Parfois les enfants rejoignent volontairement les rangs de l'armée. En effet, que fait un enfant lorsque toute sa famille a été tuée et qu'il se retrouve dans la rue sans logis, sans protection, la famine au ventre? Eh bien il accepte de s'engager dans une fraction de l'armée en échange de repas quotidiens. Que fait cet enfant pauvre à qui l'on promet le paradis s'il donne sa vie en échange ? Que fait-il si on lui promet un avenir de rêve ? A-t-il la possibilité de refuser l'enrôlement alors qu'à son âge il est totalement naïf et inconscient du danger qui le menace ?
 
Posté le 24 Mars 2009 à 22h48
«Ceux qui aiment marcher en rangs sur une musique : ce ne peut être que par erreur qu'ils ont reçu un cerveau, une moelle épinière leur suffirait amplement. Les protestations contre la course aux armements, que certains physiciens affectent de signer aujourd'hui, nous éclairent au plus sur leur complexe de culpabilité, qui est bien dans tous les cas l'un des vices les plus infâmes de l'homme. La poitrine qu'on se frappe trop tard, la caution donnée aux mornes bêlements du troupeau par la même main qui arme le boucher » Faisons révérence à Desmond Tutu qui disait agréablement qu’il n'y a simplement pas d'excuse, pas d'argument acceptable pour armer des enfants. Oui ! Imaginez-vous qu’en ce début de troisième millénaire, selon Amnesty International, on compte au moins 300.000 enfants soldats dans le monde. Ce nombre ne cesse d'augmenter et la plupart du temps, des enfants kidnappés par des militaires dans les écoles, les stades, les églises ou tout simplement dans les rues.
 
Posté le 12 Mars 2009 à 10h48
il n'est pas besoin de regarder des films pour etre au courant de toutes ses horreurs , les médias nous informent assez souvent de ce grand fléau qui atteind les plus faibles .Je ne vois que la prière , Seigneur je te prie viens secourir les enfants arrache les aux mains de l'ennemie .détruit l'oeuvre de satan qui se sert d'homme non régénéré pour accomplir ses desseins. Ne tarde pas Seigneur ; fait lever des responsable pour eradiquer ce fléau dans l'humanité toute entière .vient Seigneur que ton oeuvre rédemptrice convainc, de péché de justice et de jugement toute ame qui se livre a des atrocité sur ses petits, je ne veux pas etre spectateur d'un monde a la dérive sans élevé ma voie en faveur de ses petits , l'ignorance est un fléau ,l'appat du gain honteux, les liens occultes. tout cela nous le savons ,et je me sens impuissante et mon ame pleur de mon inaction ,viens Seigneur ne tarde pas ,ai pitié de tout ses petits. Je me réjouie de ce que tu entend la prière et je mets mon espérance dans la réponse. merci Seigneur.
 
Posté le 11 Mars 2009 à 16h22
Matthieu 18.6, 7,10. Malheur à tous ces adultes qui au lieu de redevenir comme des petits enfants pour plaire au Seigneur conduisent les enfants à pratiquer des choses abominables et irréversibles qui les introduisent dans la perversité au lieu de les conduire dans la vérité car Jésus a dit : laissez venir à moi les petits enfants.
 
Posté le 11 Mars 2009 à 13h56
Sur ce sujet bien difficile il y a un film qui est sortit : Johnny Mad Dog. (Avec cependant toujours l'interrogation de l'intérêt de regarder des images aussi fortes pour un chrétien. Cependant pour quelqu'un qui travail le sujet c'est sans doute un film incontournable.) Film de Jean-Stéphane Sauvaire, avec Christopher Minie, Daisy Victoria Vandy. Durée : 1 h 33 Afrique, en ce moment même. Johnny, 15 ans, enfant-soldat aux allures de rappeur, armé jusqu'aux dents, est habité par le chien méchant qu'il veut devenir. Avec son petit commando, No Good Advice, Small Devil et Young Major, il vole, pille et abat tout ce qui croise sa route. Des adolescents abreuvés d'imageries hollywoodiennes et d'information travestie qui jouent à la guerre... Laokolé, seize ans, poussant son père infirme dans une brouette branlante, tâchant de s'inventer l'avenir radieux que sa scolarité brillante lui promettait, s'efforce de fuir sa ville livrée aux milices d'enfants soldats, avec son petit frère Fofo, 8 ans.... http://www.portail-humanitaire.org/ressources/Johnny_Mad_Dog.php