L’eau est un problème grave, l’eau tue dans certains pays en développement. Alors que les habitants des pays riches ont facilement accès à de l’eau en grande quantité (combien y a-t-il de robinets chez vous ?), là-bas, des femmes et des enfants font plusieurs kilomètres par jour pour puiser l’eau nécessaire à la vie quotidienne. Mais l’eau sale est un problème aussi grave que le manque d’eau. Que faire face à ce constat ? Exemple d’une organisation chrétienne congolaise.
Trop peu, trop loin, trop sale
On peut résumer le problème de l’eau dans les pays en développement par le slogan : « Trop peu, trop loin, trop sale. » Dans certaines régions, l’eau est une denrée rare : il y en a trop peu. Il faut marcher longtemps pour aller la chercher et la ramener chez soi : elle est trop loin.
Jonathan M. M., un pasteur engagé dans le travail de développement, attire notre attention sur la situation de la province de République démocratique du Congo où il vit. Ici, le problème est différent :
« Dans cette région l’eau est disponible. Il y a de l’eau, mais elle est impropre à la consommation. L’eau que la population consomme, c’est l’eau des ruisseaux, c’est là où les gens vont se baigner. C’est là qu’ils puisent l’eau qu’ils consomment. Cette eau est exposée aux microbes. Il y a même des enfants qui défèquent dans l’eau ; certaines infections sont laissées dans l’eau. »
Dans le monde, les gens qui meurent pour avoir bu de l’eau sale sont sûrement plus nombreux que ceux qui meurent de soif. Le pasteur Jonathan continue :
« Dans cette région, nous avons des maladies diarrhéiques, des verminoses. Ce sont des maladies qui peuvent être mortelles. »
Dans le monde, on estime que l’eau tue 4500 enfants par jour…
Comment donner accès à l’eau ?
Tout dépend bien sûr de la région et de ses ressources. Dans la région du pasteur Jonathan, l’eau est là, en abondance. Dans certains villages, il y a même plusieurs sources d’eau. Peut-on transformer l’eau sale en eau propre ?
La partie visible de l’iceberg va consister, pour le pasteur Jonathan et son association, à aménager les sources d’eau et à empêcher que l’eau ne soit souillée. Village après village (et avec une aide extérieure financée par le S.E.L.), l’eau est captée et mise à la disposition de la population locale.
« Le financement que nous recevons du S.E.L. nous permet d’acheter le ciment, de payer la main d’œuvre, c’est-à-dire les maçons qui vont construire cet ouvrage. Ça nous permet aussi de transporter les matériaux jusqu’au village. »
« Les travaux consistent à aménager les sources. Nous arrivons au village après avoir rassemblé tous les matériaux. L’ouvrage peut nous prendre 10 à 15 jours. »
« Les techniciens sont allés voir les points d’eau à aménager. Il y a des principes à suivre : voir si ces points d’eau ne tarissent pas pendant la saison sèche, s’ils peuvent être infectés facilement par l’eau de la pluie ou les déchets que la population jette… »
Avoir un financement, disposer d’une équipe professionnelle pour sélectionner les points d’eau à aménager et accomplir les travaux : tout cela est indispensable à la bonne mise en place d’une initiative comme celle que nous avons décrite.
Mais la clé de la réussite est ailleurs : il faut que la population locale s’approprie le projet.
La participation du village
Le pasteur Jonathan est formel : « Si la population ne participe pas, l’ouvrage ne sera pas pris en charge, la population ne s’occupera pas de l’entretien. »
Il ajoute :
« Dans certains villages, il n’y a pas de source d’eau potable, mais la population n’en fait pas un problème, elle trouve ça normal. » Et les maladies ? Tout le monde ne comprend pas qu’elles viennent de l’eau. Il faut donc d’abord faire tout un travail d’éducation et de sensibilisation pour que les villageois reconnaissent l’importance de l’eau propre et ne cherchent plus la solution de leurs problèmes de santé auprès de « féticheurs ».
Dans la région du pasteur Jonathan, chaque village possède un comité de développement villageois. Les projets d’aménagement de sources d’eau doivent se faire en collaboration avec ces structures. Il ne s’agit pas d’imposer une idée du dehors, mais d’amener la population à s’approprier les initiatives « humanitaires ».
L’une des meilleures manières de s’approprier un projet, c’est d’y participer activement : une partie du matériel pour l’aménagement des sources est fournie par le village. Les villageois veilleront à l’entretien de l’ouvrage une fois que celui-ci sera achevé.
L’eau et l’hygiène
Après plusieurs années de travail, le pasteur Jonathan et son organisation voient les conditions de vie des villageois s’améliorer. L’impact de leur travail en matière d’accès à l’eau et à l’hygiène se mesure notamment au nombre de maladies enregistrées.
« Nous mesurons l’impact au niveau du centre de santé, quand nous consultons les rapports. Nous faisons une comparaison en ce qui concerne par exemple les maladies diarrhéiques, les maladies d’origine hydrique… Nous comparons 2005, 2006, 2007… Les résultats sont rassurants. »
Petit à petit, l’engagement sur le terrain permet de fournir à un plus grand nombre une eau qui donne la vie.
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