Ils ont les joues gonflées, les yeux exorbités, les cheveux et sourcils aux reflets légèrement roux. Signes extérieurs de bonne santé ? Non, ce sont malheureusement les signes extérieurs de malnutrition sévère.
925 millions de personnes souffrent encore de la faim aujourd’hui. Près d’
une personne sur 6.
Parmi eux, les
principales victimes sont
les plus vulnérables : les enfants.
Nous le savons : la situation est particulièrement dramatique actuellement
en Somalie : un enfant sur trois y souffre de malnutrition aiguë dans le sud…
Hélas, ce chiffre dramatique n’est que le révélateur d’une situation qui dure et perdure dans bien des pays d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine.
Prenons l’exemple du Congo, où le phénomène de la malnutrition est en effet loin d’être enrayé.
Pourquoi ?
Esther, Christine et Jacqueline,animatrices nutritionnelles du Cepromor, partenaire du S.E.L., dans la zone de santé de Nselo, connaissent bien les signes de la sous-alimentation. Elles en connaissent aussi les causes :
- l’absence de nourriture régulière ou équilibrée parce que les mamans sont seules, délaissées et sans revenu.
- Beaucoup d’hommes ont été « déplacés », ne sont pas revenus d’une guerre (dont on ne connait ni l’origine et encore moins l’issue…)
- Certains sont morts du sida...
Quelques conséquences de la malnutrition chez les enfants
Les enfants subissent les conséquences de la malnutrition, parfois dès la naissance :
chaque année,
17 millions de bébés naissent avec un poids inférieur à la normale, victimes de la malnutrition dont a souffert leur mère.
Et la carence en iode est la cause de
18 millions d’enfant handicapés mentaux par an…
Les enfants sous-alimentés ont des difficultés à
aller au bout d’un cursus scolaire de base et la plupart ne pourront acquérir les compétences indispensables comme savoir compter, lire et écrire.
Il est problable qu’ils n’auront
pas la capacité de gagner leur vie à l’âge adulte, qu'ils continueront à souffrir de la faim et transmettront la faim à leurs enfants. C'est
un véritable cercle vicieux.
Enfin, la malnutrition est
la principale cause de décès des enfants de moins de 5 ans : chaque jour, ils sont plusieurs centaines qui meurent de faim et de maladies liées à la malnutrition.
Aider
Esther, Christine et Jacqueline savent tout cela.
Semaine après semaine, elles expliquent aux mamans comment, même avec de très maigres ressources,
varier l’alimentation des enfants, comment
intégrer des aliments qui « donnent la force et l’énergie », des aliments qui aident à la construction des petits corps de leurs enfants.
Des paroles, mais pas que…
Et comme les paroles ne nourrissent pas, elles préparent
une collation riche et équilibrée pour les enfants les plus en difficulté, les « stade 3 » comme elles disent, ceux qui nécessiteront peut-être une hospitalisation ou un suivi personnalisé à domicile avec un apport de vitamines, de fer ou d’hémoglobine
Le Mal absolu
Fedor Dostoïevski, écrivain russe, disait qu'il suffit du supplice d'un enfant innocent, pour prouver que le Mal absolu existe.
Pour tout individu, la faim est un supplice. A plus forte raison, la malnutrition des enfants n’est pas admissible,
elle est foncièrement injuste et dévastatrice pour un être qui se construit et ne demande qu’à grandir.
Pourtant, à Nselo, jeudi prochain, sous l’arbre à palabres, Esther, Christine et Jacqueline inscriront sur leurs registres, encore deux nouveaux « stade 3 ». Autant que jeudi dernier, mais sûrement moins que jeudi prochain…
Alors, que faire ?
Dans
Marc 6, nous voyons un Jésus ému de compassion à la vue d'une foule qui ressemble à des brebis sans berger. Un Jésus qui ne renvoie pas la foule qui a faim, mais qui dit à ses disciples
« Donnez-leur vous-même à manger ».
A l’instar d’Esther, Christine et Jacqueline, pratiquons la compassion du Christ. Prions et donnons sans nous décourager même si nous nous sentons impuissants face à l'immensité des besoins. Comme le dit l'apôtre Paul en Galates 6:9, « Ne nous lassons pas de faire le bien ».
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