"Béni soit l'homme qui se confie dans l'Éternel, Et dont l'Éternel est l'espérance ! Il est comme un arbre planté près des eaux, et qui étend ses racines vers le courant ; il n'aperçoit point la chaleur quand elle vient, et son feuillage reste vert ; dans l'année de la sécheresse, il n'a point de crainte, et il ne cesse de porter du fruit."
Ces paroles de l'Ancien Testament (
Jérémie 17) résonnent étrangement en cette année où la sécheresse a dramatiquement affecté les récoltes et le coût de la vie.
C'est le cas au
Kenya, pays qui dépend entièrement de l’agriculture, où le taux d'inflation est passé de
3,3% en août 2010 à 16,67% en août 2011 : une augmentation sans précédent (au quintuple !) du coût de la vie. Dans ce pays, la sécheresse prolongée a porté un coup terrible aux conditions de vie de ceux qui vivent dans les quartiers urbains informels, arides et semi-arides.
C’est dans l’un de ces quartiers que se trouve le centre chrétien de développement pour les enfants de Kamwaa situé dans la region de Mbeere, à l’est du Kenya. Cette zone semi-aride se caractérise par des
collines éparses et des
champs de buissons secs, avec un taux de précipitations annuel de 750 mm.
Les activités économiques tournant autour de l’agriculture à faible rendement et la garde de bétail ont récemment été affectées par une
sécheresse prolongée.
« Les trois dernières années ont été les pires », témoigne Kathiga, directrice du centre.
Habituellement, cette région survit grâce aux
nombreuses rivières de saison qui amènent de
l’eau des montagnes lointaines et des crues occasionnelles. La majeure partie de l’année, le lit de la rivière demeure sec. Dans le passé récent, des cultures pourtant bien connues pour résister à l’aridité n’ont
pas soutenu la sécheresse : la récolte en a été dramatiquement atteinte.
Rétrospective
En 2005, le centre s’était engagé dans une forme d’agriculture alternative en fondant
une ferme de démonstration ; il s’agissait d’a
ider les participants, parents des enfants du centre, à utiliser les ressources disponibles.
Au fil du temps, la ferme s’est transformée en une
vraie source de revenus qui leur a permis de recevoir des fonds extérieurs et des
subventions complémentaires.
Le projet a vu
une opportunité là où plusieurs n’en ont pas vue, et a tout fait pour prouver que quelque chose de bon pouvait venir de cette terre assoiffée.
Pleins de fierté d’avoir été sollicités,
des pères et des mères ont labouré la terre vierge. Ils ont obtenu la première opportunité d’apporter de l’engrais en échange d’un salaire.
La proximité d’une rivière voisine leur a donné
l’espoir que le projet soit viable.
Premier signes de vie
Un
feuillage vert qui commence à émerger au milieu des buissons épineux... De jeunes tiges de papaye qui poussent au milieu de sillons arrosés par la rivière voisine... Et en dessous, de
fines tiges qui déposent des légumes verts... Tels furent les
premiers gros signes d’espoir.
Les 20 acres de terre sont vite devenus
un refuge au milieu de ces terres partout desséchées, et une énorme source d’attraction pour tout passant.
Le projet a joui d’un assez grand succès pendant toute l’année dernière, et a procuré des fruits frais comme la papaye, la pastèque, les tomates de deux serres, et du miel des ruches suspendues parmi les branches.
Pendant la saison, les enfants inscrits ont bénéficié des produits frais, et les gens du coin ont pu acheter ceux-ci directement à la ferme.
De plus,
deux enfants atteints de malnutrition ont reçu des rations alimentaires hebdomadaires. La ferme a aidé
en fournissant les denrées nécessaires.
C’est l’apiculture qui a provoqué le plus fort engouement, ce qui a incité la ferme à produire et emballer son propre miel.
« Des gens de toute la région et au-delà viennent pour acheter le miel, sa qualité est inégalable ! Nous allons présenter une demande pour le faire vendre dans les magasins », s'enthousiasmait Kathiga.
Ralentissement
Malheureusement, le manque de pluie a ralenti les gains de l’an dernier.
« La rivière de laquelle nous dépendons pour l’irrigation s’est tarie il y a plus de deux mois. C’est la première fois que cela nous arrivait. »
La plupart des récoltes se sont asséchées sous les implacables rayons du soleil.
« Les abeilles non plus n’ont pas pu résister à la chaleur et ont migré vers d’autres ruches, ce qui a réduit notre production de miel. »
En conséquence, le projet a décidé d’introduire
la micro-irrigation et
des citernes comme réservoirs d’eau sur le terrain. Cela a permis de
réduire de moitié les dépenses de pétrole sur le générateur d’eau.
A présent, l’espoir que la rivière reprenne vie renaît. La ferme n’est pas revenue à ses jours glorieux, mais
la perspective d’une verdure luxuriante est bien là. Dans les prochains mois, une immense récolte est attendue. Récemment, le projet a même décidé de débuter la pisciculture (élevage de poissons).
L'avenir ?
Le temps demeure imprévisible, et l’espoir n’est pas donné à ceux qui s’attendent à des pluies courtes pour étancher les surfaces chaudes et poussiéreuses. De terribles jours sont attendus, mais avec des initiatives comme celles-ci, les habitants de la région
continuent de bénéficier des ressources d’une terre dont les espoirs semblaient pourtant asséchés, et tirer les leçons de ce formidable exemple qu’est le centre de développement pour enfants de Kamwaa.
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