Tiavina, je cours pour toi !
D'après des propos de Marc Brunet  |  1 commentaire  |  Lu 345 fois
       
 
« Mais qu'est-ce qu'on fait là à marcher et courir à plus de 2000 m d’altitude, dans la nuit à la poursuite d'une barrière horaire à ne pas rater ? » Voici la question que s’est posée Marc Brunet, directeur de Séphora, "La musique de la vie", au beau milieu de sa course.
Le Grand Raid est un événement majeur sur l’Ile de la Réunion. Marc, l’un des coureurs, a décidé non seulement de réaliser un rêve, mais aussi, en parrainant une petite malgache, de donner un sens à ce véritable exploit sportif.


Une épreuve


Parcourir 163 km en deux jours ne s’improvise pas. Pour Marc comme pour d’autres, cette épreuve vient couronner des mois, des années d’efforts, d’entraînement, de privations.

« Nous nous rendons sur le lieu du départ pour 18H30. De tous les côtés les raideurs arrivent avec leur équipement spécifique, et leur sac plus ou moins rempli. Après les dernières embrassades, nous sommes maintenant seuls devant notre destin.

La pression monte doucement… Et voilà, c'est l'heure du départ, prévu à 22h. Après le décompte traditionnel, c'est la ruée : 2 500 personnes doivent passer par une issue de 6 m de large. On se fait bousculer, écraser, compresser. »

Les obstacles sont nombreux, les conditions presque inhumaines : il faut tenir sans sommeil, affronter les obstacles naturels et humains, pour surtout ne pas rater les délais assignés aux différentes étapes.

« Les sentiers ici sont faits d'escaliers, de cailloux, d'énormes roches, de lave, de racines, etc. On ne peut jamais être tranquille, il faut tout le temps être sur le qui-vive pour ne pas se louper. »

Le pire : le sentier de la forêt de Belouve, un chemin normalement agréable mais que la pluie prolongée et le passage de 2000 candidats rendent infernal : « De la boue, de la boue, de la boue. A moitié sèche ou carrément liquide. Pas moyen de l'éviter. Par certains endroits, il y en a au moins 50 cm. Sans répit. Sans détour possible. Sans alternative…»

Sans alternative ?


Une alternative pour Tiavina

Non loin de là, sur l’île de Madagascar, une famille semblable à tant d’autres lutte au quotidien sur le dur chemin de la vie et de la pauvreté. Il est menuisier et cultive aussi le manioc, elle vit de petits boulots.

Le chemin de ce couple peut lui aussi être qualifié d’ « infernal » : il y a peu, leurs trois fils se sont noyés en allant se laver au lac proche de chez eux après une crue…

Il reste Tiavina, leur fille, la filleule de Marc. Âgée de cinq ans
, elle fréquente l‘école maternelle, elle aime chanter, jouer à cache-cache et à la dînette.

C’est avec grande émotion que, quelques jours après le Raid, Marc et sa femme se sont rendus à sa rencontre pour le rendez-vous prévu, but ultime de leur périple dans l’Océan Indien.

« Je ne voulais pas courir “bêtement”, simplement pour le plaisir. C’est pour cette raison que j’ai envisagé d’associer à ma course un projet humanitaire. Et le choix s’est porté sur le parrainage d’un enfant à Madagascar, parce que cette île est proche du lieu de la course. »

La rencontre avec la famille de Tiavina se fait dans la simplicité et l’authenticité. Pour Marc, l'émotion est d'autant plus forte que c'est la première fois qu'il rencontre un enfant qu'il parraine.

« Nous visitons l’école, nous rendons dans sa famille. Ils nous parlent de leurs projets agricoles...

Nous évoquons le drame qui les a touchés, et nous découvrons une mère digne et solide, qui a compté sur l’appui divin pour s’en sortir. Elle serait devenue folle sans cela, nous confie-t-elle. 

Nous expliquons aussi à la famille que l’aide financière que nous allons pouvoir apporter durant toutes ces années, nous n’en sommes que les canaux. Car ce sont des amis, des entreprises, qui se sont mobilisés pour faire les dons


« J’ai survécu »


« L'arrivée approche, j'en ai les larmes aux yeux, une grande émotion m'envahit. Je vais réussir ! Je vais recevoir le plus beau tee-shirt que j’aie jamais porté dans ma vie, avec l’inscription : "J'ai survécu", ainsi que la médaille.

Oui, j'ai survécu à la nuit, à la fatigue, à mon corps, à mes pensées, à ce qui allait mal, mais j'ai survécu. Merci mon Dieu.

Durant tous les moments de doute, je me suis remotivé en me disant que cette course, je devais la terminer. Je ne peux pas décevoir tous les amis qui pensent à moi, toute ma famille. Alors plusieurs fois je me suis répété mon objectif : je cours pour ma famille, mes amis, pour Tiavina.
C’est vrai qu’aider une fillette parmi les milliers d’enfants dont les besoins vitaux sont menacés, cela peut sembler dérisoire. Pourtant j'ai le sentiment d’avoir fait ce que me dictait mon coeur. Pour Tiavina en tous cas, notre, votre petit geste changera tout ! »


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Vos commentaires (1)

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Posté le 29 Février 2012 à 13h39
je sais qu'il très difficile de croire a cette parole qui dans l'antiquité jouer un rôle de beaucoup des septicité , mais par le nom du seigneur la parole subsiste jusqu'à présent, gloire a Dieu