Imaginez deux flacons d’eau. Dans l’un, l’eau est pure et claire, l’autre flacon est plein de sable ou de poussière…Quel flacon choisiriez-vous ?
Alors que boire l’eau et aller aux toilettes nous semble une évidence, le pasteur Jonathan, au Congo, se bat pour que des villages aient accès à l’eau potable. Parce qu’avoir accès à de l’eau propre peut être une question de vie ou de mort.
D.H.: Tout d’abord, quels sont les problèmes liés à l’eau ?
Pasteur Jonathan : La plupart des villages ne manquent pas d’eau, certes ! Le problème est la
qualité de l’eau : les gens boivent l’eau dans laquelle d'autres se sont lavés…
Quand l’école ne contient pas de toilettes, les enfants vont
faire leurs besoins dans la forêt. Puis, la poussière et la pluie aident à la
propagation des microbes. Même chose dans d’autres lieux publics comme les marchés.
Les
risques sont nombreux : microbes, vers intestinaux, ballonnements, ou peut-être même des microbes que nous ne connaissons pas…
Tout le monde est concerné, mais
les enfants sont les plus touchés. Même ceux qui mangent correctement sont
exposés aux maladies s’ils boivent de l’eau impure…Le
taux de mortalité infantile est beaucoup plus élevé dans les villages sans eau potable.
D.H. : Comment votre projet s’est-il mis en place ?
P. J. : Le programme dure depuis 1999, mais le CEPROMOR existe depuis 94. C’est une ONG née en milieu rural au sein d’une mission protestante.
Il s’agit donc d’une
initiative chrétienne qui avait (et a encore) à cœur de
concilier évangile et développement.
Après nous être occupés d’agriculture, nous avons commencé à mettre en place ces actions pour
l’hygiène des populations, en installant en construisant des
toilettes ou des citernes dans les lieux publics : écoles, marchés, centres de santé, églises…
D.H. : Qu’est-ce que l’aménagement de source d’eau change dans le quotidien des personnes ?
P. J. : Construire une source d’eau potable
change les habitudes des consommations, et les rapports de centres de santé sont très clairs :
moins de maladies, une prise de conscience de la part des populations.
Justement… quel rôle jouent les populations locales ?
P. J. : Les personnes bénéficiaires ne se contentent pas de recevoir mais
sont impliquées dans mobilisation des matériaux locaux.
Notre travail débute par une
sensibilisation. La communauté doit adhérer au projet, puis un protocole est signé, une
convention d’engagement mutuel. Alors, la population mobilise ce qu’elle peut mobiliser pour le projet.
Ainsi, on peut dire, plutôt que le CEPROMOR a construit quelque chose, que n
ous avons fait « avec » le village. Même si la population est démunie, elle ne reçoit pas passivement.
D. H. : Le S.E.L. soutient ce projet qui s’intéresse au quotidien des populations locales en conciliant évangile et développement. Avez-vous un message à faire penser aux enfants qui organisent des courses solidaires afin de récolter des fonds pour ce projet ?
P.J.: Oui, ce geste nous touche beaucoup et a
un impact réel sur le quotidien de tous ces gens qui vivent si loin de vous.
Merci pour eux !
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