Depuis plusieurs semaines, de violentes manifestations agitent l'île de Madagascar. A l'origine, la démission forcée du président Marc Ravalomana et l’arrivée au pouvoir rapide de son jeune opposant, Rajoelina. Sur place, les partenaires du S.E.L, craignent que le conflit ne se transforme en guerre civile. Apporter une aide humanitaire devient compliqué.
Des événements en cascade
Le conflit qui règne depuis plusieurs semaines rend l’île de Madagascar dangereuse : des groupes s’affrontent avec violence, les enfants n’empruntent parfois plus le chemin de l’école, devenu trop risqué. Des mouvements de grève perturbent le quotidien, des commerçants ont fermé boutique. Les denrées alimentaires se sont raréfiées et les prix ont flambé.
Pertes d’emplois et baisse des revenus touchent en priorité les classes sociales les plus basses. Se nourrir devient difficile et la misère déjà très présente sur l’île s’accentue. De plus, le passage dévastateur des cyclones Eric et Fanele n’a pas été sans aggraver la situation…
Les organismes humanitaires s’activent pour porter secours aux malgaches… Mais alors que l’aide est de plus en plus indispensable, les tensions internationales qui se créent autour de Madagascar tendent à rendre cette aide moins évidente.
Les réactions internationales
Le problème réside dans la nomination au pouvoir du très jeune maire, Andry Rajoelina, nomination qui viole la constitution et a fait réagir les communautés internationales. Les condamnations de la Communauté de Développement de l’Afrique Australe, de l’Union Africaine et de la Commission Européenne ainsi que des Etats-Unis menacent l’aide humanitaire apportée jusque là.
Une aide humanitaire avec moins de fonds
De plus, la crise financière qui sévit dans les pays les plus riches tend à réduire les montants investis dans l’aide humanitaire internationale.
« Le PAM se confronte déjà à un déficit de 13 millions de dollars » déclare Irin Krystyna Bednarska, Chef du Programme Alimentaire des Nations Unies (PAM).
Un « Plan d’Action pour les Besoins Immédiats » [une initiative de financement d’urgence] coordonnée par OCHA, est en train d’être mis sur pied par l’ensemble des agences des Nations Unies et leurs partenaires. Mais il faut également se préparer au pire, rappelle-t-elle,
et envisager tous les scénarios possibles... »
Le retour du calme est à espérer avec les prochaines élections législatives et présidentielles prévues en 2010.
En attendant, les partenaires du S.E.L. appellent à la prière pour l’apaisement des tensions et pour la sécurité de leurs centres.
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