"Une situation de crise due à la famine est un problème assez récurent au Burkina Faso", nous explique Henri G., chrétien et responsable d'une association oeuvrant notamment dans le village de Guié, :
"Tous les 3 à 5 ans, suite à la sécheresse et à une pluviométrie moins abondante ou mal répartie, les récoltes sont mauvaises."
L’année suivante, la production n’étant pas suffisante pour les paysans, il n’y a aucun surplus à vendre en ville, d’où une surenchère des produits traditionnels.
Ces dernières années, nous sommes confrontés à une situation nouvelle : le développement des cultures commerciales (ex : coton et arachides) qui entraîne une forte pression sur la population et l’environnement.
Pour remédier à cette situation, des techniques simples comme le « Zaï » permettent de sécuriser la production agricole. Cela consiste à creuser des petits trous dans la terre au pied de chaque plant afin d’obliger l’eau à rester au pied du plant lorsqu’il pleut, à s’infiltrer dans le sol, donc à permettre un enracinement assez profond. En cas de sécheresse, les racines peuvent ainsi s’alimenter plus longtemps.
Le projet d’une ferme pilote dans le village de Guié permet aujourd’hui de faire la différence en période de famine. Après 4 – 5 ans de bonne gestion d’une terre, ce qui revient à la protéger, à faire la rotation des cultures, à veiller à ce que tous les déchets liés à la culture retournent à la terre, et à ce qu’il y ait une jachère régulière du champ, on arrive à avoir une terre en bonne santé. Depuis 8 ans, on a remarqué que le plan de mil manquant d’eau pendant un mois poursuit sa croissance, et que des variétés améliorées, fournies par le service agricole permettent de meilleurs rendements.
Certes,
répandre ces techniques n’est pas chose aisée. Nous même avons dû nous former, chercher, faire des essais avant d’arriver à des résultats probants. De plus, nous travaillons avec des générations de gens assez âgés, parfois fatalistes et conservateurs des pratiques ancestrales.
Il faudra être patient, beaucoup même avant d’aboutir à une prise de conscience collective que « ça pourrait marcher mieux si on essayait avec d’autres méthodes, si on revoyait un peu notre façon de faire »… mais le résultat en vaut la peine.
Car concrètement, les paysans qui mettent en œuvre ces techniques ont davantage de céréales dans leur réserve. Ils arrivent à avoir plus d’une année de production céréalière d’avance. C'est très encourageant !"
Des techniques adaptées, un soutien financier pour démarrer : cela peut faire toute la différence !
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