Crise alimentaire : un an après, où en est-on ?
Lydia BERRON - Nathalie DOBOZY - S.E.L.  |  4 commentaires  |  Lu 1065 fois
       
 
Il y a un an, la crise alimentaire faisait la une de l'actualité un peu partout dans le monde. On estime à 973 millions le nombre de personnes ayant souffert de la faim en 2008. Qu'en est-il aujourd'hui ? Le bilan s'alourdira-t-il davantage en 2009 ?
Le juriste belge, O. De Schutter, rapporteur spécial des Nations Unies, est catégorique :
« la crise alimentaire s'aggrave. »

La quantité de nourriture est insuffisante, et même si les dernières récoltes ont été bonnes, le prix des céréales n'a pas suffisamment baissé (il reste toujours de 19% supérieur à celui de la moyenne de 2006), parfois même il a augmenté.

En outre, les récentes études de la FAO montrent que si les prix des céréales ont baissé sur les marchés, ces baisses n'ont pas été répercutées à la vente dans la plupart des pays en développement.



Témoignages de partenaires du S.E.L.

Lucien A., responsable du Ticket-Repas Anfani au Bénin, où sont accueillis des orphelins du sida, décrit ainsi la situation:" Un an après, les prix ne sont toujours pas stables.
Les vivres sont maintenant sur le marché, même s'ils coûtent toujours cher. On se souvient d'il y a seulement quelques mois où l'on pouvait acheter le maïs à 110 F CFA et même moins. Aujourd'hui, on l'achète à 250, 300 F CFA.
Les dotations de vivres du Programme Alimentaire Mondial ont repris, mais il n'y a plus de riz, et il n'y a pas de conserves (poissons/viandes). Les quantités ont diminué.
Mais c'est tellement mieux que quand on n'avait rien, il y a un an...
"

Selon Symphorienne, responsable du Ticket Repas "Le bon refuge" au Togo," la crise est encore là, mais les populations se sont habituées... et ne sont plus affolées. "
Quant aux prix," ils ne montent plus, mais ils ne sont pas révisés à la baisse, non plus. L'évolution des prix des aliments locaux dépendra de la pluviométrie... "

La même partenaire rapporte que les dons du S.E.L. ont permis d'assister certains en nourriture ou en soins, et d'accueillir des enfants malades de faim, abandonnés sur des places publiques.
Heureusement, les enfants du centre ont toujours obtenu la ration alimentaire normale ainsi que des soins réguliers…



Traiter les causes et privilégier l'investissement

Face à cette crise, les mesures prises au niveau international ont été majoritairement humanitaires et macroéconomiques, ce qui a permis une aide précieuse et immédiate aux populations en détresse.

Mais les causes structurelles n'ont pas été suffisamment traitées. Et l’emprise croissante des agro-carburants sur les terres fertiles aggrave encore la situation.

Tant que les règles du commerce international n'auront pas changé, et tant que le dérèglement climatique ne sera pas mieux maîtrisé, « tous les ingrédients de la crise resteront en place » affirme O. De Schutter.

L'investissement reste la solution à long terme :
une évidence pour beaucoup de pays africains ! Cependant, les volontés gouvernementales ne sont pas toujours à la hauteur de ce qu'il faudrait, ou peuvent même aller dans le sens opposé.



Et la crise financière mondiale n'arrange rien !

Mi 2008 à Rome, à l'issue du sommet sur la crise alimentaire, les 183 pays présents s'unissaient pour déclarer :
" Nous prenons la ferme résolution d'utiliser tous les moyens pour soulager les souffrances provoquées par l'actuelle crise (…) nous nous engageons à éliminer la faim et à assurer des aliments pour tous aujourd'hui et demain. "

Début 2009, la conférence de Madrid sur la sécurité alimentaire pour tous, laisse un goût amer. Les promesses n'ont pas pu être tenues.

Crise financière et économique aidant, les sommes prévues n'ont pas pu être réellement attribuées.
Selon Jacques Diouf, directeur général de la FAO," la contraction des prix agricoles et l'incertitude financière risquent de ralentir les investissements des agriculteurs et d'impliquer une importante réduction de la production en 2009-2010. "



Après l’urgence, la situation demeure critique


Les causes « profondes » de la faim dans le monde ne sont pas traitées.

La crise alimentaire de 2008 a affaibli des populations déjà fragilisées, et la crise financière et économique n'a fait que ralentir les investissements tant attendus pour mettre en place des solutions durables.
Le nombre des personnes qui ont faim augmente perpétuellement.

Il suffirait pourtant de réunir entre 25 et 40 milliards de dollars par an pour éradiquer la faim dans le monde... et sauver des millions de personnes.

Une utopie ? Un rêve ?

En attendant, la faim reste un combat de tous les jours là-bas.


Et il faut continuer, ici, à soutenir l'agriculture locale et familiale, pour que les chefs de famille puissent nourrir leurs enfants !


 

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Vos commentaires (4)

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Posté le 20 Octobre 2009 14:54:11 à 14h54
L'argent seul ne résoudra pas le problème, il faut aussi réformer le commerce mondial, et surtout, comme le dit la dernière phrase de l'article, soutenir l'agriculture locale et familiale. Dans les régions rurales où vivent la majorité des personnes qui souffrent de la faim, certaines mesures relativement simples (utilisation du fumier, variétés améliorées, micro-crédit, etc.) changent déjà la vie, je l'ai vu bien des fois dans mon expérience. On peut arrêter la faim, continuons la lutte, c'est l'appel de Dieu. (Esaie 58.7)
 
Posté le 26 Mai 2009 20:14:25 à 20h14
crise alimentaire,je pense que meme si les pays qui viennent en aide au pays en sous devellopement deposais toute leurs fortune au pied des nececiteux et que ceux la qui dirige ces pays soient des hommes sans coeur qui se remplissent les poches au detriment de ceux là qui sont dans le besoin et ne prennent pas conscience de l' importance de la vie des autres ce probleme se posera toujours alors au lieu de se construire des chateaux dorée apportons plutot un peu de lumiére dans le regard de ceux là assombris par la douleur et la famine et le DIEU tout puissant sera toujours louer et le destructeur toujours vaincus
 
Posté le 22 Avril 2009 14:33:20 à 14h33
Malheureusement, je crois bien que c'est une utopie en effet car les pays riches sont tellement avides d'argent, que véritablement personne ne veut investir dans un pays si il n y a pas de retour sur investissement comme du pétrole ou de l'or par exemple. J'ai vécu 2 ans en Afrique dans un pays ou les prix ne faisaient que changer chaque mois. Etant responsable d'une structure de santé, je me battais pour pouvoir augmenter les salaires afin de suivre la hausse des prix. Mais meme après une augmentation de 50% des salaires en 2007-2008, cela n'était pas suffisant car le prix du sac de riz engloutissait toutes les augmentations. Bien sur notre engagement doit etre individuel et il appartient à chacun de pouvoir faire quelque chose à son niveau pour aider dans ce sens. Mais nous devons porter notre regard sur des projets de développement durable, qui ne rendrons pas nos partenaires du Sud dépendant de leurs voisins du Nord. Dieu entent le cris de celui qui a faim. Que Dieu puisse utiliser nos vies pour aider notre prochain au près comme au loin. Et que l'on ne cesse jamais de rêver que nous faisons la différence! Un, c'est déjà beaucoup!
 
Posté le 21 Avril 2009 19:19:30 à 19h19
L'action menée par les ONG,en ce domaine est remarquable!Elle doit être maintenue,tant que la situation politique est favorable à leur travail. Mais,honnêtement,on ne doit pas tout attendre que d'elles!Les états de ces pays doivent se montrer responsables!!!Ils doivent agir avec dignité et ne pas tout le temps se reposer sur l'aide internationale, qui se fera de plus en plus rare,par ces temps de crise.