Les journalistes le savent bien: nous sommes plus réceptifs à l’information si les victimes nous ressemblent ou si l’évènement s’est déroulé près de chez nous. C’est ce que certains appellent la théorie du mort-kilomètre ("un mort à un kilomètre de chez moi me touche plus que 100 morts à 1000 kilomètres").
Bien sûr, les drames que nous voyons défiler quotidiennement sur nos écrans de télévision ne nous laissent pas de marbre. Nous exprimons parfois notre solidarité avec les victimes par la prière ou par un don à une association.
Mais d’autres jours, les images glissent sans que nous nous sentions réellement concernés. L’information va vite, trop vite ! Déjà, d’autres images attirent notre attention.
Nous avons le sentiment confus que ces drames se ressemblent tous, qu’ils concernent « les autres », ceux qui vivent dans un pays lointain, au sud de la planète.
Lorsqu’une catastrophe frappe un pays du nord de la planète, nous nous sentons plus facilement concernés.
Le récent tremblement de terre qui a fait plus de 290 victimes dans la région des Abruzzes en est une parfaite illustration. Les médias ont largement relayé l’information, presque surpris de voir des camps de réfugiés et des morts par centaines au cœur de l’Europe.
Ce drame nous marque plus durablement que, par exemple, la centaine de personnes emportées par la rupture d’un barrage dans la banlieue de Jakarta suite à des inondations à la fin du mois de mars.
Nous nous identifions facilement aux victimes italiennes : elles vivent dans un pays voisin, ont le même mode de vie que nous. En revanche, si rien dans notre histoire personnelle ne nous relie à l’Indonésie, nous oublions assez vite les sinistrés de ce pays lointain.
Le séisme qui a endeuillé l’Italie nous a choqués. Parce qu’il a fait près de 300 morts, et 40 000 sans-abris. Mais aussi parce qu’il nous rappelle que
les catastrophes humanitaires ne touchent pas seulement les pays pauvres. Malgré nos richesses, nos technologies, nous ne sommes pas à l’abri.
Quel que soit l’endroit où nous vivions, le dérèglement climatique nous rend plus que jamais dépendants les uns des autres. La pollution produite à un point du globe contribue à dégrader l’environnement mondial. Dans un pays, c’est le désert qui avance, ailleurs des inondations qui se multiplient, ou encore les sécheresses qui deviennent plus sévères.
Les pays riches se relèvent peut être plus facilement de ces crises. Ils ont plus de moyens pour indemniser les victimes et reconstruire.
Mais une chose est sûre: nous vivons tous sur la même planète.
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