En tant que chrétiens, nous sommes appelés à respecter la création ! D'autant plus que lorsque nous la polluons, nos actes peuvent avoir des conséquences dramatiques sur les plus pauvres, au sud de l'hémisphère.
Et si notre foi pouvait nous aider à nous rapprocher de cet idéal du "développement durable" ?
Pour nous aider à répondre à cette question, voici une réflexion de Frédéric Baudin, de Culture Environnement Médias :
La réalité de ce monde nous oblige à être prudents. L’eau potable manque dans de nombreuses régions du monde. Bien des ressources comme le pétrole, le gaz ou l’uranium ne sont pas inépuisables.
Malgré de réels efforts pour la réduire, la pollution franchit souvent les limites de l’intolérable. Elle franchit aussi les frontières : les problèmes sont désormais presque les mêmes à l’échelle de toute notre planète.
Il est loin d’être sûr que les énergies renouvelables puissent satisfaire la demande croissante d’énergie dans le monde…
Il semble donc de plus en plus évident que nous ne pouvons plus continuer de vivre de la même manière. Pour se rapprocher de l’idéal du développement durable, il devient impératif de
changer de modes de comportement.
Nous pouvons :
- économiser nos ressources
- protéger et mieux gérer le patrimoine naturel qui nous est confié
- penser aux générations futures mais aussi aux populations des pays du Sud qui souffrent déjà cruellement des conséquences de nos pollutions
- dénoncer l'égoïsme de notre génération.
Nous partageons cette responsabilité avec l’ensemble de nos contemporains engagés dans tous les domaines.
Un triple défi
Nous sommes placés devant un triple défi. Il s’agit pour nous de
réévaluer notre rapport au temps, à l’espace et aux ressources naturelles. Il faut y ajouter les moyens financiers et techniques, dont nous disposons souvent sans grande sagesse. A coup sûr, ce triple défi révélera aussi nos faiblesses et nos contradictions, mais il nous faut les affronter résolument !
La foi peut nous aider dans ce sens. La réconciliation avec Dieu est possible lorsque nous plaçons notre confiance en Jésus qui est mort pour en payer le prix, et qui est revenu à la vie pour nous l’offrir.
Vivre ainsi avec Dieu en le reconnaissant comme « notre Père » peut devenir pour nous une source de motivation puissante.
Cela nous aidera certainement à nous rapprocher de l’idéal du développement durable.
Vivre mieux !
Peut-on formuler meilleur souhait, malgré la crise financière ?
On ne donnera toutefois pas le même sens à ce souhait dans l’hémisphère nord, où se trouvent la plupart des pays riches (et les taux records de personnes obèses...), que dans l’hémisphère sud, en particulier en Afrique, où sont en général situés les pays pauvres (et les taux records d’adultes et d’enfants souffrant de malnutrition).
Au Nord, face au défi écologique, par exemple, nous avons trouvé une parade en trompe-l’œil : nous voulons vivre mieux sans changer notre mode de vie. Nous nous contentons le plus souvent de « mesurettes » : fermer le robinet le temps de se brosser les dents, éteindre les lampes ou les appareils électriques inutiles, etc.
Ces actes mineurs sont nécessaires, mais ils nous donnent aussi l’illusion de combattre ainsi les effets pervers du développement sur l’environnement. Nous ne voulons remettre en cause ni notre confort, ni notre rapport au temps, à l’espace et aux ressources naturelles, que nous cherchons au contraire à maîtriser ou utiliser à notre guise.
Mais à quel prix ?
Les chrétiens du Nord reçoivent parfois des leçons des mouvements non-religieux comme celui de la « simplicité volontaire ». Certes, il ne s’agit pas nécessairement pour nous de verser dans les excès de la « décroissance » mise en avant par certains adeptes de ce mouvement.
Mais les chrétiens peuvent au moins répondre aux appels de Dieu - qui retentissent souvent dans la Bible - à mener une vie sage et sobre.
Jésus nous en a donné l’exemple :
l’être humain « ne vit pas de pain seulement », et moins encore des plats trop garnis ou des objets superflus dont il se gave ou s’encombre !
Pour mieux vivre, il nous faudrait prévoir, lorsque c’est possible, de partir plus tôt à pied, en vélo ou en bus, que plus tard en voiture, pour nous rendre au travail ou à l’église. Nous pourrions décider d’aller moins loin que dans les îles tropicales pour nous reposer ou nous distraire.
Il conviendrait aussi de retrouver le sens premier du mot « économie », qui est la bonne gestion de notre « maison », individuelle et collective. Nous aurions alors le courage d’économiser, au sens fort, afin d’éviter la démesure de la
surconsommation qui est une insulte envers les plus pauvres et envers ceux qui nous suivront dans ce monde.
Nous agirions par amour pour Dieu, et donc avec un certain plaisir !
Car prendre soin de la création, dans le temps présent, n'est-ce pas aussi une façon d'aimer Dieu et notre prochain ?
Et vous, qu'en pensez-vous?
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