Slumdog le millionnaire ou la réalité des « chiens des bidonvilles » en Inde
Rachel Stefanini  |  1 commentaire  |  Lu 1568 fois
       
 
Vous n’avez pas pu passer à côté du film britannique réalisé par Danny Boyle, « Slumdog le millionnaire ». Récompensé par 4 Golden Globes et huit oscars, il a fait des millions d’entrées dans le monde. Touchant, drôle mais aussi dur car réaliste, le film est représentatif d’une Inde très disparate.
Synopsis
Une fiction proche de la réalité
Une forte croissance qui profite aux nantis
Une inégalité sans pareil
Des efforts à faire


Synopsis


« What a show ! » s’écrie le présentateur de « Qui veut gagner des millions ?» version locale. En effet, le voilà face à Jamal, jeune indien des « slums » (bidonvilles en anglais), qui répond juste à chacune des questions posées. Et plus il se rapproche du pactole, plus cela paraît louche !

La situation de Jamal, simple « chaï wallah » (serveur de thé) provoque rapidement des soupçons de la part de la chaîne de télévision qui l’accuse de tricherie, le fait arrêter et torturer.

C’est lors de son interrogatoire au commissariat de police que l’on plonge dans la vie de cet enfant des bidonvilles de Mumbaï. Car aussi incroyable que cela puisse paraître, chaque réponse aux questions est associée à un moment de sa vie : la mort de sa mère, sa vie avec son frère, son amour de jeunesse…


Une fiction proche de la réalité

Des enfants qui galopent, pieds nus, dans les rues encrassées des bidonvilles, non loin des grandes villas de luxe, ce n’est pas du cinéma !

Tiré du roman de Vikas Swarup intitulé « Les fabuleuses aventures d’un indien malchanceux qui devint milliardaire », le film présente une fable romantique sous fond de mafia, de violence, de pauvreté, de fossé entre classes sociales… révélateur de la réalité.


Une forte croissance qui profite aux nantis

L’Inde a connu une croissance économique fulgurante ces dernières années, à tel point que le pays pourrait devenir l’une des trois premières grandes économies mondiales en 2040 selon une étude de la banque Morgan Stanley (2003).

Cette promesse d’un bel avenir économique a attiré les entrepreneurs étrangers et les investissements ont afflué (plus de 8 milliards en 2004).

De nouvelles réformes ont réussi à hisser une partie de la population au rang de classe moyenne avec un pouvoir d’achat non négligeable et a enrichi les populations les plus aisées.

Ingénieurs, chercheurs et autres cadres de la high-tech vivent en vases clos dans des quartiers résidentiels luxueux, plus facilement tournés vers les derniers événements de New York ou de Londres que vers le bidonville situé en bas de chez eux.


Une inégalité sans pareil

A côtés de ces privilégiés, 21% des habitants vivent encore en dessous du seuil de pauvreté, c’est à dire avec moins d' 1 dollar par jour !

Quatre États du Nord de l’Inde (Bihar, Uttar Pradesh, Madhya Pradesh et Orissa) concentrent près de la moitié des pauvres. Les villes, surpeuplées, manquent d’installations pour l’eau potable, l’électricité, de structures médicales. Bien sûr, ce sont les plus démunis qui en pâtissent…

Le taux d’analphabétisme est très élevé et l’accès à l’école bien trop onéreux pour les plus pauvres. Difficile donc de développer un métier ou de trouver un emploi dans ce cercle vicieux.

Les enfants travaillent ou mendient
tandis que les femmes, dépendantes des hommes, sont réduites à l’obéissance et ne connaissent ni l’égalité des sexes ni le droit des enfants.


Des efforts à faire

Si l’économie a fait un bond en quelques années, les taux de santé maternelle et de mortalité des enfants de moins de cinq ans n’ont affiché qu’une amélioration très modeste et des progrès trop minimes dans la lutte contre la malnutrition.

En 2004, la mise au pouvoir inattendue du Parti du Congrès a provoqué un changement d'orientation du gouvernement vers les pauvres du monde rural.

Tout en poursuivant les réformes, le programme d'action du gouvernement de coalition, intitulé "Common Minimum Program", vise à faire en sorte que les réformes profitent aux plus défavorisés, notamment dans les zones rurales. Ce programme donne la priorité aux Objectifs du millénaire pour le développement (OMD), qui visent à réduire de moitié la proportion de la population vivant en deçà du seuil de pauvreté et d’atteindre l'éducation primaire universelle.


« Slumdog le millionnaire » offre une belle leçon de vie. Dès son plus jeune âge, Jamal affronte les pires moments de sa vie avec beaucoup de courage et ne se concentre que sur l’essentiel : le bonheur. L’histoire est belle mais ne serait pas aussi puissante si elle ne se jouait pas sur un fond aussi réaliste qui nous fait prendre conscience de la situation de millions d’indiens, parfois de manière violente. Un film bouleversant qu’il n’est pas trop tard pour visualiser puisqu’ il sort en DVD ce mois-ci.


 

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Vos commentaires (1)

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Posté le 9 Juillet 2009 13:28:26 à 13h28
Oui, le bonheur qu'on trouve dans la vie de tous les jours même, si on est dans la misère, Jamal devrait être un exemple pour nous chrétiens : cette histoire peut être prise comme une parabole, la plénitude du bonheur est dans notre coeur riche en amour pour Jésus et pour nos frères surtout les malheureux . " Voici mon commandement: Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés ", ( Jean 15,12) " Si vous m'aimez, vous garderez mes commandements..."( Jean14,15)