Triste record que celui annoncé par l’Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) ce 19 juin. Plus d’un milliard de personnes, soit près d’une sur six, souffriront, d’ici la fin de l’année, de sous-alimentation, c’est-à-dire d’un apport alimentaire insuffisant par rapport aux besoins énergétiques quotidiens.
99% de ces personnes vivent dans les pays en développement, dont 642 millions en Asie-Pacifique et 265 millions en Afrique subsaharienne.
Le franchissement d’un cap historique.
La révision à la hausse des estimations de la FAO est d’abord la résultante de la
crise économique mondiale. Celle-ci a entraîné une baisse de l’emploi et du pouvoir d’achat qui affecte directement les populations les plus défavorisées. D’autant qu’en dépit de la récente chute des cours des céréales,
les prix de ces denrées de base restent 24% plus élevés qu’en 2006. Le risque de les voir augmenter dans les dix prochaines années n’est pas négligeable, selon un rapport de la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA) publié en mai dernier.
La crise, mais pas seulement.
Les autres causes expliquant le manque aggravé de nourriture sont plus localisées, et malheureusement classiques...
En Somalie, par exemple, les affrontements et la sécheresse prolongée poussent les habitants à fuir. La plupart d’entre eux se rendent à Dadaab, au Kenya. Le
camp qui s’y trouve,
conçu pour abriter 90 000 personnes, en héberge désormais le triple, ce qui en fait, autre record déplorable, le plus grand du monde . Là-bas, les rations alimentaires se font rares face à l’accumulation de réfugiés.
La pénurie guette…
L’engagement
réaffirmé en juin 2008 par les Etats membres de la FAO à réduire de moitié le nombre d’individus souffrant de la faim d'ici 2015 semble compromis.
Il y a un an, le sommet sur la crise alimentaire avait annoncé une somme de 22 milliards pour, notamment, investir dans l'agriculture des pays en développement, seuls 10% auraient été effectivement délivrés en janvier dernier...
Le groupe des huit pays les plus industrialisés du monde (G8) qui se réunira du 8 au 10 juillet à L'Aquila, en Italie, devrait aborder le thème de la
sécurité alimentaire, notamment en Afrique.
Prions afin que des mesures concrètes et efficaces soient prises et qu’elle soient effectivement appliquées.
Des solutions existent !
Olivier de Schutter, rapporteur spécial de l’ONU sur le droit à l’alimentation, reconnaît qu’
« il faut diriger les aides et les soutiens surtout vers les exploitations paysannes et les petits producteurs ».
Autrement dit,
privilégier l’agriculture de subsistance diversifiée plutôt que celle d’exportation spécialisée. Il s’agirait, par exemple, de favoriser l’essor d’une
agriculture vivrière familiale, respectueuse des Hommes et de leur environnement.
Esaïe 58:7 :
« Partage ton pain avec celui qui a faim, Et fais entrer dans ta maison les malheureux sans asile ; Si tu vois un homme nu, couvre-le, Et ne te détourne pas de ton semblable ».
Sources: L’Express, Le Monde
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