Réunis à l'Aquila (Italie), le 8 juillet, les membres du G8* se sont engagés à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre de 80 % d'ici à 2050, afin de limiter à 2°C l’augmentation de la température moyenne de la planète. Quelles retombées aurait cette promesse pour les régions les plus démunies si elle était effectivement appliquée ?
Quand injustice climatique rime avec injustice socio-économique.
Responsables de 62% des gaz à effet de serre émis durant le XXe siècle, les Etats du G8 n’en sont pourtant pas les principales victimes
. Les pays pauvres, dont la pollution est bien moindre, sont nettement plus vulnérables à cause de leurs faibles capacités de réaction et d’adaptation aux désordres naturels.
D’autant que les aliments cultivés dans les régions tropicales sont particulièrement sensibles aux
variations de températures...
Ainsi, la production ougandaise de café, qui fait vivre près de 5 millions de personnes, se trouve désormais en sursis. L’amplification des périodes de sécheresse et du risque d’inondation menace également le célèbre riz thaï.
Certes, les conséquences sur l’économie nationale seraient modestes, mais combien d’individus se retrouveraient avec le ventre vide ?
Un engagement au potentiel déjà certain
La mise en œuvre de l’engagement du G8 atténuerait considérablement les effets négatifs des variations climatiques. Par rapport aux projections du GIEC* , basées sur une élévation de la température d’au moins 3°C en l’absence de politique de lutte contre le réchauffement, cela permettrait :
• de
sauvegarder les glaciers de l’Himalaya qui abreuvent des millions de Chinois et d’Indiens,
• d’
empêcher la disparition de la mousson, du Gulf Stream et de la forêt amazonienne, essentiels pour la planète,
• de
limiter la disparition des espèces à moins de 20 % au lieu de 50 %,
• d’
épargner à l’Afrique une diminution de ses ressources en eau et de ses récoltes de plus d’un tiers.
Un engagement à l’application encore indéterminée
La déclaration du G8 est ambitieuse, mais demeure
imparfaite. Faute d’objectif intermédiaire d'ici à 2020 et de soutien financier chiffré de la part des grandes puissances, les pays émergents ont refusé de réduire de moitié les émissions mondiales d'ici à 2050, alors qu’ils deviendront bientôt les principaux émetteurs de CO2.
Leur opposition tient compte aussi des
multiples annonces faites ces dernières années et rarement mises à exécution. La prochaine Conférences des Nations Unies sur le climat, en décembre, permettra d’en vérifier l’exactitude.
En revanche, il sera
plus difficile de mesurer l’impact de l’autre décision importante prise à l’Aquila : celle de mobiliser 20 milliards de dollars sur 3 ans pour
développer l’agriculture dans les pays du Sud.
Dieu avait mis l’homme dans le Jardin d’Eden pour le
cultiver et le garder (Genèse 2:15) :
une responsabilité biblique "entendue" par les représentants des pays membres du G8 ?
*G8 : Groupe informel de discussion entre les huit pays les plus industrialisés : États-Unis, Japon, Allemagne, France, Royaume-Uni, Italie, Canada et Russie.
*GIEC : Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat.
Sources : Le Monde, L’Express, Rapports du GIEC.
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