Thaïlande, Cambodge, Philippines, Madagascar, Malaisie, Colombie, République Dominicaine, Costa Rica.... Autant de pays qui évoquent dépaysement et exotisme...
Autant de pays qui sont le théâtre du tourisme sexuel.
Ce fléau du XXI siècle, aux chiffres alarmants inquiète les autorités et les professionnels du tourisme.
Pourquoi et comment des vacanciers s'adonnent-ils à ces pratiques en dehors de leurs frontières ? Pourquoi les pays pauvres sont-ils les plus touchés par cette déviance, et quelles sont les solutions avancées et les actions menées pour éradiquer cette forme abjecte de tourisme ?
Les touristes sexuels
Pauvreté et tourisme sexuel : un lien de cause à effet
Des réseaux bien organisés, des « rabatteurs » d’enfants
Information, éducation, sensibilisation, prise de conscience collective : des solutions sur le terrain
Les professionnels du tourisme se mobilisent mais…
Les touristes sexuels
Le tourisme sexuel est classé 3ème commerce illégal après la drogue et les armes. C'est dire l'ampleur de ce fléau au niveau international.
Le tourisme sexuel, c'est le déplacement de vacanciers provenant des pays riches vers les régions les plus pauvres du monde, lesquels vacanciers usent de leurs moyens financiers pour exercer une domination sexuelle sur les autochtones.
Parmi les coupables, on distingue
3 comportements différents :
– le touriste qui se tourne vers des agences qui proposent ouvertement des circuits de découverte des pratiques sexuelles, ou qui fait la demande expresse d'avoir sur place une « girl friend » soumise et disponible.
– Le touriste qui voyage seul et qui choisit son pays de destination selon l'offre sexuelle connue.
– Le touriste dit « opportuniste » celui qui va céder à l'offre une fois sur place, alors que ce n'était pas son intention première.
Tous profitent et abusent de la faiblesse morale et financière de leurs victimes. Tous pourtant ne mesurent pas les dégâts incommensurables qu'ils provoquent, ni de quelles atrocités ils se rendent complices. Certains même arrivent à se déculpabiliser en pensant que ce sont les coutumes du pays qui rendent la sexualité plus permissive, ou que l'argent donné en échange va permettre à leur partenaire d'un instant, de survivre pendant une semaine.
Alors que dans leur pays d'origine, leur morale leur interdit un tel comportement, dans le pays visité toutes les barrières sont levées.
En franchissant les frontières, ils franchissent les limites.
Pauvreté et tourisme sexuel : un lien de cause à effet
Les pays pauvres sont majoritairement touchés par le tourisme sexuel et ce pour plusieurs raisons.
Tout d'abord quand on parle de pauvreté, il ne s'agit pas seulement d'une insuffisance de revenus, mais bien d'un phénomène complexe réunissant bien sûr l'absence d'argent mais aussi le chômage, la maladie, l'analphabétisme, le manque d'éducation, et bien d'autres encore qui en découlent, comme la faiblesse morale et le sentiment d'abandon.
Et pourtant, le tourisme dans sa forme la plus noble, est un instrument puissant pour lutter contre la pauvreté. Il crée des emplois sur place, il génère énormément d'argent, il valorise le pays aux yeux du reste du monde. Mais sa forme déviante enfonce un peu plus les habitants dans la misère... Car c'est bien la misère qui, en premier lieu, amène des milliers de jeunes gens dans la prostitution.
Sans argent et sans avenir professionnel, spectateurs de ce va et vient de touristes venus dépenser leur argent, des femmes et des hommes franchissent le pas de la prostitution, inconscients de l’engrenage dans lequel ils s’engouffrent, endossant le statut de victime à tout jamais.
Mais contrairement à ce que pensent les touristes s'adonnant à cette perversion,
cette forme de prostitution individuelle, est très rare.
Des réseaux bien organisés, des « rabatteurs » d’enfants
L'exploitation sexuelle des enfants et des jeunes gens, rapporte des millions de dollars et est soutenue par des réseaux très organisés, invisibles et difficilement contrôlables.
Des rabatteurs viennent chercher des enfants dans les coins les plus reculés du pays, en promettant à leurs familles, tels des sauveurs, de les éduquer, de leur donner un travail.
Alors déracinés les enfants ou adolescents sont isolés, battus, violés, rendus accrocs à la drogue... Et ce n'est qu'une fois détruist physiquement, psychiquement et totalement soumis qu'ils sont jetés en pâture aux touristes.
Avec l'idée que l'argent est le pouvoir suprême, la pauvreté se trouve donc être l'élément fondamental sur lequel s'appuient les réseaux de proxénètes et dont les touristes profitent. Espérons que ce ne soit plus pour longtemps.
Information, éducation, sensibilisation, prise de conscience collective : des solutions sur le terrain
Le combat contre ce commerce abominable commence à prendre forme :
- Au niveau législatif : 30 pays ont adopté en 1994 les lois pénales d'extraterritorialité qui permettent de poursuivre les auteurs des abus sexuels jusque dans leur pays et par le système judiciaire de leur propre pays.
- Au niveau associatif : de nombreuses associations locales relayent le travail de l'UNICEF qui sauve les enfants de leur proxénète, leur donnent un foyer, une éducation scolaire, un accès aux soins, afin de leur assurer à terme un autre moyen de survie qui ne passe pas par la prostitution forcée.
- Au niveau de la répression : Interpol, en charge du dossier épineux, édicte des recommandations que chaque pays reprend à son compte, et assure des formations
aux policiers locaux. Malheureusement ceux-ci, très faiblement payés, sont fortement enclins à accepter les bakchichs et fermer les yeux.
Au niveau de l'information : l'industrie du voyage se mobilise sous la houlette de l'OMT (Organisation Mondiale du Tourisme) à tous les niveaux de la chaîne touristique.
Les professionnels du tourisme se mobilisent mais…
Les tours opérateurs et agences de voyage s'engagent à ne pas travailler avec des établissements où se pratique la prostitution. Ils déposent dans les dossiers de leurs clients des dépliants informatifs sur l'horreur du tourisme sexuel.
Air France diffuse à bord de ses avions des spots volontairement choquants sur les abus sexuesl sur mineurs. Et de nombreuses associations distribuent des étiquettes à apposer sur les bagages, etiquettes affichant le soutien à la lutte contre le tourisme sexuel.
Malgré toutes ces actions, le tourisme sexuel n'affiche pas pour l'instant des chiffres en baisse.
Il faut en effet lutter contre la loi cruelle et implacable du commerce : car l'offre crée la demande, et la demande crée l'offre.
Seule une prise de conscience collective et individuelle pourrait endiguer le problème.
Vous qui partez à l'étranger cet été, apposez l'étiquette sur vos bagages !
Combattre le tourisme sexuel est fondamental. Il faut préserver les relations humaines et sexuelles dans la dignité, le respect de l'être humain.
Telle est la volonté de notre Dieu Créateur.
Sources : rapport d'ECPAT, UNICEF, Site de l'OMT, Guide du routard.
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