En Ouganda, des enfants sont retrouvés assassinés, décapités, tués de sang froid. Pourquoi ? Pour des sacrifices rituels visant à obtenir les faveurs des dieux, des esprits malveillants ou des ancêtres. Qui commet de telles atrocités ? Pourquoi les enfants sont-ils plus particulièrement touchés ?
Et surtout, comment mettre fin à ces pratiques monstrueuses ?
L'article que vous allez lire relate des faits cruels pouvant heurter la sensibilité.
Les faits
Nilly Nsoryiwa, un bébé d'un an, est porté disparu. Un mois plus tard, sa dépouille a été retrouvée, son petit corps découpé en morceaux.
Joseph Kusirye, 12 ans, a été assassiné, les parties de son corps ont été enterrées sous les fondations d'une maison.
Isaac Kyanakyayesu, un bébé de 6 mois qui faisait pourtant le bonheur d'une famille de 13 enfants, a été retrouvé, décapité par son propre père.
Ce ne sont que trois exemples parmi les centaines qui défrayent la chronique.
Le sacrifice d'enfants... Un rituel religieux en pleine recrudescence.
Ce sont des sorciers qui sont les commanditaires de ces atrocités. Jouant sur la pauvreté, la faiblesse d'esprit ou le besoin d'espoir des gens, ils réussissent à convaincre leurs clients de faire l'inimaginable : kidnapper des enfants - parfois leur propre enfant - les assassiner, les décapiter ou les démembrer.
Le sacrifice serait un mode de communication entre les hommes et les dieux, un échange entre les hommes qui font leurs offrandes et les dieux qui les reçoivent.
Grâce à ces enfants sacrifiés en offrande, les dieux accorderaient de multiples bienfaits comme
un avenir meilleur, des richesses, une guérison ou une réussite dans un projet, selon les besoins énoncés.
Les corps de ces enfants sont parfois
mélangés à des herbes pour en faire une potion, parfois ils sont
disposés sur les lieux d'une construction, ou parfois ils sont juste
abandonnés dans des marais ou enterrés à proximité des lieux où pratiquent les sorciers.
La police consacre tous ses efforts à cette cause, car le nombre des enfants sacrifiés augmente de façon inquiétante. Actuellement, on estime que
presque chaque semaine, un nouvel enfant disparaît, victime de ces actes de sorcellerie.
Pourquoi les enfants sont-ils les plus touchés ?
Les enfants entre 1 et 12 ans sont plus particulièrement la cible de ces sorciers tueurs d'enfants.
Il y a au moins 2 raisons à cela :
–
Les enfants sont jugés purs et innocents par essence. Ils seraient donc des sacrifices plus efficaces et préférés des dieux.
– Les enfants sont
des proies plus faciles. Moins grands, plus légers, plus naïfs aussi, ils tombent plus rapidement dans les pièges qui leurs sont tendus.
Pourquoi ce phénomène est-il en hausse ?
Alors que 108 cas ont été recensés en 2007, ce chiffre a explosé en 2008 pour atteindre celui de 318.
Là aussi, plusieurs raisons peuvent expliquer cette recrudescence.
–
La pauvreté a toujours été une des raisons qui poussent les gens à consulter des sorciers, qui prétendent leur assurer une issue inespérée à leurs problèmes via le sacrifice d'un enfant.
Mais tous les pauvres ne s'adonnent pas au sacrifice d'enfants, et ce type de comportement reste malgré tout marginal dans un contexte ou la pauvreté touche la majorité des habitants d'Ouganda.
–
Les guérisseurs traditionnels et herboristes bénéficient d'une popularité récente : les Ougandais ont appris que certains officiels ont eu recours à des herboristes ou guérisseurs traditionnels. Ce qui a contribué à améliorer leur popularité.
Il faut savoir que les sorciers pratiquent forcement sous le titre de guérisseurs traditionnels ou encore d'herboristes, mais tous les guérisseurs traditionnels ou herboristes ne sont pas des sorciers.
En outre, ils sont dorénavant
bien organisés : ils utilisent la publicité via la radio, les journaux, parfois ils posent même des banderoles près de leur officine pour vanter les mérites de leurs services et appâter de nouveaux clients.
La pauvreté, la multiplication des sorciers, les moyens de communications utilisés ou encore la visite de la reine, sont des raisons bien insatisfaisantes face à l'horreur de ces actes qui restent incompréhensibles pour nous. C'est pourquoi il faut bien comprendre que
ceux qui pratiquent la sorcellerie sont profondément convaincus de la puissance de l'acte, et le sacrifice d'enfants a pour eux, avant tout une portée spirituelle.
Quelles sont les solutions proposées ?
Pour mettre un terme au sacrifice d'enfant, plusieurs solutions sont évoquées :
–
Renforcer la législation en Ouganda. Effectivement, il existe déjà une loi contre les sorciers qui encourent une peine allant jusqu'à 5 ans d'emprisonnement pour un exercice de la sorcellerie, et une peine d'emprisonnement à vie pour ceux d'entre eux qui attenteraient à la vie d'autrui via la sorcellerie.
Mais
cette loi n'est que très peu connue et donc quasiment jamais utilisée dans les tribunaux d'Ouganda. En outre, le gouvernement ougandais a ratifié la Convention des Nations Unies relative aux droits de l'enfant en 1990. Mais le sacrifice d'enfants n'est mentionné nulle part dans les textes de loi.
Un renforcement de cette loi et une mise en application surveillée serait un moyen de limiter l'action de ces sorciers et ainsi de protéger les enfants.
– Mettre en place un mécanisme qui permettrait de
distinguer les véritables herboristes et guérisseurs traditionnels des sorciers qui pratiquent le sacrifice d'enfants, suivi d'une
surveillance accrue de leur activité.
–
Informer, prévenir, multiplier les campagnes de sensibilisation dans les écoles, dans les institutions religieuses, à travers les médias, par des réunions d'informations, des séminaires, des spots publicitaires à caractère informatif afin d'alerter du danger de mort réel qui plane sur les enfants.
La prière
Dans un pays profondément religieux, prévenir, sensibiliser, légiférer, ou contrôler ne suffiront pas à faire le poids face aux croyances ancestrales ancrées dans leur culture et à abolir définitivement le rituel de sacrifice d'enfants.
Et c'est à ce niveau que chacun d'entre nous peut aider.
Prions pour que les habitants de ce pays retrouvent espérance en un avenir meilleur en s'appuyant sur le seul Dieu qui pourra les sauver. Prions pour le Dieu vivant, notre Seigneur se révèle à eux. Prions pour que ces atrocités cessent.
Sources : Ugee !Uganda on line ; The Independant, Afrik.com, site de l'ONU, Compassion.
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