Quand on m'a annoncé que notre voyage de noces à Cuba - dont je voulais faire une surprise à mon mari - était annulé pour cause de surbooking, j'ai été très triste et très en colère envers Dieu ! Après tout, ce voyage, prévu à peine un mois plus tard, m'aurait permis d'apporter du matériel à un groupe d'évangélisation que je connaissais bien !
Et quand on m'a proposé d'aller à la place en République Dominicaine, j'ai fait une moue dubitative... jusqu'à ce que je réalise que ce serait l'occasion rêvée de rencontrer enfin mon filleul !
Et puis, le matériel en question, destiné aux enfants cubains, pouvait tout aussi bien servir au centre d'accueil de mon filleul, finalement...
Un mois pour organiser cette rencontre a été très juste, mais possible, grâce à Dieu !
Dépaysement
Notre visite a été épique ! Notre hôtel se trouvait à Samana dans le nord est de l’île, tandis que mon filleul habitait à Saint Domingue (dans le sud est de l’île). Il a fallu parcourir 220 kilomètres sur des routes...disons....assez chaotiques ! Le tout nous a pris environ 4 heures.
A Saint-Domingue, nous nous sommes sentis très loin de l’ambiance aseptisée de notre luxueux hôtel et nous avons très vite été confrontés à la pauvreté de certains quartiers de Saint Domingue.
Pour la petite histoire, le guide touristique qui avait en charge notre groupe tout au long de la semaine a tenu à venir avec nous de peur qu’il ne nous arrive quelque chose. Ce voyage l’a beaucoup marqué parce que c’était la première fois qu’il voyait des touristes quitter l’hôtel pour un tel motif.
Une découverte riche en surprises...
Enfin, nous avons découvert le centre ainsi que tous les bénévoles qui y travaillent. L’endroit n’était pas luxueux mais bien aménagé pour que les enfants puissent manger, travailler et s’amuser.
L’ambiance de cette visite m’a beaucoup rappelé Cuba où malgré une certaine misère, les parents essaient dans la mesure du possible de transmettre la dignité à leurs enfants: les petites filles étaient coiffées avec soin et habillées simplement, mais le plus correctement possible.
A la fin de la visite, j'ai réalisé que mon filleul était avec tous les enfants et nous suivait depuis le début. Le parrainant depuis près de 8 ans, je ne m’attendais pas à le voir plus grand que moi du haut de ses 16 ans et ce malgré les photos qu’il m’avait fidèlement envoyées !
... et surtout en émotions
J'ai été très émue en le voyant : étant d’origine guadeloupéenne, je me suis dit qu’il aurait pu s’agir d’un de mes cousins, mais que les différents statuts obtenus par les anciennes colonies à la fin de la décolonisation faisaient qu’un petit guadeloupéen pouvait étudier facilement, tandis que pour un petit dominicain ou encore un petit haïtien, cela relevait souvent du parcours du combattant.
Quelle émotion aussi de rencontrer le père de Fernando, de recevoir ses remerciements pour notre soutien et de constater à quel point l'argent investi portait de fruits: au niveau matériel, psychologique (car il décharge d'un gros poids les familles), mais aussi spirituel, car il prouve que nous faisons partie d’une même famille.
Quelle émotion et quelle fierté en voyant les photos du baptême de Fernando, et aussi en constatant ses brillants résultats scolaires !
Enfin, quelle joie pour son père en apprenant que nous étions prêts à augmenter notre soutien afin que Fernando puisse réaliser son projet professionnel: devenir ingénieur !
Retour
Toutes les bonnes choses ayant une fin, il a fallu rentrer à Samana, une longue route nous attendait. Nous gardons, et garderons toujours un merveilleux souvenir de ce moment unique et de ce voyage de noces hors du commun !
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