Dès les premiers temps de l’Église, les chrétiens ont vécu intensément l’amour fraternel. Cet amour se traduisait en particulier par l’aide envers les frères et sœurs pauvres dont le Nouveau Testament donne de nombreux exemples.
Et les autres ? Et ceux qui ne sont pas chrétiens ?
Quelle place devons-nous leur accorder dans nos préoccupations ? Ne faut-il les voir que comme des âmes à sauver ? Ou devrions-nous aussi nous occuper de leur apporter du secours ? Que dit la Bible ?
Nos frères et sœurs dans la foi ont une importance très particulière…
Reconnaissons d’abord l’importance de la relation qui nous lie à nos frères et sœurs dans la foi.
- L’Église est un peuple dont les membres sont frères et sœurs. Il ne s’agit pas là d’une simple formule ou d’une belle image. La relation qui nous lie les uns aux autres est une réalité surnaturelle et durera pour l’éternité.
- L’importance de cette relation est telle que Jésus dit :
« Je vous donne un commandement nouveau : Aimez-vous les uns les autres ; comme je vous ai aimés, vous aussi, aimez-vous les uns les autres. » (
Jean 13.34)
En un sens, cette parole demande la même chose que le commandement de l’Ancien Testament :
« Tu aimeras ton prochain comme toi-même. » Mais le lien de frères et sœurs en Christ est une telle nouveauté, et l’amour manifesté à la croix dépasse tellement tout ce que Dieu avait fait jusque-là que l’amour pour nos frères et sœurs est comme une application inédite de l’amour du prochain. C’est donc un commandement « nouveau ».
- Par conséquent, la situation de nos frères et sœurs pauvres (à commencer par ceux de notre Église locale) aura naturellement une importance toute particulière à nos yeux.
… l’aide envers les pauvres est un devoir d’humanité
Cela ne doit cependant pas nous détourner de nous soucier des « autres ». En effet, l’aide envers les pauvres est fondamentalement un devoir d’humanité.
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« Qui opprime l’indigent déshonore celui qui l’a fait ; mais qui a pitié du pauvre lui rend grâce. » (
Proverbes 14.31)
Tout être humain est image de Dieu. La Bible nous enseigne une certaine manière de considérer l’humanité. Mon prochain est mon semblable et celui qui est proche de moi, ma propre chair (
Ésaïe 58.7). Il me renvoie aussi à Dieu qui nous a créés tous les deux. Je ne peux pas me désintéresser du sort de mon prochain pauvre.
- En devenant chrétiens, nous ne cessons pas d’être humains. Nous ne sommes pas transportés dans une réalité spirituelle qui nous couperait de ceux qui ne sont pas chrétiens ou de la société dans laquelle nous vivons.
- Quand il est question d’aimer ou de faire du bien, on ne peut pas faire des classifications trop strictes : bien sûr, il y a une certaine priorité accordée à ceux auxquels Dieu nous a particulièrement liés, mais souvenons-nous de la question :
« Qui est mon prochain ? » et de la réponse de la parabole du Bon Samaritain (
Luc 10.25-37). D’ailleurs celui qui n’est pas mon frère en la foi aujourd’hui le sera peut-être demain…
Un témoignage rendu à notre Dieu
- Dieu lui-même nous montre l’exemple : il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et il fait pleuvoir sur les justes et sur les injustes (
Matthieu 5.45). Il est bon envers tous et en agissant ainsi, il prépare la prédication de l’Évangile. Celle-ci n’a lieu que dans le contexte de la bonté de Dieu envers sa création (voir
Actes 14.15-17)
- En pratiquant le bien envers tous et en nous souciant des pauvres au-delà de la seule communauté chrétienne, nous rendons témoignage au Dieu qui n’a pas abandonné sa création… et qui a un plan de salut pour l’humanité. Ce faisant nous préparons et accompagnons l’annonce de l’Évangile.
Les frères et sœurs… et les autres : comment fait-on en pratique ?
En pratique, nous avons tous des moyens limités : en temps, en argent, en ressources de toutes sortes. Comment répartir nos efforts ?
- Il n’y a pas de réponse toute faite valable pour tous les chrétiens et pour toutes les Églises. Certains chrétiens se consacreront davantage que d’autres à une action au sein de la société ; d’autres seront plus impliqués à l’intérieur de l’Église ; d’autres encore devront accorder une place prépondérante à tel membre de leur famille ou à tel autre prochain qui a une place particulière pour eux.
- Les chrétiens, lorsqu’ils se rassemblent, devraient se concentrer sur l’étude de la Parole, la communion fraternelle (qui inclut l’aide pour les frères), la Sainte Cène et les prières (cf.
Actes 2.42). Mais nous ne devons pas toujours rester « entre nous ». Quand nos rassemblements sont finis, nous sommes envoyés dans le monde pour faire le bien (annoncer la Parole et faire des œuvres bonnes). Nous devrions nous aimer les uns les autres et laisser cet amour déborder à l’extérieur de nos communautés (cf.
1 Thessaloniciens 3.12). Et les pauvres qui ne sont pas chrétiens devraient en profiter.
- Au fond, nous sommes placés entre deux tentations auxquelles il faut résister : celle de sortir du monde pour vivre entre nous et ne nous occuper que de nous (et aussi pour appeler les autres à nous rejoindre) ; celle de nous sentir trop à l’aise dans le monde, d’y être tellement chez nous que nous nous préoccupons d’abord et avant tout de la vie présente.
Aider les frères en la foi ? Et les autres ? Le vrai défi est de vivre pleinement les relations dans lesquelles Dieu me place. Avec les liens fraternels et les liens d’humanité que Dieu lui-même a créés.
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