L’extrême pauvreté aujourd’hui, une réalité trop présente
Rachel Stéfanini  |  8 commentaires  |  Lu 2728 fois
       
 
Nous sommes en 2009. Alors que le nombre de riches augmente, que les prouesses techniques ne cessent d’étonner, que des milliards sont investis chaque année dans la recherche médicale, des millions de personnes dans le monde meurent encore de faim, n’ont toujours pas accès à l’eau potable et meurent de maladies bénignes… Pourtant des solutions existent.
L’extrême pauvreté, c’est quoi ?

Pourquoi une telle inégalité ?

Un véritable engrenage

Le monde se bouge


L’extrême pauvreté, c’est quoi ?

« Une privation durable ou chronique des ressources, des possibilités, des choix, de la sécurité et de la force nécessaires pour jouir d’un niveau de vie suffisant et des droits civils culturels, économiques, politiques et sociaux. » (définition du Comité pour les droits économiques, sociaux et culturels des Nations Unies - 2001.)

et concrètement, c'est :

- plus d’un milliard de personnes qui vivent avec moins d’un dollar par jour,
- près d'un milliard de personnes qui n’ont pas assez à manger pour satisfaire leurs besoins quotidiens,
- 448 millions d’enfants qui souffrent d’insuffisance pondérale,
- plus d’un milliard de personnes qui n'ont pas accès à l’eau potable,
- 30 000 enfants de moins de 5 ans qui meurent chaque jour de maladies qui auraient pu être évitées,
- plus d’un enfant sur dix qui n’atteindra pas l’âge de 5 ans dans les pays en développement (PED).


Ces quelques chiffres sont effrayants, ils sont pourtant une réalité et sont encore plus révoltants lorsque l'on sait qu'il est possible de surmonter la pauvreté et la faim. Aujourd’hui il est possible de produire de quoi nourrir la planète entière. Aujourd'hui, circulent suffisamment de richesses pour sortir les pays en développement de la misère.


Santé, éducation, chômage, droits... la pauvreté touche plusieurs aspects de la vie d’un individu.


La pauvreté, ce n’est pas seulement le manque de nourriture, c’est aussi le manque d’accès aux soins, à l’hygiène, à l’éducation, à tous les droits civiques et humains, manque qui engendre notamment l’exclusion sociale.

Par manque d’information et de médicaments, la santé des populations en développement est désastreuse. Aujourd’hui, 39 millions de personnes vivent avec le virus du SIDA, sans parler d’autres maladies qui touchent en priorité les enfants. Aggravés par des conditions sanitaires déplorables, des virus aux conséquences à priori bénignes, tels que la diarrhée, menacent la vie des plus faibles.
Le mauvais état de santé général réduit la capacité à travailler des adultes et engendre de fréquentes pertes d’emploi. Pour les enfants, il provoque des difficultés d’apprentissage et de concentration à l’école, pour ceux qui en fréquentent une. Car près de 72 millions d’enfants ne sont pas scolarisés (2/3 sont des filles) et n’apprendront peut-être jamais ni à lire ni à écrire. C’est pour eux un risque supplémentaire d’être exploités et maltraités. Sans accès à l’éducation et à la formation, difficile de trouver un travail ou de gérer une exploitation convenablement.
Beaucoup de familles ne disposent pas d’une habitation digne de ce nom mais vivent dans des abris faits de bric et de broc, sans électricité, sur des terrains occupés illégalement en l’absence de contrôles administratifs.

Dans ces conditions, beaucoup d’individus se retrouvent isolés, exclus. Ils n’ont pas accès aux activités culturelles et sociales et ne vivent aucun épanouissement personnel. Ils ne sont pas intégrés à la vie civique de leur communauté et n’ont pas d’impact sur les décisions politiques prises pour eux.


Pourquoi une telle inégalité ?

Historiques, géographiques, politiques, économiques… les causes sont complexes et multiples. L’esclavagisme, le colonialisme, les guerres, les conquêtes, la corruption, la mondialisation, la dégradation de l’environnement ont été ou sont encore des facteurs de pauvreté.
Dans un monde où les richesses sont inégalement réparties (20% de la population détient 90% des richesses), les pays en développement peinent à rembourser leurs dettes. Ces 20 dernières années, celles-ci ont considérablement augmenté. Les remboursements sont devenus supérieurs aux montants des emprunts alors que ces derniers ont pour la plupart été déclenchés afin de rembourser les dettes précédentes. Les dettes ont parfois aussi été octroyées à des dirigeants corrompus et pèsent aujourd’hui sur les budgets des états et de la population.

 Un véritable engrenage

Si la plupart des populations pauvres ne peuvent sortir de cette situation, c’est parce qu’elles se retrouvent enfermées dans un cercle vicieux. Comment gagner de l’argent lorsqu’on est illettré, malade, que les forces physiques et morales sont au plus bas ?
Comment produire lorsque les accès au capital physique (terre, sécurité foncière, crédit) et aux techniques de production (outils, engins et vulgarisation agricoles) sont quasiment inexistants ?
Sans parler de la concurrence des produits importés, parfois subventionnés, moins chers que les productions locales et des conditions climatiques parfois dévastatrices pour les cultures.


Les gouvernements des PED ne sont pas (ou sont très peu) présents pour soutenir leurs populations. La plupart des pauvres tirent leur subsistance de l'agriculture, et pourtant, rares sont les gouvernements qui consacrent à l'agriculture et au développement rural une part suffisante de leurs budgets nationaux, soit par choix, soit par impossibilité. Les conséquences sont dramatiques pour le développement d’une partie de l’économie de leur pays et c’est justement là que doivent intervenir les aides internationales.


Le monde se bouge

Un peu d’espoir
La pauvreté dans le monde aurait été réduite de moitié depuis les années 90 d’après les chiffres de la Banque Mondiale, mais ce recul ne touche pas tous les pays de la même façon. Si en Chine et en Inde la croissance économique a sorti plus de 500 millions de personnes de la pauvreté, les pays d'Asie Centrale, d’Afrique et d'Amérique latine sont loin de faire le même constat. De même, la toute récente crise alimentaire due à la flambée des prix a des effets catastrophiques. Le nombre de sous-alimentés a augmenté !

Depuis des années déjà, de nombreuses organisations humanitaires se mobilisent pour combattre la pauvreté, à plus ou moins grande échelle.

Les Objectifs du Millénaire pour le développement

Une grande action pour éradiquer la pauvreté a pris forme en 2000, lors du sommet du millénaire pour le développement. Pour la première fois, les 189 États membres des Nations Unies signent un projet de grande envergure pour lutter contre la pauvreté mondiale : les Objectifs du Millénaire pour le Développement. (OMD). Ce sont 8 grandes résolutions : réduire de moitié l’extrême pauvreté et la faim, assurer l’éducation primaire pour tous, promouvoir l’autonomisation des femmes, réduire la mortalité infantile, améliorer la santé maternelle, combattre les maladies, assurer un environnement durable ou encore créer un partenariat mondial pour le développement…


Ces objectifs visent le succès en 2015, mais ne peuvent se réaliser sans le concours de tous, comme le rappelait l’ex-secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan : « Ce n’est pas aux Nations Unies que les objectifs du millénaire pour le développement seront atteints. Ils doivent l’être dans chaque pays grâce aux efforts communs des gouvernements et des peuples ».  Or, le bilan fait à mi-année en 2007 est loin d’être concluant. La mobilisation reste de mise : rappelons encore une fois que ceux qui souffrent de faim sont désormais un milliard. C'est plus qu'hier et moins que demain...

Pour combattre l'extrême pauvreté, persévérons et agissons ensemble,  ici, là-bas...


 
 

Poster un commentaire

 
 

Vos commentaires (8)

Trier les commentaires : par date | par vote
Posté le 18 Mars 2009 à 19h25
Quelle difference ferions-nous si chaque chretien se donnait l'objectif individuel de secourir un seul enfant vivant en extreme pauvrete? Je suis convaincue que ce geste transformerait le monde entier. Seigneur, benissez toute personne qui lira mon commentaire et eclairez son coeur a batir un projet de secours et d'amour ne fut-ce que pour un seul prochain, Amen!
 
Posté le 26 Février 2009 à 10h54
Oui c'est la triste réalité, La parole de Dieu nous a annoncé, que les hommes deviendront égoïstes, mais nous en tant que chrétiens enfants de Dieu des pays riches nous devrions montrer l'exemple aussi comme la parole nous le dit : partages ton pain avec celui qui a faim. Quand nous rendons grâce avant le repas nous disons parfois : Seigneur donne à manger à ceux qui ont faim, mais le Seigneur n'a-t-il pas dit nourrissez les vous même . Aussi s'Il permet cette misère n'est-ce pas aussi pour sonder nos coeurs et voir si nous saurons partager Je béni le Seigneur qu'il commence à y avoir quelques oeuvres humanitaires évangéliques mais ce n'est pas assez et quand je vois ici par exemple des mouvements de grève contre la vie chère demandant toujours plus d'argent ect... pour vivre dans le luxe très peu pensent aux voisins des Iles d'à côté ou la vraie pauvreté existe. Je dirige également une oeuvre sociale " UN COEUR DE COMPASSION " et nous avons le projet de nous rendre à Madagascar Je vous invite à visiter notre forum : http://michel.bontemps.xooit.com/index.php Et notre blog : http://echangepartagefraternel.ning.com/profile/MichelBONTEMPS
 
Posté le 26 Février 2009 à 03h22
C'est alarmant ! mais nous devons joindre les oeuvres à la foi. C'est mon slogan .Je dirige une ass socio-humanitaire dans la caraïbe. Et la tâche est immense! Il nous manque des moyens. Je reviens d'une mission à St Domingue. Expl :1 jeune orphelin de 19 ans à quitté son pays (Haïti) pour venir à st domingue il doit s'occuper de ses 3 frères et soeurs qui sont restés au pays, sans famille, et SDF !!!
 
Posté le 15 Février 2009 à 00h45
Dire que nous naissons tous égaux est faux selon moi. la pauvreté n'est pas la même pour tous. Personne ne devrait souffrir de la faim et vivre dans le dénuement le plus complet. l'extrême pauvreté est inaceptable. je souhaite que les ojbectifs du millénaire se réalisent. Dieu est certainement attristé par cette désatreuse situation. que l'évengile soit répandue et qu'il y ait des âmes qui acceptent Jésus comme Sauveur et Seigneur. et que Dieu soit leur Père le vrai Consolateur.
 
  Réponse de karolyne (Réunion)
Posté le 23 Février 2009 à 12h32
Alors je dis que Dieu fait de nous l'Eglise, et que fait l'Eglise pour toute cette humanité qui soufre ? Chaque enfant de Dieu doit prier prier prier sans cesse afin que notre Seigneur agisse en faveur de la misère du monde,aussi pour que les àmes soient sauvées...Le jugement commencera dans son Eglise .Par la prière et notre foi en Jésus nous apporterons ainsi notre pierre envers ces peuples  ...Jésus est Maitre de toutes choses et sa main n'est pas trop courte pour opérer des prodiges et des miracles; La Parole de Dieu s'accomplis chère soeur de jour en jour veillons et prions pour la terre entière la Lumière de Jésus est entrain de se lever:ce monde s'enfonce dans la dégradation et,toutes espèces de maux de fléaux , mais Jésus revient pour rétablir toutes choses..Gloire à Dieu !!
 
Posté le 5 Juin 2009 à 13h28
Réponse à Aguayo: Je voulais seulement préciser que les grands projets humanitaires ne doivent pas nous masquer la réalité du prochain retour de Jésus qui sera suivi par la grande tribulation. Il est très possible qu'en cette fin des temps que nous vivons Satan adopte une nouvelle stratégie: celle d'engraisser ses victimes pour mieux les dévorer ensuite.Pour cela il peut très bien se déguiser en ange de lumière, s'approprier les défis humanitaires et même donner succès et prospérité aux chrétiens pourvu qu'ils n'annoncent pas la vérité concernant l'enlèvement et les prochains jugements de Dieu. A nous donc de nous tenir sur nos gardes tout en aidant les pauvres.
 
Posté le 2 Juin 2009 à 11h49
Toutes ces injustices et ces inégalités sont révoltantes et nous devons demander pardon à Dieu pour notre égoîsme et notre indifférence à l'égard des pauvres de notre pays et des autres pays. Mais cette réalité ne doit pas nous voiler une autre réalité encore plus grave: celle des prochains jugements de Dieu à cause de l'injustice et de la méchanceté. C'est beau de vouloir éradiquer la pauvreté de moitié d'ici 2015, mais peut-être qu'en 2015 l'enlèvement de l'Eglise aura déjà eu lieu et que le monde sera passé entre les mains de l'Antéchrist.Que l'objectif premier des chrétiens reste donc d'annoncer la vérité et de ne pas adhérer à l'illusion d'une prochaine ère de paix, de justice et de prospérité qui bibliquement parlant ne se produira pas avant le millénium.
 
  Réponse de Aguayo (France)
Posté le 4 Juin 2009 à 08h20
Jésus à guéri, même ceux qui ne seront pas reconnaissant, bon nombre d'entre eux ont peut-être même craché sur lui lorsqu'il passait, chargé de sa croix. Il n'a pas seulement pardonné les péchés, mais avant tout il a pris SOIN de ses compatriotes. Il est allé manger chez Zachée avant que celui-ci ait changé de vie. Il est irresponsable de vouloir s'occuper des âmes sans s'occuper des pauvres. La maman de mon filleul que je parraine avec le SEL a passé des années a ne pas savoir quoi donner à manger à ses enfants... Si un papa, une maman ne saurai être sensible à celà elle n'est pâs digne du royaume de Dieu. Toi, parent, quelle serai ta réaction si un chrétien de ton église mageait tous les jours du caviar et que tes enfants n'aient RIEN dans l'assiette ... Le rapport est le même entre nos pays et les pays du Sud. Notre attitudes en tant que CHRETIEN est indigne & choquante. Va, convertis-toi et meurt de faim... & tu hériteras du royaume de Dieu :-/ DESOLE SI JE CHOQUE QUELQUES UNS. VOYEZ LIENS SUIVANTS. http://selfrance.org/index.php?id=268 écoutez parrainage ne Bolivie. & aussi http://www.topchretien.com/tophumanitaire/view/130/&apercu=1