Nous sommes en 2009. Alors que le nombre de riches augmente, que les prouesses techniques ne cessent d’étonner, que des milliards sont investis chaque année dans la recherche médicale, des millions de personnes dans le monde meurent encore de faim, n’ont toujours pas accès à l’eau potable et meurent de maladies bénignes…
Pourtant des solutions existent.
L’extrême pauvreté, c’est quoi ?
Pourquoi une telle inégalité ?
Un véritable engrenage
Le monde se bouge
L’extrême pauvreté, c’est quoi ?
« Une privation durable ou chronique des ressources, des possibilités, des choix, de la sécurité et de la force nécessaires pour jouir d’un niveau de vie suffisant et des droits civils culturels, économiques, politiques et sociaux. » (définition du Comité pour les droits économiques, sociaux et culturels des Nations Unies - 2001.)
et concrètement, c'est :
- plus d’un milliard de personnes qui vivent avec moins d’un dollar par jour,
- près d'un milliard de personnes qui n’ont pas assez à manger pour satisfaire leurs besoins quotidiens,
- 448 millions d’enfants qui souffrent d’insuffisance pondérale,
- plus d’un milliard de personnes qui n'ont pas accès à l’eau potable,
- 30 000 enfants de moins de 5 ans qui meurent chaque jour de maladies qui auraient pu être évitées,
- plus d’un enfant sur dix qui n’atteindra pas l’âge de 5 ans dans les pays en développement (PED).
Ces quelques chiffres sont effrayants, ils sont pourtant une réalité et sont encore plus révoltants lorsque l'on sait qu'il est possible de surmonter la pauvreté et la faim. Aujourd’hui il est possible de produire de quoi nourrir la planète entière. Aujourd'hui, circulent suffisamment de richesses pour sortir les pays en développement de la misère.
Santé, éducation, chômage, droits... la pauvreté touche plusieurs aspects de la vie d’un individu.
La pauvreté, ce n’est pas seulement le manque de nourriture, c’est aussi le manque d’accès aux soins, à l’hygiène, à l’éducation, à tous les droits civiques et humains, manque qui engendre notamment l’exclusion sociale.
Par manque d’information et de médicaments, la santé des populations en développement est désastreuse. Aujourd’hui, 39 millions de personnes vivent avec le virus du SIDA, sans parler d’autres maladies qui touchent en priorité les enfants. Aggravés par des conditions sanitaires déplorables, des virus aux conséquences à priori bénignes, tels que la diarrhée, menacent la vie des plus faibles.
Le mauvais état de santé général réduit la capacité à travailler des adultes et engendre de fréquentes pertes d’emploi. Pour les enfants, il provoque des difficultés d’apprentissage et de concentration à l’école, pour ceux qui en fréquentent une. Car près de 72 millions d’enfants ne sont pas scolarisés (2/3 sont des filles) et n’apprendront peut-être jamais ni à lire ni à écrire. C’est pour eux un risque supplémentaire d’être exploités et maltraités. Sans accès à l’éducation et à la formation, difficile de trouver un travail ou de gérer une exploitation convenablement.
Beaucoup de familles ne disposent pas d’une habitation digne de ce nom mais vivent dans des abris faits de bric et de broc, sans électricité, sur des terrains occupés illégalement en l’absence de contrôles administratifs.
Dans ces conditions, beaucoup d’individus se retrouvent isolés, exclus. Ils n’ont pas accès aux activités culturelles et sociales et ne vivent aucun épanouissement personnel. Ils ne sont pas intégrés à la vie civique de leur communauté et n’ont pas d’impact sur les décisions politiques prises pour eux.
Pourquoi une telle inégalité ?
Historiques, géographiques, politiques, économiques… les causes sont complexes et multiples. L’esclavagisme, le colonialisme, les guerres, les conquêtes, la corruption, la mondialisation, la dégradation de l’environnement ont été ou sont encore des facteurs de pauvreté.
Dans un monde où les richesses sont inégalement réparties (20% de la population détient 90% des richesses), les pays en développement peinent à rembourser leurs dettes. Ces 20 dernières années, celles-ci ont considérablement augmenté. Les remboursements sont devenus supérieurs aux montants des emprunts alors que ces derniers ont pour la plupart été déclenchés afin de rembourser les dettes précédentes. Les dettes ont parfois aussi été octroyées à des dirigeants corrompus et pèsent aujourd’hui sur les budgets des états et de la population.
Un véritable engrenage
Si la plupart des populations pauvres ne peuvent sortir de cette situation, c’est parce qu’elles se retrouvent enfermées dans un cercle vicieux. Comment gagner de l’argent lorsqu’on est illettré, malade, que les forces physiques et morales sont au plus bas ?
Comment produire lorsque les accès au capital physique (terre, sécurité foncière, crédit) et aux techniques de production (outils, engins et vulgarisation agricoles) sont quasiment inexistants ?
Sans parler de la concurrence des produits importés, parfois subventionnés, moins chers que les productions locales et des conditions climatiques parfois dévastatrices pour les cultures.
Les gouvernements des PED ne sont pas (ou sont très peu) présents pour soutenir leurs populations. La plupart des pauvres tirent leur subsistance de l'agriculture, et pourtant, rares sont les gouvernements qui consacrent à l'agriculture et au développement rural une part suffisante de leurs budgets nationaux, soit par choix, soit par impossibilité. Les conséquences sont dramatiques pour le développement d’une partie de l’économie de leur pays et c’est justement là que doivent intervenir les aides internationales.
Le monde se bouge
Un peu d’espoir
La pauvreté dans le monde aurait été réduite de moitié depuis les années 90 d’après les chiffres de la Banque Mondiale, mais ce recul ne touche pas tous les pays de la même façon. Si en Chine et en Inde la croissance économique a sorti plus de 500 millions de personnes de la pauvreté, les pays d'Asie Centrale, d’Afrique et d'Amérique latine sont loin de faire le même constat. De même, la toute récente crise alimentaire due à la flambée des prix a des effets catastrophiques. Le nombre de sous-alimentés a augmenté !
Depuis des années déjà, de nombreuses organisations humanitaires se mobilisent pour combattre la pauvreté, à plus ou moins grande échelle.
Les Objectifs du Millénaire pour le développement
Une grande action pour éradiquer la pauvreté a pris forme en 2000, lors du sommet du millénaire pour le développement. Pour la première fois, les 189 États membres des Nations Unies signent un projet de grande envergure pour lutter contre la pauvreté mondiale : les Objectifs du Millénaire pour le Développement. (OMD). Ce sont 8 grandes résolutions : réduire de moitié l’extrême pauvreté et la faim, assurer l’éducation primaire pour tous, promouvoir l’autonomisation des femmes, réduire la mortalité infantile, améliorer la santé maternelle, combattre les maladies, assurer un environnement durable ou encore créer un partenariat mondial pour le développement…
Ces objectifs visent le succès en 2015, mais ne peuvent se réaliser sans le concours de tous, comme le rappelait l’ex-secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan : « Ce n’est pas aux Nations Unies que les objectifs du millénaire pour le développement seront atteints. Ils doivent l’être dans chaque pays grâce aux efforts communs des gouvernements et des peuples ».
Or, le bilan fait à mi-année en 2007 est loin d’être concluant. La mobilisation reste de mise : rappelons encore une fois que ceux qui souffrent de faim sont désormais un milliard. C'est plus qu'hier et moins que demain...
Pour combattre l'extrême pauvreté, persévérons et agissons ensemble, ici, là-bas...