Un groupe de 68 personnalités évangéliques a signé il y a quelques semaines un texte portant sur la dernière encyclique de Benoît XVI. Ils recommandent fortement l’étude de ce texte du Pape qui aborde de nombreuses questions sociales.
De quoi s’agit-il ?
L’encyclique de Benoît XVI s’intitule Caritas in veritate (l’amour dans la vérité) et porte sur « le développement humain intégral dans la charité et dans la vérité ».
Une encyclique est une sorte de lettre écrite par le Pape. Elle développe l’enseignement de l’Église catholique sur un sujet précis. Depuis la fin du 19ème siècle, les Papes successifs ont publié un certain nombre d’encycliques « sociales », c’est-à-dire traitant de questions de société, par exemple la condition des ouvriers.
De quoi parle le texte du Pape ?
L’encyclique de Benoît XVI est un document de plusieurs dizaines de pages qui
aborde un très grand nombre de questions : le développement, la mondialisation, l’accès à l’eau et à la nourriture, l’économie, l’environnement, les droits de l’homme et ses devoirs, la solidarité, la technique, etc.
Il n’est pas possible de résumer en quelques lignes un texte comme Caritas in veritate. Le Pape appelle à un développement de tout homme et de tout l’homme (de l’homme dans toutes les dimensions de sa personne). Il dénonce les atteintes à la vie humaine et à sa dignité et rappelle que Dieu est le garant d’un développement véritable.
Pourquoi un tel enthousiasme de la part de ces personnalités évangéliques ?
La réaction de ces 68 personnalités évangéliques les engage à titre personnel (et pas forcément les institutions dont ils font partie). Il ne s’agit pas d’une réaction officielle d’un organisme représentant l’ensemble ou même d’une partie des évangéliques.
Les personnalités évangéliques qui ont signé l’appel à répondre à Caritas in veritate sont extrêmement positives à l’égard du texte du Pape et y découvrent un grand nombre de convergences avec certaines de leurs préoccupations : répondre à l’appel de la vérité et de l’amour, la perspective du Pape sur le développement, l’appel à ne pas être des victimes de la mondialisation mais ses protagonistes, la remise en cause du profit comme « seul objectif d’un véritable épanouissement économique humain », etc.
Les rapprochements entre la pensée de ces personnalités évangéliques et celle de Benoît XVI concernent en particulier la vision de l’économie, du rôle de l’État et de la société civile dans le développement en contexte de mondialisation.
I
l est vrai que l’encyclique Caritas in veritate présente une pensée extrêmement riche et que nous avons beaucoup à en apprendre, mais on aurait tort de la séparer de l’ensemble des textes de l’Église catholique sur les questions sociales (d’ailleurs Benoît XVI insiste clairement sur ce point) et même de l’ensemble de la théologie et de la philosophie catholiques.
Dans le domaine de l’action sociale, ou de certaines questions de morale individuelle, les rapprochements entre les positions catholiques et les positions que peuvent tenir un évangélique sont plus nombreux que dans d’autres domaines (comme l’enseignement sur le salut, sur la prière, sur le baptême, etc.),
mais des différences subsistent.
Le catholicisme est un tout, et il est difficile voire impossible d’isoler certaines réflexions, aussi valables soient-elles par ailleurs, de l’ensemble de ses positions ; cela est vrai dans le domaine social, et c’est dommage que ces 68 personnalités évangéliques ne l’aient pas aussi pris en compte.
Pour en savoir plus et lire le texte publié par les responsables evangéliques (en anglais)
http://www.cpjustice.org/files/DoingTheTruth.pdf
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