La reconnaissance : en ce jour de mars, c'est le sentiment qu'expriment les yeux d'Ani et d'Eleanor, deux adolescentes arméniennes bénéficiant du programme de parrainage. Reconnaissance, pas seulement pour les cadeaux remis ce jour-là par l'équipe humanitaire venue leur rendre visite, mais pour tout ce que le parrainage a changé dans leur vie. Témoignage de deux jeunes vies qui semblaient mal parties.
Deux orphelines
"J’ai 2 sœurs, Loussiné (20 ans) et Lilit (18 ans), 1 frère, Sissak (12 ans)", nous confie Eleanor, 15 ans.
"Maman est morte en 2000 d’un cancer, papa en 2007.
Grand-mère qui nous avait alors recueillis chez elle, dans une maisonnette reçue après le tremblement de terre ne s’est pas occupée de nous très longtemps. En 2008, elle aussi mourait !
Actuellement nous sommes avec une tante paternelle dans un meublé loué dans l’attente de recevoir de la commune un appartement gratuit."
Quant à Ani (18 ans), elle n'a pas eu beaucoup plus le temps de connaître ses parents :
"Je suis fille unique. Papa est mort en 1991 d'une crise cardiaque (je n'avais pas 6 mois) ; maman aussi est morte en 2004, elle d'un cancer. Depuis, je vis avec ma tante maternelle."
Espoir et projets
En juin 2009, Eleanor a achevé ses études secondaires.
"J’aimerais vraiment entrer à la fac de Vanatzor pour 4 ans, ce qui me permettrait soit de devenir enseignante ou interprète. "
De son côté, Ani a entrepris des études d'art plastique depuis septembre 2008.
"Grâce à mes résultats, les frais d'inscription (+/-500 euros) ont été pris en charge par l'Etat. Les autres frais restent à ma charge, comme le papier, les crayons, l'aquarelle, la peinture à l'huile...
Dans 2 ans, je serai « designer», cela consiste à dessiner des habits ou décorer les intérieurs. Dès cet été, je vais apprendre à coudre des robes…"
Lorsqu’on énumère les qualités d'Ani, on dit qu'elle est une élève brillante, une fille équilibrée, sérieuse, modeste et responsable.
Témoignage de l'équipe humanitaire
Boros H., qui s'est rendu sur les lieux, témoigne :
"Je suis toujours ému de voir la joie des enfants parrainés et de leurs parents lorsqu’ils reçoivent les cadeaux mais aussi leur reconnaissance exprimée dans les lettres de remerciements à ces amis de si loin qui leur sont si proches. "
"Durant ce voyage,
j'ai pu de nouveau constater que le parrainage a des répercussions positives sur les enfants mais aussi sur leur entourage (les parents en bénéficient indirectement ).
A la façon de s’habiller, on se bien rend compte que la précarité est moins grande aujourd’hui qu’hier - même si ce n’est pas encore gagné. "
En outre le parrainage ne se limite pas à la nourriture et au vêtement :
"il offre aux enfants la possibilité de faire de hautes études ainsi qu'un accompagnement spirituel - car nos correspondants des différentes villes connaissent bien les enfants et les encouragent à venir aux activités de l’Eglise."
Joie, espoir et reconnaissance... des sentiments qui sont ceux d'Ani et Eleanor mais qui peuvent aussi être les nôtres, si l'on pense à ce qu'aurait pu être la vie de ces deux jeunes filles et de ce qu'elle est devenue, grâce au parrainage.
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