Enfants soldats : bourreaux et victimes
Rachel COLOSIMO - Photo Unicef  |  8 commentaires  |  Lu 2211 fois
       
 
« On brûle les maisons, on tue ». « On nous entraîne aux fusils, à la mitraillette ». « Je sais démonter une kalachnikov les yeux fermés. On ne fait pas de prisonniers. Jamais. On déshabille les survivants, on leur coupe une oreille ou un membre. On les force à les manger avant de les tuer ».
Voilà ce que les enfants soldats racontent. Bourreaux et victimes à la fois, c'est ce qu’ils sont.

Comment un enfant peut-il en arriver là ?

Quelles conséquences pour ces enfants qui ont vu et perpétré le crime ?

Qui peut les sauver ?


Tour d’horizon de ce fléau gravissime.



Ampleur et localisation

On estime aujourd’hui à environ 300 000 le nombre d’enfants soldats dans le monde.
Si l’Afrique est le continent le plus concerné, l’Asie, l’Amérique latine, l’Europe et le Moyen-Orient, ne sont pas en reste.

Un enfant-soldat est une personne, garçon ou fille, âgée de moins de 18 ans, membre d’une armée gouvernementale ou d’un groupe armé, quel que soit son rôle, ou accompagnant de tels groupes, autrement qu’en tant que simple membre de la famille.


Comment un enfant peut-il en arriver là ?

Les méthodes des recruteurs sont multiples. La force est bien sûr la plus employée. Les plus jeunes enfants sont kidnappés à la sortie de l’école ou dans la rue.

Certains n’ont alors pas plus de 5 ans comme le témoigne Mohamed Sidibay, âgé de 5 ans au moment des faits :
« J’étais à la maison en train de m’habiller quand les rebelles du Front Révolutionnaire Unifié ont attaqué. En entendant les coups de feu, je me suis précipité dehors, sans parvenir à trouver mes parents. Je courais dans la foule et je me suis fait capturer très vite par ces guerriers féroces. Voilà comment je suis devenu une bête de somme.»

 
Mais certains enfants sont volontaires. Incompréhensible ?

Pas tant que ça, si vous vous mettez à la place d’un enfant seul et pauvre dont les membres de la familles sont morts ou enfuis, qui n’a nulle part où aller et à qui on propose protection, abri, et nourriture.

Pour les plus âgés, rejoindre une force armée est aussi un moyen de venger ses proches ou de devenir un héros dans son pays.

Ismahel a aujourd’hui 26 ans, il a été enfant soldat pendant 2 ans :

« Quand mes parents et mes deux frères ont été tués, je n’avais plus nulle part où aller. (…)Pour survivre, il fallait rejoindre un groupe armé. C’est ce que j’ai fait, comme les autres enfants de mon âge. Je n’ai pas été recruté par les hommes qui ont tué ma famille, mais j’aurais pu : en réalité, je n’ai rien choisi ».
 

Pourquoi recruter des enfants ?
  • Les enfants ne coûtent pas cher. Ils ne reçoivent pas de salaires et ne réclament aucune compensation.
  • Ce sont des proies faciles à dominer et à impressionner. Malgré toute l’atrocité de leur quotidien, les enfants ne se révoltent pas, s’enfuient rarement et ne provoquent pas de mutinerie. Ils ont peur et donc obéissent.
  • Ils passent inaperçus pour collecter des informations auprès du camp adverse.
  • De plus, l’avancée technique en matière de matériel militaire a permis de mettre dans les mains des enfants des armes légères et faciles à manier, rendant possible leur envoi sur les fronts.

Quelles conséquences pour ces enfants qui ont vu et perpétré le crime ?

L’enfance et l’adolescence sont des étapes extrêmement importantes dans le développement d’un individu. Il crée son identité, se positionne par rapport à une communauté, une famille et intègre des valeurs.
Privé de ces étapes, l'enfant s'isole socialement.

Les atrocités dont ces enfants sont spectateurs et souvent acteurs, provoquent des traumatismes extrêmement violents pour leur âge.

Une jeune fille de 14 ans témoigne :
« J’ai vu des gens avoir les mains coupées, une fillette de 10 ans être violée et en mourir et tant d’hommes et de femmes brûlés vivants…Tant de fois j’ai seulement pleuré dans mon cœur parce que je n’osais pas pleurer ouvertement ». 

Victimes de maltraitances par les soldats adultes, ils sont exposés aux blessures que causent toute guerre, mais aussi à la malnutrition, aux maladies sexuellement transmissibles, aux grossesses non-désirées pour les adolescentes, … et tout simplement à la mort.
L’utilisation de drogues et d’alcool sur les enfants est également monnaie courante pour rendre ces enfants plus violents et moins conscients de leurs actes.


Et la loi dans tout ça ?

Le Conseil de sécurité de l’ONU, l’Union africaine, l’Organisation des États Américains et l’Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe ont unanimement condamné le recrutement des enfants soldats.

Cependant, sur le terrain, l’application des nouvelles lois se fait timide et les Etats ayant pourtant ratifié les protocoles en question ne les respectent pas. (Malgré l’adoption de la Charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant, premier traité régional sur les droits de l’enfant entré en vigueur en 1999.)


Qui peut les sauver ?

Les ONG font tout ce qui est en leur pouvoir pour rendre à ces enfants l’enfance qui leur a été volée.
Les Nations Unies et d’autres organismes soutiennent depuis maintenant plusieurs années les programmes de DDDRR : Désarmement, Démobilisation, Démilitarisation, Rapatriement, Réinsertion.

La réinsertion d’un enfant dans une vie normale ne trouve son succès que s’il retrouve un univers familial ou communautaire accueillant, s’il bénéficie d’un suivi psychologique et s’il peut avoir accès à une éducation. Voilà ce à quoi s’attachent les ONG. Et ils y parviennent.

Nombre d’enfants ont déjà été « sauvés » des mains des recruteurs.

Des centres financés par les ONG ont été créés avec des formateurs, des enseignants, des conseillers.
Ismahel raconte :

« En 1996, j’ai fait partie des quelques enfants soldats dont le groupe, notamment sous la pression de l’Unicef, a accepté de nous démobiliser. J’ai passé 8 mois à Benin Home, un centre de réhabilitation : désintoxication, soutien psychologique, mise en relation avec un oncle, menuisier à Freetown. Je suis redevenu moi-même »
 


Et nous ?

Agissons avant que ce fléau ne touche les enfants : agissons pour minimiser la pauvreté des parents,
Agissons avec celles et ceux qui créent des structures d’accueil pour les enfants des rues,
Agissons surtout avec ceux qui leur permettront d’entendre aussi le message de l’amour de Dieu.



Sources internet : Unicef, Onu, La Conscience, L’observatoire du Citoyen, Opérations de paix ; Les droits de l’enfant…
Tags :  enfant  soldat  enrôlement  guerre  viol  drogue  arme  ONG   
 

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Vos commentaires (8)

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Posté le 19 Janvier 2010 à 18h18
Non a ce fléau et ce terrible fait qu est cette vérité. ne laissons pas nos enfants a la merci de la guerre, de la prostitution, de la drogue, mais prions frères et soeurs et agissons. la victoire dans le nom de jesus, celui par lequel nous somme tous sauvés, mais avec nos forces nous pouvons rien alors jesus donne nous les moyens pour pouvoir etres des acteurs et un freins a ce qu il ce passe en afrique, dans les pays sous developpé en asie sur les iles, sur cette terre seigneur donne leur le discernement et cette prise de conscience que jésus et dans nos coeurs et que part lui tout est possible...seigneur je te loue jesus de touché les gouvernements en place. prions et agissons dans nos vie pour une vie eternel.
 
Posté le 7 Janvier 2010 à 15h03
Seigneur il y a beaucoup de chose qui se passe dans le monde, surtout en Afrique ou je vie, des guerres qui entraine tous ces morts. Des enfants qui deviennent des criminelles. Sauve nous surtout sauve l'Afrique avec tous ces coup d'État, et que les élections dans mon pays soit possible malgré le plant du Diable contre la côte d'Ivoire que les élections puissent se tenir. Sauve nos enfants et toutes la population Ivoirienne. Amen !
 
Posté le 1 Janvier 2010 à 11h30
OH! SEIGNEUR DU CIEL ET DE LA TERRE : tu entends le cri de ses enfants souffrant et mourant ds ce monde et je sais que la priere de la foi sauvera ces malheureux car tu es grand et compatissant, et tu es vainqueur. AMEN
 
Posté le 31 Décembre 2009 à 02h25
Jesus ton sang a coule pour toutes ces souffrances .Pardonne nous ,pardonne nous papa
 
Posté le 30 Décembre 2009 à 20h59
Que Dieu sauve le Monde.
 
Posté le 30 Décembre 2009 à 08h13
Voici un petit complément à la question de Colalou : Human Right Watch, la Fédération Internationale Terre des Hommes, Save the Children, Defense for Children International, Jesuit Refugee Service, Quaker UN Office et Amnesty International ont constitué une colation afin d'obtenir l'interdiction du recrutement avant 18 ans, dans les armées régulières ou rebelles. Car les Etats eux-mêmes enrôlent des enfants mineurs (vers 16 ans) pour renflouer leurs armées ...
 
  Réponse de GinaFloyd (France)
Posté le 30 Décembre 2009 à 14h30
oops, il faut lire "coalition" et non pas "colation" ...