Des femmes stérilisées de force
Marianne D.  |  6 commentaires  |  Lu 1498 fois
       
 
En Namibie, des médecins pratiquent des opérations qui rendent infertiles des femmes séropositives, sans les en informer correctement. Ils prétendent agir pour « le bien de la société » namibienne.
Ces stérilisations forcées ont évidemment de graves conséquences psychologiques et sociales sur les patientes.

Pourtant, un traitement diminuant considérablement la transmission du VIH à l’enfant est possible.

Petit aperçu de ce drame qui touche des femmes déjà très vulnérables.



POURQUOI UNE TELLE PRATIQUE ?

En Namibie, des femmes séropositives sont stérilisées sans leur consentement lorsqu’elles se rendent dans des hôpitaux publics pour des soins.

Plusieurs cas ont été signalés à la "Communauté Internationale des Femmes vivant avec le VIH" (International Community of Women). Après une enquête auprès de 230 femmes contaminées par le VIH, on a découvert que 40 d’entre elles ont été stérilisées sans en être correctement informées.

  • Dans la plupart des cas, elles ont signé un formulaire en anglais, sans en comprendre le contenu.
  • Parfois le personnel soignant a présenté cette opération comme un remède contre le sida.
  • Des futures mères ont accepté la stérilisation car celle-ci était présentée comme une condition pour avoir droit à une césarienne, un avortement ou un traitement.
Souvent, elles ont appris ce qu’on leur a fait, plus tard, lors d’une consultation.


Dans le milieu médical, il arrive que les infirmières refusent de toucher ces femmes, lors des soins.
De nombreuses rumeurs circulent sur le virus, et les médecins eux-mêmes semblent parfois mal informés.

"C'était un très grand choc," dit une des victimes au Canada's Globe and Mail Newspaper. "J'étais très triste car je voulais donner une sœur à mes trois garçons et maintenant je ne peux plus".


En Afrique du Sud aussi, d’autres cas sont signalés au Women's Legal Centre.

Promise Mthembu, un chercheur Sud-Africain à l'Université de Witwatersrand, explique que "des stérilisations abusives ont lieu dans de très grands secteurs du pays".


UN TRAITEMENT ADAPTE EST POURTANT POSSIBLE

32% des femmes contaminées transmettent le virus à leurs enfants, mais un traitement antiviral adapté sur la mère et l’enfant, ainsi qu’une nourriture de substitution diminue ce risque jusqu’à 2%.

En Namibie, entre 2007 et 2008, 15,3% de la population était contaminée par le VIH, dont plus de la moitié étaient des femmes, d’après le rapport sur le développement humain des Nations Unies. Beaucoup d’entre elles n’ont pas accès à la prévention de la transmission mère-enfant du VIH.


DES CONSEQUENCES DRAMATIQUES

Cette situation est un drame pour les femmes qui veulent fonder leur famille. Elles sont victimes de troubles psychiatriques et sont rejetées par leurs proches, bannies.

La fécondité est essentielle à la femme africaine : la femme sans enfant ne remplit pas le rôle attendu, que ce soit pour son mari comme pour sa propre famille, elle peut donc difficilement compter sur un soutien familial.

Et lorsque ce soutien est possible (parents encore vivants ou frère et sœur pouvant les accueillir), il faut encore qu’elle supporte les railleries ou les critiques de sa sous-fécondité.


LA JUSTICE LEUR DONNE RAISON !

Le LAC, un organisme namibien, informe les séropositifs de leurs droits et les aide à entamer une action en justice.
Les avocats du LAC accusent les médecins de discrimination envers des personnes vivant avec le VIH et d’atteinte au droit individuel de fonder une famille.

En décembre 2009, la Cour Suprême a tranché : ces femmes ont bien été illégalement stérilisées, sans leur consentement.

La Cour ne diffusera pas l’identité des victimes, afin qu’elles puissent continuer à vivre dans la dignité, si c’est encore possible.

Les victimes réclament à présent des dommages et intérêts.

En Afrique, mais aussi en Amérique Latine, des ONG (généralement des petites associations qui soutiennent les malades atteints du SIDA ou qui aident les femmes en souffrance) continuent à oeuvrer pour que justice soit faite parmi les plus faibles.






Sources : Africaontv - Genreenaction - Christine Tichit (INED)
 

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Vos commentaires (6)

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Posté le 18 Juin 2010 à 11h38
C'est vraiment cruelle, dire que ces femmes sont psychologiquement deja diminué et on leur infligent cette horreur c'est vraiment régretable pour l'Afrique.
 
Posté le 25 Février 2010 à 00h49
La dignité humaine doit toujours être respectée. Il n'est pas normal qu'on profite de la faiblesse et de l'ignorance de ces femmes. Les femmes d'Afrique doivent être éduquées et informées. Et elles doivent être respectées et considérées comme des êtres libres, aptes à décider elles-mêmes de leur existence.
 
  Réponse de parade (Canada)
Posté le 12 Avril 2011 à 13h59
Je suis entièrement d"accord avec Toi Renouvo..Ce n"est pas parce que une femme qui a la peau noire qu"il faut ambitionner sur elle mais au contraire, il faut à tout prix Lui donner sa dignité..Tout être humain doit être respecté et se faire respecter..Amen!
 
Posté le 22 Février 2010 à 12h36
"Ce que vous aurez fait à l'un de ces petits, c'est à MOI que vous l'aurez fait..." Ce verset si connu fait-il encore refléchir aujourd'hui? "Malheur à celui qui scandalisera l'un de ces petits, il vaudrait mieux pour lui..." Dans l'Evangile de Matthieu, Jésus dit clairement ce qu'il pense! Ne l'attristons pas ,si nous l'aimons,mais soyons AMOUR (Agapè) pour SA Gloire(1Cor;13).Si chaque etre humain qui se dit chrétien vivait comme Christ... bon courage,frères et soeurs!
 
Posté le 19 Février 2010 à 11h18
Bravo aux actions qui sont faites pour ce sujet car la femme n'est pas un objet ni un souffre douleur des hommes médecins. Si c'était eux que le corps médical stérilisait comment réagiraient-ils? Car c'est aussi de leur responsabilités au regard du serment d'hippocrate qu'ils ont engagé dans leur profession! J'encourage toutes les associations qui sont sur le terrain d'agir promptement pour arrêter ce fléau illégal! D'avance MERCI pour toutes ces femmes.
 
  Réponse de GinaFloyd (France)
Posté le 19 Février 2010 à 15h18
Malheureusement certains médecins pensent "bien agir", pour le bien de leur pays... tout comme des femmes pensent "bien agir" en faisant exciser leurs filles. L'humanité a en effet beaucoup de progrès à faire dans bien des domaines, mais heureusement, l'oeuvre humanitaire fait de son mieux, petit à petit, pour secourir ses semblables et aussi pour informer ceux qui ne savent pas.