Maladie du sommeil : quand les mouches tuent
Rachel Colosimo - Photo IRD / Michel Dukhan  |  Lu 1062 fois
       
 
La mouche tsé-tsé, responsable de la tristement célèbre « maladie du sommeil » ne s'est pas endormie ! Bien au contraire...
La mouche tsé-tsé sévit exclusivement en Afrique subsaharienne et peut transmettre aux hommes et aux animaux le parasite qui provoque la maladie du sommeil.

Cette infection chronique, difficile à déceler aux premiers symptômes, se développe lentement dans le système sanguin, s’attaque ensuite au système nerveux, provoque un état végétatif, puis un coma, juste avant la mort.

Des chercheurs français ont observé une recrudescence de la mouche tsé-tsé, vecteur du parasite de la maladie, dans les zones fortement peuplées, jusque-là épargnées.

Malheureusement, il n’existe aucun traitement préventif.



Qu’est ce que la maladie du sommeil ?

Son véritable nom est : trypanosomiase africaine. Elle doit son surnom à l’un des symptômes qui la caractérisent dans la phase la plus grave de la maladie : les troubles du sommeil.

Cette maladie se transmet uniquement par piqûre de la mouche Tsé-Tsé, du genre glossine. Elle peut être contractée par les humains et par les animaux.


Les symptômes

La maladie du sommeil présente deux phases :

- La première est dite lymphatico-sanguine. La victime est fiévreuse, ressent des douleurs articulaires, présente des céphalées et des prurits.

- La deuxième, plus grave, correspond au moment où le parasite franchit la barrière hémato-encéphalique et envahit le système nerveux central.
 
Les symptômes sont alors plus significatifs : état confusionnel, troubles sensoriels, troubles de la coordination, troubles du sommeil…


La répartition géographique


Le continent le plus concerné par la Trypanosomiase est l’Afrique. 36 pays sont ainsi menacés. Les régions touchées sont celles où l’on trouve des glossines, fameux insectes transmetteurs de la maladie.

Longtemps cantonné aux forêts et aux mangroves, le diptère a été détecté en grand nombre dans les métropoles de forte densité comme Conakry (Guinée), Abidjan (Côte d’Ivoire), Dakar (Sénégal) ou Kin shasa (République démocratique du Congo).

Comme pour toute maladie, seuls les moins pauvres ou les plus proches d’un centre de santé ont des chances d’échapper à la contamination ou de recevoir un traitement rapidement.

De nombreux villages reculés sont encore
trop peu ou pas du tout informés, et la maladie y est difficilement détectable.


Les traitements


Pour guérir, il faut d’abord détecter la maladie.
C’est la première étape du traitement de la maladie.

La détection « de base » est assez simple puisqu’elle réside dans l’observation des ganglions cervicaux. S’ils sont gonflés, le patient à de fortes chances d’être infecté.
Pour situer l’avancée de la maladie, il faudra procéder à l’examen approfondi du liquide céphalorachidien.
Les résultats permettront alors de prescrire le traitement adéquat.

Bien entendu, plus la maladie est détectée rapidement moins les traitements sont lourds et dangereux.


Les actions de l’Organisation Mondiale de la Santé


Dans le cadre de la lutte et de la prévention de la Trypanosomiase, des Ong, des fondations privées, des organisations régionales, des centres de recherches se sont associés pour soutenir les objectifs du programme de l’OMS.
En voici la liste :

  • Renforcer et coordonner les mesures de lutte et assurer durablement les activités de terrain ;
  • Renforcer les systèmes de surveillance existants ;
  • Appuyer le suivi du traitement et de la pharmacorésistance dans l’ensemble du réseau ;
  • Promouvoir la collaboration entre les organisations, avec l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO) et l’Agence internationale de l’Energie atomique (AIEA), cette dernière s’occupant de la lutte antivectorielle par la stérilisation des glossines mâles au moyen d'irradiations ;
  • Mettre au point une base de données et mener des activités de formation.

Reste que, sur le terrain, les actions de prévention demeurent l’exception
. Très peu de pièges à mouches tsé-tsé ont été construits autour des villes menacées.

Pourtant, «Cela reste l’une des armes les moins chères et les plus écologiques contre ces insectes», estime Philippe Solana, chercheur à L’IRD.

Car il n’existe aucun traitement préventif, que ce soit sous forme de médicament ou de bombes, pour se protéger des piqûres et donc du parasite.



(Sources : OMS, médecins sans frontières, Dundi, La Croix.)
Tags :  Mouche  tsé  tsé  fièvre  glossine  coma  maladie  sommeil 
 

Poster un commentaire