Quel enfant n’a pas plaisir à jouer avec l’eau ?
Pourtant, trop nombreux sont les enfants des pays en développement qui mettent en péril leur santé et parfois leur propre vie au contact de cette eau.
Petit aperçu de ce qu'endurent ceux qui n'ont pas la chance d'avoir un robinet d'eau potable à la maison.
=> Une hygiène déficiente
=> Une relation à hauts risques
=> Un labeur pénible
=> Comment lutter ?
Une hygiène déficiente
En effet,
les enfants sont les premières victimes de l’insalubrité de l’eau ou tout simplement du manque d’eau.
Déjà dans le sein maternel, ils souffrent du manque d’énergie de leur maman, obligée d’aller quotidiennement chercher l’eau à plusieurs kilomètres de son lieu d’habitation.
Le bébé puisera tout ce qu'il pourra, mais n’arrivera qu’à un poids souvent insuffisant à la naissance.
Ainsi 28 % des enfants souffrent d’
insuffisance pondérale en Afrique subsaharienne.
Puis le manque de bois conduit les femmes à
ne pas faire bouillir l’eau qu’elles puisent au puits ou au marigot (petite mare approvisionnée uniquement pendant la saison des pluies).
Les enfants n’ont pas encore pu développer leur immunité naturelle :
l’eau devient alors le vecteur principal de maladies qui, si elles ne sont pas toutes mortelles, seront un véritable handicap pour la croissance.
Une relation à hauts risques
Dans l’eau, se trouvent des parasites causant des
parasitoses, lesquelles ont toujours, à plus ou moins long terme, des conséquences néfastes sur la santé des enfants :
- Les ascaris causent de vives douleurs intestinales et, véhiculés par le sang, remontent jusqu’aux poumons, causant de graves ravages.
- La bilharziose est transmise par une larve qui traverse la peau au contact de l’eau, et s’attaque à la vessie et au foie.
- Le ver de Guinée, une fois ingéré, peut atteindre plus d’un mètre de long et contenir trois millions de larves, tout en vivant aux dépens de son hôte. Il est répandu dans 19 pays d’Afrique, en Inde et au Pakistan.
- Les ankylostomes, qui vivent dans les eaux souillées de déchets animaux, pénètrent par les pieds nus et provoquent des hémorragies au niveau des intestins.
- L’onchocercose (cécité des rivières) est une maladie liée à un parasite qui s’attaque particulièrement aux yeux. 18 millions de personnes sont atteintes actuellement par la maladie, dont la plupart se trouve en Afrique. 120 millions de personnes sont exposées au risque.
- Les diarrhées sont, bien sûr, les conséquences les plus courantes de l’insalubrité de l’eau.
L’UNICEF annonce que trois millions d’enfants meurent chaque année avant l’âge de cinq ans de diarrhées causées par des infections provenant de l’eau.
La diffusion de la T.R.O. (Thérapie de Réhydratation Orale : eau potable, sucre et sel) permet de lutter efficacement contre les effets dévastateurs des troubles diarrhéiques.
Mais le problème demeure tant que l’eau contient toutes sortes de vecteurs de maladies qui viennent mettre en péril la santé des enfants.
Les mauvaises conditions d’hygiène liées au manque d’eau engendrent aussi
des maladies de peau (comme la gale) qui ont des
conséquences sociales graves pour leurs victimes.
Un labeur pénible
Les enfants, en particulier les fillettes, participent activement à la collecte et au transport de l’eau. Les distances sont longues et les charges peuvent aller de 15 à 20 kg pour chaque portage.
Dans certaines régions d'Afrique, on estime à environ
5 heures par jour le temps consacré à la corvée d’eau.
Imaginez ce à quoi une fillette de 10 à 12 ans pourrait consacrer ce temps. Outre le jeu, essentiel à son développement mental et social, elle va devoir se priver d’école et laisser la place à ses frères, plus privilégiés qu’elle.
L’énergie nécessaire à ces tâches représente près du 1/3 de l’apport nutritionnel journalier, à un âge où la croissance physique est en plein essor !
La collecte de l’eau reste aujourd’hui un fardeau de trop pour les enfants dans les pays en développement.
Donner accès à l’eau potable n’est pas suffisant. Il faut aussi :
- s’assurer que les bénéficiaires auront compris les principes de base de l’hygiène, comme, par exemple, le lien indissociable entre l’eau insalubre et les maladies (les parasitoses, la diarrhée…).
- veiller à la propreté des récipients dans lesquels l’eau sera stockée
Ces conseils élémentaires ne sont pas toujours faciles à communiquer dans un milieu où l’analphabétisme est encore très répandu, comme au Sahel.
Comment lutter ?
Prévenir, tel est le maître mot en matière de lutte contre les maladies liées à l’eau.
Le puits est sans aucun doute la meilleure solution.
Le lieu du puits
Les forages doivent être réalisés dans des endroits accessibles
où le portage sera réduit à son minimum.
Le choix du lieu du puits est fait en fonction de l’accès à la nappe phréatique, de la nature du sous-sol et, en Inde particulièrement, du droit de passage que peuvent avoir les pauvres (intouchables) sur tel ou tel chemin.
C’est pourquoi il faut procéder à des
enquêtes socio-économiques qui aideront à choisir, en collaboration avec les bénéficiaires, le meilleur endroit pour creuser.
Il faudra aussi s’assurer que la margelle ou la dalle qui surplombe le puits protège celui-ci de tout corps étranger qui viendrait le polluer,
faire en sorte que les eaux usées puissent être évacuées loin des points d’eau et que les animaux puissent boire dans un lieu éloigné du puits.
Consultez le dossier complet du S.E.L. : "L'eau, ça ne coule pas de source"
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