L' église doit-elle aussi s'occuper de l'action humanitaire ou sociale  ?
D'après un rapport de Tearfund  |  11 commentaires  |  Lu 1527 fois
       
 
L’«Association des Eglises de Zambie pour la Santé» fournit presque un tiers des soins médicaux du pays...

L’église Kale Heywet aide 100 000 Ethiopiens à sortir de la pauvreté grâce aux groupes d’entraide...

Au Zimbabwe, dix responsables d’une organisation partenaire de Tearfund, ont facilité la formation de 3 000 bénévoles qui s’occupent de 78 000 orphelins...

Tous ces chiffres parlent d’eux-mêmes : l’Eglise réalise un vrai travail de développement au sein des communautés les plus pauvres du monde.

Mais, est-ce bien là son rôle
 ?



Quand il n'y a que l'Eglise... 


Dans certaines régions du monde, l’Eglise est la seule institution qui puisse répondre aux besoins des gens.

L’église est un partenaire essentiel pour les gouvernements et les donateurs qui prennent au sérieux le fait qu’il faille atteindre les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD).

Il est temps qu’ils admettent que la foi et le développement sont étroitement liés dans la plupart des pays en voie de développement. Il est temps de coopérer avec les chrétiens. Il est temps que l’église occidentale se rende compte de son rôle et de son potentiel pour réduire la pauvreté chez elle et à l’étranger.

Dans quelques-uns des endroits les plus pauvres de notre planète, là où le sida fait des ravages par exemple, l’Eglise apporte un véritable changement et elle est parfois la seule à le faire.
Son influence et sa présence s’étendent jusque dans des zones de guerre, des camps de réfugiés ou des hameaux montagneux lointains, là où d’autres institutions ne peuvent aller.

L’Eglise apporte une aide indiscutable à la pauvreté matérielle et spirituelle des gens.

Nous avons déjà dépassé largement la moitié du temps imparti pour l'atteinte ou non des Objectifs du Millenaire pour le Développement (OMD), mais au rythme actuel, nous n’arriverons pas à les atteindre, surtout là où la pauvreté fait le plus de mal.

Il est grand temps que les gouvernements et les donateurs coopèrent plus étroitement avec les institutions chrétiennes.



L'Eglise est forte !

Son influence est telle qu’elle peut soutenir des services de santé, et aussi mobiliser des centaines de milliers de gens du monde entier pour organiser des actions de plaidoyer sur des questions comme le changement climatique ou l’allégement de la dette, par exemple.

Pourtant une grande partie du travail de l’Eglise dans ce domaine reste caché et sans traces, Son travail est quasiment invisible.

Tearfund travaille avec des églises de toutes dénominations depuis 40 ans. Le potentiel le plus grand de l’Eglise se trouve dans ses assemblées locales qui sont enracinées dans la communauté et la culture.

L'Eglise perdure d'ailleurs bien souvent là où les autres structures de la communauté s’effondrent, survivant même là où l’ONG la plus tenace ne peut rester.

Elle a également de vastes réserves de volontaires souvent  très motivés.



On ne peut séparer les besoins physques et spirituels

L’église locale est souvent elle-même composée de pauvres, et ses membres partagent les mêmes souffrances. Elle répond aux besoins physiques des pauvres et leur apporte en même temps un soutien spirituel, qui restaure leur estime de soi, leur dignité et leur espoir.

Il s’agit de reconnaître que les personnes qui vivent dans la pauvreté sont aussi des êtres spirituels, et que foi et développement sont souvent étroitement liés dans les pays en voie de développement.



Mieux travailler ensemble

Tearfund est convaincu que le développement  véritable se produira lorsque tous les acteurs d’une communauté chercheront ensemble des solutions globales à leurs problèmes.

Dans beaucoup de pays, l’Eglise est un de rares groupes crédibles de la société qui soit capable de faire cela.

Cependant l’Eglise n’est pas une ONG comme les autres : ses spécificités peuvent faire une différence importante dans les domaines cruciaux comme :

  • le sida  : en Afrique en particulier, l’influence de l’église aide à réduire la marginalisation attachée à cette maladie.
  • l'eau et les installations sanitaires : l’église locale apporte, souvent la première, des installations sanitaires de base dans des régions non accessibles par l’Etat.
  • le développement durable : sa présence de longue date permet, même aux plus pauvres, de devenir moins vulnérables aux catastrophes naturelles.
  • le plaidoyer : l’Eglise est une des rares organisations qui puisse diffuser des informations prises "à la source", comme au Zimbabwe, par exemple.
  • l'égalité des sexes : l’église locale a des racines profondes dans la culture locale, ce qui la place dans une position unique pour lutter contre la discrimination.

Chez nous et à l’étranger, l’Eglise a certes besoin d’aide pour développer ses capacités et son potentiel, pour recevoir une formation adaptée et parfois faire face à ses faiblesses. C'est pourquoi, des ONG humanitaires chrétiennes comme Tearfund et le S.E.L. , convaincues du potentiel de l’église locale, s’engagent à ses côtés ou aux côtés d'organisations chrétiennes locales créées par l'Eglise, dans le travail pour le développement.

Pendant trop longtemps, l’Eglise a travaillé en parallèle, plutôt qu’en partenariat avec l’Etat et d’autres acteurs laïques, avec peu de financement ou de soutien venant de l’extérieur. Cela doit changer.

L’Eglise est une des rares institutions qui puisse combler le fossé entre les communautés les plus pauvres et les projets de développement plus larges.

Elle est aussi un partenaire essentiel pour assurer que l’aide parvienne aux endroits où la pauvreté frappe le plus dur.



Ca fait débat  !


Il s'agit là d'une synthèse d'un rapport très complet sur cette question : c'est un point de vue !
Selon un autre point de vue, le mandat de l'Eglise n'incluerait pas forcément cette dimension.

Pour vous lecteurs du Top Humanitaire, qu'en est-il ?
Votre point de vue nous intéresse !

 

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Vos commentaires (11)

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Posté le 7 Avril 2010 15:30:50 à 15h30
je pense que de nos jours il est impératif pour toutes les église évangélique de faire du social, a l"époque ou nous vivons nous rencontrons de plus en plus de gents dans la souffrance souffrance spirituel ,morale , matérielle quoi servirait de prêcher l'amour,s'il vivent dans le dénument le plus complets la foi sans les œuvres est nul, de plus cela est nécessaire pour le témoignage
 
Posté le 7 Avril 2010 21:12:21 à 21h12
Ce message est très important. Puisse-t-il être entendu de qui de droit. A mon avis, le rôle numéro un des églises évangéliques est de connaître et cerner les besoins des personnes membres de leur assemblée et de mettre en place une couverture pour les besoins de ceux qui sont le plus souvent dans le dénuement le plus complet. (nourrir physiquement, mentalement et spirituellement, voilà ce que devrait être le vrai rôle de l'église).
 
Posté le 7 Avril 2010 18:06:01 à 18h06
Notre devoir à tous est d'aider notre prochain ! Il n'y a donc pas de question à se poser... Je suis tout à fait d'accord avec les commentaires de Mr chavant Jean-Claude et d'Aguayo. Même si les temps sont très durs à cause de la crise, nous pouvons toujours aider d'une manière ou d'une autre : - temps d' écoute - temps pour aider son prochain - même une petite obole... Les petites rivières font les grands ruisseaux. Que Dieu les soutiennent dans leurs bonne actions.
 
Posté le 7 Avril 2010 11:47:48 à 11h47
L' église doit-elle aussi s'occuper de l'action humanitaire ou sociale  ? Drôle de question !!!! Elle ne se pose même pas puisque nous devons par mission, par devoir chrétien, par amour, soutenir la "veuve & l'orphelin" Très honètemment, je dis que le chrétien qui hésite à s'occuper de celle-celui qui est ds le réel besoin, est INDIGNE du Christ alors qu'il accepte égoïstement pour lui la GRACE, qui par essence même est totalement iméritée, que ce soi-disant chrétien accepte même d'avoir le confort sans partage. Remettons nous en question & engageons-nous ! & alors le monde pourra croîre que nous sommes des disciples.
 
Posté le 25 Août 2010 14:26:16 à 14h26
c'est vrai l'église ne peut se séparer de l action humanitaire et sociale, dans une communauté une équipe peut être chargée de ce secteur. La foi sans les oeuvres n'a pas de sens. Jésus parlait et agissait.
 
Posté le 20 Juin 2010 14:25:51 à 14h25
il ne peut avoir de solutions réelles et durables avec les seuls programmes de gouvernement. Une dimension spirituelle s'impose et c'est l'église de JÉSUS CHRIST
 
Posté le 15 Avril 2010 13:04:29 à 13h04
Tout à fait, foi et développement sont indissociables. Jacques nous dit 'que la foi sans les oeuvres est morte...' A mon avis Jésus a toujours oeuvré avec les deux mains (comme j'aime le dire); la Parole dans une main et le Pain dans l'autre (oui le spirituel et le physique ensemble). C'est cela la force et la puissance de l'évangile, le ministère holistique! A dire vrai, je suis partisane de ce minsitère et mon rève est de voir le Sénégal adhérer fortement à cet idéal. Seulement, il faudrait que l'éthique chrétienne soit mise au premier plan. Sinon, que Dieu vous bénisse ainsi que votre oeuvre pour sa seule gloire!
 
Posté le 29 Mai 2010 13:18:31 à 13h18
Eureka si foi et développement pourquoi depuis 150 années que l'Évangile est entré en Afrique il n'a pas induit dans les communautés une véritable dynamique de transformation sociale? La foi est par essence individuelle et le développement collectif, structurel, social. La conversion des individus n'induit donc pas nécessairement une transformation sociale (développement). C'est l'expérience de nos pays ou la majorité des citoyens sont chrétiens mais la nation elle même est des plus corrompus, endettée et pauvre. Comment expliques tu cela si foi et développement sont indissociable?
 
Posté le 11 Avril 2010 19:40:16 à 19h40
Tout être humain digne de ce nom doit se soucier de son prochain. Il doit l'aimer, le respecter et lui apporter soutien et aide. C'est encore plus vrai pour un croyant et un chrétien. Donc, bien sûr que l'Eglise doit aussi aider matériellement les hommes, car cela répond tout simplement au message de charité qu'elle véhicule. Mais il ne faut pas qu'il y ait de dérive. Une Eglise qui vient en aide à des personnes dans la détresse doit toujours respecter les croyances de ces personnes, même si elles sont différentes.
 
Posté le 7 Avril 2010 23:20:52 à 23h20
Oh! que OUI, je suis "à fond" avec votre combat pour que l'église gouverne l'état des pays mais seulement et uniquement selon les lois et les commandements de Dieu pour que les peuples retrouvent amour, bonheur, dignité et que tous leurs besoins soient comblés comme il se doit normalement, pour être des hommes et des femmes forts et complets afin de servir dans "la richesse" de Dieu. Avec Dieu qui donne avec Amour Son Intelligence, Ses Dons, Sa Lumière pour éclairer Ses Créatures que nous sommes tous, la vie serait plus simple et plus agréable pour tous sur cette terre que Dieu nous a confié! Ce rêve qui parait improbable pour la "petite" intelligence de l'homme est possible à DIEU! Alors "battons- nous" avec foi et espérance en lui dans une chaine de prières pour déplacer "des montagnes" devant nous pour encourager ceux qui combattent sur tous les "terrains" (administratifs et autres) comme pour certains personnages de la Bible que nous connaissons bien qui ont gagnés leur bataille par la Grâce de Dieu.
 
Posté le 28 Mai 2010 22:12:30 à 22h12
Pour réagir a cette article je dirait 1- Il faut lever la nuance. Soit il s'agit de l'Eglise le corps du Christ soit il s'agit de l'eglise locale. A mon avis la communauté locale n'a pas pour priorité l'action sociale, qui est plutot une consequence. Elle doit se contenter de precher l'Evangile et de faire des disciples. Il s'agit ici d'un soucis d'efficacité dans le rapport des ressources et des besoins. Cependant elle doit susciter une dynamique communautaire qui permet qu'en son sein DABORD, un certain nombre de problemes sociaux soient resolus du fait la qualité de la communion fraternelle et le sentiment de responsabilité reciproque des membres. Ce sont ces membres qui pourront dans l'élan de leur engagement social créer des organisations qui répondront aux besoins sociaux de leur société. L'eglise a ce titre n'est donc pas un acteur mais un catalyseur. Ceci est capital sinon elle perdra de vu ses priorités. Le besoin des pays africains ne se pose donc pas en terme d'engagement des églises mais d'émergence d'une société civile chrétienne. 2- On ne saurait réduire l'engagement chretien à l'action sociale ou humanitaire encore moins à la poursuite des ODM.