L’«Association des Eglises de Zambie pour la Santé» fournit presque un tiers des soins médicaux du pays...
L’église Kale Heywet aide 100 000 Ethiopiens à sortir de la pauvreté grâce aux groupes d’entraide...
Au Zimbabwe, dix responsables d’une organisation partenaire de Tearfund, ont facilité la formation de 3 000 bénévoles qui s’occupent de 78 000 orphelins...
Tous ces chiffres parlent d’eux-mêmes : l’Eglise réalise un vrai travail de développement au sein des communautés les plus pauvres du monde.
Mais, est-ce bien là son rôle ?
Quand il n'y a que l'Eglise...
Dans certaines régions du monde, l’Eglise est la seule institution qui puisse répondre aux besoins des gens.
L’église est un partenaire essentiel pour les gouvernements et les donateurs qui prennent au sérieux le fait qu’il faille atteindre les
Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD).
Il est temps qu’ils admettent que la foi et le développement sont étroitement liés dans la plupart des pays en voie de développement. Il est temps de coopérer avec les chrétiens.
Il est temps que l’église occidentale se rende compte de son rôle et de son potentiel pour réduire la pauvreté chez elle et à l’étranger.
Dans quelques-uns des endroits les plus pauvres de notre planète, là où le sida fait des ravages par exemple, l’Eglise apporte un véritable changement et elle est parfois la seule à le faire.
Son influence et sa présence s’étendent jusque dans des zones de guerre, des camps de réfugiés ou des hameaux montagneux lointains, là où d’autres institutions ne peuvent aller.
L’Eglise apporte
une aide indiscutable à la pauvreté matérielle et spirituelle des gens.
Nous avons déjà dépassé largement la moitié du temps imparti pour l'atteinte ou non des Objectifs du Millenaire pour le Développement (OMD), mais au rythme actuel, nous n’arriverons pas à les atteindre, surtout là où la pauvreté fait le plus de mal.
Il est grand temps que les gouvernements et les donateurs coopèrent plus étroitement avec les institutions chrétiennes.
L'Eglise est forte !
Son influence est telle qu’
elle peut soutenir des services de santé, et aussi
mobiliser des centaines de milliers de gens du monde entier pour organiser des actions de plaidoyer sur des questions comme le changement climatique ou l’allégement de la dette, par exemple.
Pourtant une grande partie du travail de l’Eglise dans ce domaine reste caché et sans traces, Son travail est quasiment invisible.
Tearfund travaille avec des églises de toutes dénominations depuis 40 ans.
Le potentiel le plus grand de l’Eglise se trouve dans ses assemblées locales qui sont enracinées dans la communauté et la culture.
L'Eglise perdure d'ailleurs bien souvent là où les autres structures de la communauté s’effondrent, survivant même là où l’ONG la plus tenace ne peut rester.
Elle a également de vastes réserves de volontaires souvent très motivés.
On ne peut séparer les besoins physques et spirituels
L’église locale est souvent elle-même composée de pauvres, et ses membres partagent les mêmes souffrances. Elle répond aux besoins physiques des pauvres et leur
apporte en même temps un soutien spirituel, qui restaure leur estime de soi, leur dignité et leur espoir.
Il s’agit de reconnaître que les personnes qui vivent dans la pauvreté sont aussi des êtres spirituels, et que foi et développement sont souvent étroitement liés dans les pays en voie de développement.
Mieux travailler ensemble
Tearfund est convaincu que le développement véritable se produira lorsque tous les acteurs d’une communauté chercheront ensemble des solutions globales à leurs problèmes.
Dans beaucoup de pays, l’Eglise est
un de rares groupes crédibles de la société qui soit capable de faire cela.
Cependant l’Eglise n’est pas une ONG comme les autres : ses spécificités peuvent faire une différence importante dans les domaines cruciaux comme :
- le sida : en Afrique en particulier, l’influence de l’église aide à réduire la marginalisation attachée à cette maladie.
- l'eau et les installations sanitaires : l’église locale apporte, souvent la première, des installations sanitaires de base dans des régions non accessibles par l’Etat.
- le développement durable : sa présence de longue date permet, même aux plus pauvres, de devenir moins vulnérables aux catastrophes naturelles.
- le plaidoyer : l’Eglise est une des rares organisations qui puisse diffuser des informations prises "à la source", comme au Zimbabwe, par exemple.
- l'égalité des sexes : l’église locale a des racines profondes dans la culture locale, ce qui la place dans une position unique pour lutter contre la discrimination.
Chez nous et à l’étranger,
l’Eglise a certes besoin d’aide pour développer ses capacités et son potentiel, pour recevoir une formation adaptée et parfois faire face à ses faiblesses.
C'est pourquoi, des ONG humanitaires chrétiennes comme Tearfund et le S.E.L. , convaincues du potentiel de l’église locale, s’engagent à ses côtés ou aux côtés d'organisations chrétiennes locales créées par l'Eglise, dans le travail pour le développement.
Pendant trop longtemps, l’Eglise a travaillé en parallèle, plutôt qu’en partenariat avec l’Etat et d’autres acteurs laïques, avec peu de financement ou de soutien venant de l’extérieur. Cela doit changer.
L’Eglise est une des rares institutions qui puisse combler le fossé entre les communautés les plus pauvres et les projets de développement plus larges.
Elle est aussi un partenaire essentiel pour assurer que l’aide parvienne aux endroits où la pauvreté frappe le plus dur.
Ca fait débat !
Il s'agit là d'une synthèse d'un rapport très complet sur cette question : c'est un point de vue !
Selon un autre point de vue, le mandat de l'Eglise n'incluerait pas forcément cette dimension.
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