Trois mois déjà qu’ Haïti faisait, à son grand malheur, la une de tous les journaux. Trois mois que la vie de milliers d’haïtiens a basculé dans un quotidien pire que celui qu’ils connaissaient déjà.
Justement, depuis 3 mois, que s’est-il passé ?
Reprise de l’école
Le mardi 6 avril était la journée officielle de reprise de l’école pour les enfants.
La décision de poser une date a fait l’effet d’un ultimatum. Tous se sont mobilisés pour niveler les terrains, installer des tentes faisant office de salle de classe ou réhabiliter les bâtiments existants, récupérer le matériel scolaire utilisable…
La reprise de l’école pour les enfants est, au-delà de l’instruction, le moyen de les
sortir de leur quotidien sinistre de ces derniers mois.
"Ca fait bizarre. Ca me manquait, les amis me manquaient beaucoup",
dit timidement une jeune écolière.
Urgence du relogement
Si de nombreux logements ont résisté ou sont déjà déclarés « réhabitables », les sans-abris ont du mal à quitter les quelque 900 campements.
Ils y trouvent eau, nourriture, soins...
Mais surtout, retourner dans un logement suppose de vaincre
une peur panique de se retrouver sous un toit, entre des murs...
Pourtant ,
la saison des pluies apporte de sérieuses menaces sanitaires pour des milliers de personnes. Le gouvernement haïtien se voit obligé de procéder à l’évacuation forcée des sites et souhaite accélérer la reconstruction de logements.
Une agriculture en danger
Les petits agriculteurs risquent de manquer les semis du printemps. Leurs réserves sont épuisées car utilisées en urgence, leurs semences quasi-inexistantes et les outils manquent. Or, la récolte des semis de printemps représente 60% de la récolte annuelle.
Sans cette production, c’est le pays tout entier qui va s’écrouler.
Avant le drame, l’agriculture fonctionnait déjà très mal. Les campagnes haïtiennes étaient ruinées par la déforestation, l’érosion et la désertification. Autrefois, largement exportateur de produits agricoles, Haïti devait pourtant importer ses aliments. Le séisme n’a fait qu’aggraver la situation et c’est tout le système de l’agriculture qui devra être revu.
Une organisation fragile
Port au Prince était devenue une vraie fourmilière. Les organisations humanitaires se sont bousculeés, avions et hélicoptères ont sillonné le ciel.
Les engins de chantiers s’agitent toujours bruyamment… Le gouvernement haïtien, lui aussi fragile, a encore du mal à établir une politique de reconstruction qui nécessite notamment la bonne gestion des millions de dollars de dons envoyés par des pays du monde entier.
Le Premier ministre, Jean-Max Bellerive, a récemment présenté un projet d’ensemble pour la reconstruction d'Haïti. Il se fonde sur le PDNA (Post Disaster Needs Assessment), une évaluation précise des besoins conduite sous la direction des Nations unies, de l'Union européenne et de la Banque mondiale.
Au lieu de parler de « reconstruction », certains parlent de « construction » de leur pays sur de nouvelles bases.
Les délais imposés sont serrés mais il faudra pourtant s’y tenir pour s’en sortir.
Malgré la situation dramatique, les haïtiens gardent la foi. Nombreux sont les pasteurs qui déclarent avoir perdu beaucoup de brebis dans le séisme mais qui constatent aussi que de nombreuses brebis perdues rejoignent désormais le troupeau...
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