La crise financière et la crise économique sont préoccupantes. Ces crises menacent également les pays en développement : l'aide internationale va-t-elle se réduire ? Les pauvres seront-ils encore plus pauvres...?
Les ONG s’inquiètent
Alors que crise financière et crise économique s’enlisent, les ONG et les organisations humanitaires s’inquiètent.
Difficile, en cette période de récession, de parler d’aide internationale car dans cette conjoncture peu réjouissante, la politique apposée est plutôt celle du chacun pour soi.
Si les ministères ont promis de verser les sommes prévues jusqu’à fin 2008, l’année 2009 prend déjà une autre tournure. Une importante ONG internationale affirmait il y a quelque temps avoir intercepté un document stipulant la suspension d’un certain nombre de financements de projets de subvention en Afrique. Les domaines touchés par ces restrictions ne sont pas des moindres : aide à la santé, à l’agriculture, à l’éducation…
L’ONU a fait une demande de 7 milliards d’euros pour 2009 afin de porter secours aux quelques 30 millions de personnes réparties dans 31 pays différents. Sachant que la crise financière ne va pas inciter les états membres à donner, le secrétaire général adjoint pour les Affaires humanitaires et l'aide d'urgence de l'ONU, John Holmes, a lancé un appel particulier en mettant en perspective la somme demandée : « Comparez-la avec les montants qui ont été promis par les gouvernements les mois passés pour stabiliser le système bancaire. Nous demandons moins d'un centième de ce montant ».
Baisse des dons individuels
A l’échelle individuelle, crise financière et économique aussi se feraient sentir sur les dons. Même si la dernière action d’aide alimentaire organisée dans les supermarchés a rencontré un succès inespéré et montre que la solidarité est encore présente, la baisse du pouvoir d’achat pèse et pèsera dans les années à venir sur les dons pour l’aide internationale. Une enquête de l’Ifop intitulée « l’impact de la crise financière sur le don » révèle qu’entre juillet et octobre 2008 les dons se sont faits plus rares et la première explication donnée par les interrogés est « la baisse du pouvoir d’achat ».
L’Afrique, un continent en danger
La situation de l’Afrique est des plus inquiétantes car même si elle ne subit pas une conséquence directe de la crise financière, son économie n’étant pas fortement impliquée dans le reste de l’économie mondiale, l’impact se fait ressentir par d’autres biais : investissements plus frileux, contraction des recettes du tourisme, resserrement des crédits, baisse des exportations… La récente crise des prix alimentaires et des combustibles a déjà fait retomber des millions d’individus dans la pauvreté et l’arrivée de la crise financière représente un nouveau défi pour ces pays en développement.
L’inquiétude est d’autant plus justifiée que les pays d’Afrique sont plutôt mis en retrait dans les décisions de l’architecture financière internationale. Mis à part l’Afrique du Sud, aucun état du continent n’était convié au G20 de Washington et le sentiment d’être laissés pour compte est très présent chez les chefs d’état des pays d’Afrique. « La crise actuelle confirme la nécessité de bâtir une nouvelle architecture financière en incluant non seulement les pays émergents mais aussi l’Afrique » estime le président du Mali, Amadou Toumani Touré.
Les crises vécues au Nord ne seront pas sans effet directs et indirects, actuels et à venir, pour des millions d’individus déjà dépourvus de tout.
Prions pour que, de cette situation difficile de part et d’autre de l’hémisphère, renaisse progressivement un équilibre mondial plus juste et solidaire. Un vœu pour 2009 ?
Sources : ONU, les Echos, Banque Mondiale, Planète urgence, associations.2.0
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