Sauver la forêt, sauver une communauté ?
d'après un récit de Andrew L. - Tear Fund  |  1 commentaire  |  Lu 984 fois
       
 
Dieu a appelé une ONG humanitaire chrétienne à s'impliquer auprès d'une communauté locale du Honduras confrontée à des problèmes écologiques causés par d'autres. Quand sauver la vie commence par sauver la forêt...
Ce genre de situation s'est présenté au Honduras, parmi les communautés des Indiens Tawahka qui vivent le long de la rivière Patuca.

En 1987, le personnel de MOPAWI, une agence chrétienne de développement, s’est rendu compte que les forêts entourant cette région étaient abattues par des compagnies de bois de charpente, des propriétaires de ranchs et des agriculteurs qui descendaient la rivière pour chercher des nouvelles régions à exploiter.

Si rien n’était fait, les Tawahkas allaient bientôt perdre les ressources naturelles, dont leur économie de subsistance respectueuse de l’environnement dépendait depuis des siècles !


Reconnaître le problème


Jusque-là, les Tawahkas n’avaient pas même imaginé que leurs forêts puissent être menacées. Ainsi disait l'un de leurs chefs :

«Depuis mon enfance ces forêts n’ont jamais changé. Comment pourrais-je imaginer qu’il puisse en être autrement ?»

La première chose à faire a donc été de les aider à prendre pleinement conscience de la situation, emmenant les chefs voir, dans d’autres parties du pays, d’autres groupes d’indigènes qui avaient déjà vu leurs forêts détruites.

Lors de ces discussions, les chefs Tawahkas ont commencé à comprendre ce que signifierait pour eux la perte de leurs forêts :
  • plus de matériaux nécessaires à la construction des maisons ou des canoës,
  • plus d’espace pour chasser les animaux, récolter les plantes médicinales ou les fruits sauvages,
  • plus d’eau propre potable
  • des terres qui souffriraient de l’érosion,
  • des rivières qui s’envaseraient, le poisson qui disparaîtrait.

Des rencontres avec les propriétaires de ranchs et les agriculteurs ont permis d'accélérer ce processus de prise de conscience. Parmi ces derniers, beaucoup d’entre eux n’arrivaient pas à trouver de terres ailleurs et n’avaient pas le choix : ils devaient couper la forêt. D’autres étaient seulement motivés par le gain : couper et vendre les arbres, élever le bétail leur permettait un bénéfice rapide…


Donner l’alarme

L’expérience entière a été enregistrée sur vidéo et montrée plus tard à d’autres membres de la communauté. Forts de ce matériel, les chefs ont pu convaincre le reste de leur communauté du besoin d’agir pour protéger leurs forêts des nouveaux venus.

Une fois cette décision prise par le peuple, MOPAWI l’a aidé à rencontrer le gouvernement. Ceci lui a permis de découvrir clairement sa position légale concernant ses droits sur les forêts.

Un bon dialogue avec les autorités était important afin que le gouvernement ait une idée claire de ce que faisaient les Tawahkas. Cela réduisait aussi toute possibilité de malentendu futur sur ce qui aurait pu autrement être considéré comme une sorte de rébellion politique.


L’élaboration de cartes

Les Indiens, avec l’aide technique de l'ONG, ont travaillé ensuite à documenter leur situation, en fournissant à un géographe professionnel, pour qu'il les consigne sur des cartes, des renseignements sur l’utilisation de leurs forêts. Une autre carte faite par le géographe montrait la localisation et l’étendue du déboisement.

Ces informations ont aidé les Indiens à comprendre encore mieux et à expliquer clairement leur situation au gouvernement, ajoutant un argument écologique à leur cas, et rendant difficile l’usage d’informations trompeuses à ceux qui s’intéressaient par intérêt politique ou économique à voler les terres des Indiens.

Ce sont ces cartes qui ont plus tard servi de base au gouvernement pour tracer les plans d’une réserve qui, si elle devient légale, protègera les forêts des Tawahkas.

Enfin, cartes et vidéo ont été utilisées par la presse, faisant connaître plus largement la situation des Tawahkas, et suscitant l’intérêt et le soutien public - lesquels ont, à leur tour, poussé le gouvernement à étudier leurs revendications.


Prière et patience ...


Certes, la relation entre les Tawahkas et MOPAWI dans le soutien de leur cause a connu des phases difficiles : quelquefois les Indiens étaient profondément divisés entre eux à cause de malentendus au sein de leur communauté. Des problèmes financiers, une mauvaise gestion de fonds appartenant au projet, ont parfois fait perdre au peuple la confiance qu’il avait en ses chefs. D'autre part, des personnes venues d’ailleurs accusaient quelquefois MOPAWI d’avoir des intérêts économiques ou des motivations politiques dans l’affaire.

Cependant, ces problèmes ont été surmontés grâce à la prière et à la patience. L’important est que les Tawahkas aient réussi à présenter leurs problèmes devant le gouvernement, en évitant toute confrontation directe avec les propriétaires de ranchs, les agriculteurs et les marchands de bois.

La Bible nous dit que "les perfections invisibles de Dieu, sa puissance éternelle et sa divinité, se voient comme à l'oeil, depuis la création du monde, quand on les considère dans ses ouvrages." (Romains, 1:20)  Respecter la vie que Dieu nous a donnée, c'est aussi respecter Sa création.



 

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Vos commentaires (1)

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Posté le 4 Juin 2010 à 15h09
Gros problème que la déforestation .... Une solution existe pour aider les familles à se passer partiellement de bois : le cuiseur solaire !!! Mais oui ! il faillait y penser ! Les amis du SEL, je vous donne une piste : une association française basée à Nantes : 'Bolivia Inti' qui fait un excellent travail. (moteur de recherche, taper bolivia inti & vous trouverez). Pour un prix modique de 30-40 Euros, une famille peut être équipée. Dans les cases , plus de fumée irritantes, plus d'accidents liés au feu, gain de temps immense car pas besoin de chercher du bois. Actuellement je teste ce four chez moi en Alsace & ... s'il ne fait pas un temps de cochon, je met le cochon ds le cuiseur ;-).... et ça fonctionne mes gens !!! que du bonheur ................ Pour plus d'infos, envoyer un message perso, sinon, Pascal V, ou Daniel H du SEL. saura deviner qui je suis ... Koukou c'est moiiii !............mon message est des plus sérieux. Bye bye !