Dieu a appelé une ONG humanitaire chrétienne à s'impliquer auprès d'une communauté locale du Honduras confrontée à des problèmes écologiques causés par d'autres. Quand sauver la vie commence par sauver la forêt...
Ce genre de situation s'est présenté au Honduras, parmi les communautés des
Indiens Tawahka qui vivent le long de la rivière Patuca.
En 1987, le personnel de MOPAWI, une agence chrétienne de développement, s’est rendu compte que les forêts entourant cette région étaient abattues par des compagnies de bois de charpente, des propriétaires de ranchs et des agriculteurs qui descendaient la rivière pour chercher des nouvelles régions à exploiter.
Si rien n’était fait, les Tawahkas allaient bientôt perdre les ressources naturelles,
dont leur économie de subsistance respectueuse de l’environnement dépendait depuis des siècles !
Reconnaître le problème
Jusque-là, les Tawahkas n’avaient pas même imaginé que leurs forêts puissent être menacées. Ainsi disait l'un de leurs chefs :
«Depuis mon enfance ces forêts n’ont jamais changé. Comment pourrais-je imaginer qu’il puisse en être autrement ?»
La première chose à faire a donc été de
les aider à prendre pleinement conscience de la situation, emmenant les chefs voir, dans d’autres parties du pays, d’autres groupes d’indigènes qui avaient déjà vu leurs forêts détruites.
Lors de ces discussions, les chefs Tawahkas ont commencé à comprendre ce que signifierait pour eux la perte de leurs forêts :
- plus de matériaux nécessaires à la construction des maisons ou des canoës,
- plus d’espace pour chasser les animaux, récolter les plantes médicinales ou les fruits sauvages,
- plus d’eau propre potable
- des terres qui souffriraient de l’érosion,
- des rivières qui s’envaseraient, le poisson qui disparaîtrait.
Des rencontres avec les propriétaires de ranchs et les agriculteurs ont permis d'accélérer ce processus de prise de conscience. Parmi ces derniers,
beaucoup d’entre eux n’arrivaient pas à trouver de terres ailleurs et
n’avaient pas le choix : ils devaient couper la forêt.
D’autres étaient seulement
motivés par le gain : couper et vendre les arbres, élever le bétail leur permettait un bénéfice rapide…
Donner l’alarme
L’expérience entière a été enregistrée sur vidéo et montrée plus tard à d’autres membres de la communauté. Forts de ce matériel, les chefs ont pu
convaincre le reste de leur communauté du besoin d’agir pour protéger leurs forêts des nouveaux venus.
Une fois cette décision prise par le peuple, MOPAWI l’a aidé à
rencontrer le gouvernement. Ceci lui a permis de
découvrir clairement sa position légale concernant ses droits sur les forêts.
Un bon
dialogue avec les autorités était important afin que le gouvernement ait une idée claire de ce que faisaient les Tawahkas. Cela réduisait aussi toute possibilité de malentendu futur sur ce qui aurait pu autrement être considéré comme une sorte de rébellion politique.
L’élaboration de cartes
Les Indiens, avec l’aide technique de l'ONG, ont travaillé ensuite à
documenter leur situation, en fournissant à un géographe professionnel, pour qu'il les consigne sur des cartes, des renseignements sur l’utilisation de leurs forêts. Une autre carte faite par le géographe montrait la localisation et l’étendue du déboisement.
Ces informations ont aidé les Indiens à comprendre encore mieux et à
expliquer clairement leur situation au gouvernement, ajoutant un argument écologique à leur cas, et rendant difficile l’usage d’informations trompeuses à ceux qui s’intéressaient par intérêt politique ou économique à voler les terres des Indiens.
Ce sont ces cartes qui ont plus tard servi de base au gouvernement pour tracer les plans d’une
réserve qui, si elle devient légale, protègera les forêts des Tawahkas.
Enfin, cartes et vidéo ont été utilisées par la presse, faisant connaître plus largement la situation des Tawahkas, et suscitant l’intérêt et le soutien public - lesquels ont, à leur tour, poussé le gouvernement à étudier leurs revendications.
Prière et patience ...
Certes, la relation entre les Tawahkas et MOPAWI dans le soutien de leur cause a connu des
phases difficiles : quelquefois les Indiens étaient profondément
divisés entre eux à cause de malentendus au sein de leur communauté. Des
problèmes financiers, une mauvaise gestion de fonds appartenant au projet, ont parfois fait perdre au peuple la confiance qu’il avait en ses chefs. D'autre part, des personnes venues d’ailleurs
accusaient quelquefois MOPAWI d’avoir des intérêts économiques ou des motivations politiques dans l’affaire.
Cependant,
ces problèmes ont été surmontés grâce à la prière et à la patience. L’important est que les Tawahkas aient réussi à présenter leurs problèmes devant le gouvernement, en évitant toute confrontation directe avec les propriétaires de ranchs, les agriculteurs et les marchands de bois.
La Bible nous dit que "les perfections invisibles de Dieu, sa puissance éternelle et sa divinité, se voient comme à l'oeil, depuis la création du monde, quand on les considère dans ses ouvrages." (Romains, 1:20) Respecter la vie que Dieu nous a donnée, c'est aussi respecter Sa création.
Poster un commentaire
Top Chrétien vous propose de vous identifier avec votre compte Facebook pour, par exemple, poster un commentaire.
Un simple clic sur le bouton Connect et le tour est joué...
En savoir plus ?
Vos commentaires (1)