Les criquets, chenilles et autres larves riches en protéines et en minéraux, pourraient constituer une source de nourriture précieuse en période de sécheresse et dans d’autres situations d’urgence.
Cette idée est de plus en plus évoquée chez les chercheurs en alimentation et agriculture (FAO).
D’ailleurs, on en mange déjà beaucoup, presque partout dans le monde.
Certes les insectes sont nombreux, mais pourront-ils devenir la manne tant espérée ?
Pas si simple…
Une source de protéines déjà bien connue
Selon la FAO,
1.400 espèces d’insectes et de vers sont consommées par l’homme dans près de 90 pays en Afrique, Amérique latine et Asie. On mange des criquets et vers à soie en Thaïlande, des larves et des sauterelles en Afrique ou encore des fourmis en Amérique du Sud.
La consommation de
100 g de termites couvrirait 21,5 % des besoins journaliers ; 1 kg de maïs nous fournit 320 et 340 kcal, par comparaison, 100 g de termites apportent 613 kcal.
Il faut 10 kg de nourriture végétale pour produire 1 kg de boeuf, contre 1 ou 2 pour le même poids d'insectes.
Il y a
de plus en plus de restaurants servant ces petites bestioles, a priori peu ragoûtantes, dans leurs pays respectifs.
"Dans certains endroits, les insectes peuvent très bien être considérés comme faisant partie de la solution contre la faim",
explique Patrick Durst, expert forestier principal à la FAO.
Les aides humanitaires occidentales doivent y penser
Le professeur néerlandais Arnold van Huis, entomologiste surnommé "M. insecte comestible" aux Pays-Bas, met sur le compte de préjugés occidentaux le fait que les agences humanitaires n’intègrent pas les insectes dans leur aide alimentaire.
« Les Occidentaux doivent vraiment changer. J’exhorte d’autres organisations humanitaires à adopter une attitude différente à l’égard de cette excellente nourriture qui peut être durable, moyennant certaines précautions".
Les organisations humanitaires pourraient faire d’une pierre deux coups en trouvant un moyen de récolter les nuages de criquets et de sauterelles qui ravagent les récoltes. Si la technologie est disponible, ces insectes pourraient être réduits en une pâte et utilisés comme complément alimentaire. »
Mais ce n'est pas si simple
Reste qu’il y a des interrogations sur l’innocuité de tels mets et les dangers potentiels liés à leur collecte, note Patrick Durst.
- Ils doivent provenir d'un environnement parfaitement naturel et sain : pas d’insectes pollués ramassés en ville.
- Et tous ne sont pas comestibles…
Tina Van Den Briel, nutritionniste du Programme alimentaire mondial (PAM), organisation de l’ONU qui fournit une aide alimentaire dans des situations d’urgence,
doute pour sa part que les insectes puissent être une source de nourriture fiable pour de grandes populations vulnérables.
"Ils peuvent constituer un très bon complément alimentaire, mais ils ne conviennent pas à des programmes comme les nôtres où il faut transporter des vivres sur de longues distances et les stocker pendant plusieurs mois.
Il pourrait être plus judicieux d’utiliser les insectes en les ajoutant à l’alimentation des animaux ou en les réduisant en farine afin de produire des gâteaux ».
De plus,
la plupart de ces petits animaux sont saisonniers et ont une durée de conservation limitée.
Les recherches en cours portent surtout sur :
• La diffusion des noms des espèces comestibles et leur apport nutritionnel,
• Le rôle de ces espèces dans la biodiversité,
• Le moyen de les conserver.
Les insectes, nouvelle manne venue du ciel ?
Que Dieu nous éclaire !
(Sources : Newsoftomorrow – Comby – Ambafrance – CERGET)
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