Bientôt 6 mois après le séisme... Que ce poème nous aide à ne pas oublier Haïti...
Ô Haïti
J’ai appris et j’ai subi ce séisme qui a tout détruit, les maisons et les vies.
Ça se passe dans un lointain pays, sur une île où le soleil illumine les bidonvilles.
Petite perle des Antilles, jadis l’Atlantique entourait ton or et tes cannes à sucre.
Maintenant, Haïti, c'est toi qui veux des cannes car tu boites, pire tu t'es déboitée.
Ce n'est pas ta faute, Haïti, la terre n’est pas un oiseau qui s’apprivoise ; quand elle rugit, les hommes se font tout petits.
Ô Haïti, pays meurtri, de loin j’entends tes sanglots et tes cris.
Mais aujourd’hui, tout n’est pas fini, le pays se reconstruit.
Une question me taraude : fallait- il que la terre tremble pour que le monde braque ses caméras sur ta cité, organisant un téléthon mondialisé ?
Non, toi tu sais : tel un funambule, tu slalomais déjà entre les cyclones, le chômage, les orphelins, l’illettrisme, la faim, … impression de souffrances sans fin.
A travers les nuages de fumées, ta devise « l’union fait la force » s’est animée. Des hommes se sont levés, des hommes ont pu s’entraider, s’entrelacer, pleurer…
Ô Haïti, pays meurtri, de loin j’entends tes sanglots et tes cris.
Mais aujourd’hui, tout n’est pas fini, le pays reconstruit.
Ô îlot d’amour, souviens toi… Tu es né dans la douleur, le sang, mais tu as vaincu…
Un homme, un jour, Toussaint, a trouvé l’ouverture face au Jordan des armées Napoléon, empereur désabusé.
Eh oui, tu t'es forgé un nom à la force de ton poignet : en 1804 Haïti est née… La terre des hautes montagnes s’est illuminée, ses esclaves libérés ouvrant l’autoroute de l’espoir aux nations noires enchaînées.
Haïti, telle une 2CV, cabossée, fatiguée, accidentée, tu continues ta route… sans t’arrêter…
Ô Haïti, pays meurtri, de loin j’entends tes sanglots et tes cris.
Mais aujourd’hui, tout n’est pas fini, le pays reconstruit.
Hé, Port au Prince, un nouveau palais va s’iriser, une nouvelle vie va commencer, port aux braves, port aux héros, port au courage… port aux prince..sses
Les médias vont te laisser, traiter d’autres sujets d’actualité, nous, on va jouer les prolongations, t’assister jusqu'à ta complète résurrection.
Hé, Haïti, ne t’inquiète pas Dieu et les hommes ne t’ont pas oubliée.
Daniel Pernoud
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